Élections : le vote blanc n'est plus transparent

Élections : le vote blanc n'est plus transparent

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POLITIQUE - Les électeurs pourront désormais voter blanc, le Parlement ayant définitivement adopté une proposition de loi centriste en ce sens. Les sénateurs ont ainsi fait un pas en faveur d'une mesure que de nombreux électeurs réclament depuis des années. Mais un pas seulement. Explications.

Le Parlement donne son feu vert au vote blanc. Le Sénat a en effet voté mercredi une proposition de loi centriste adoptée par l'Assemblée nationale en novembre, laquelle prévoit que les bulletins blancs seront désormais comptés séparément des bulletins nuls. Une reconnaissance à prendre néanmoins avec des pincettes, tant la question de ce serpent de mer de la vie politique française – 30 textes ont été déposés depuis 20 ans – n'est que partiellement réglée. Explications.

Qu'est ce qui va changer ?
Chaque électeur pourra voter "blanc", soit en introduisant dans l'enveloppe un bulletin blanc, soit en laissant cette dernière vide. Une mini-révolution dans l'isoloir : jusqu'à présent, les deux bulletins étaient mélangés lors du dépouillement, puis comptabilisés ensemble. Ils seront dorénavant comptés séparément. La mesure entrera en vigueur le 1er avril prochain, soit juste après les municipales mais juste avant les européennes.

Une reconnaissance partielle ?
Les bulletins blancs ne seront toujours pas comptabilisés dans les suffrages exprimés, ce qui leur enlève une grande portée comme nous l'explique Bruno Jeanbart. Selon le directeur des études politiques d'Opinion Way, "le Parlement n'a fait que la moitié du chemin, car on ne va pas prendre en compte ce vote au même titre que celui pour un candidat". En outre, ce vote ne sera reconnu ni aux élections présidentielles, ni aux référendums locaux, deux scrutins nécessitant pour cela une loi organique.

Est-ce une avancée démocratique ?
"Le vote blanc n'est pas un vote nul", martèlent ses défenseurs depuis plusieurs années. Et ils sont nombreux : lors du second tour de la présidentielle en 1995, aucun des deux candidats n'aurait eu la majorité absolue si les bulletins blancs avaient été comptabilisés.

Faut-il s'attendre à une baisse du vote extrême ?
"Mieux vaut voter blanc que bleu marine", a réagi mercredi la sénatrice écolo Hélène Lipietz, convaincue que cette nouvelle légitimité séduira de nombreux électeurs, qui, jusqu'à présent, choisissaient un bulletin FN pour exprimer leur ras-le-bol. Pas sûr, tempère le directeur d'Opinion Way : "On ne vote pas pour les extrêmes par hasard. Si cela doit avoir un effet, ce sera plutôt sur la participation, en encourageant à voter blanc des électeurs qui aujourd'hui s'abstiennent."

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