Paris, Lyon, Marseille : comment fonctionne le scrutin par arrondissement aux municipales ?

Paris, Lyon, Marseille : comment fonctionne le scrutin par arrondissement aux municipales ?
Politique

MODE D'EMPLOI - Trois grandes métropoles font exception dans le scrutin des élections municipales en France : Paris, Lyon et Marseille. Dans ces villes, la conquête des arrondissements précède la victoire à l'élection. Explications.

Les trois plus grandes villes de France ne votent pas comme les autres. Alors que, dans les près de 5000 communes où se déroule, ce dimanche 28 juin, le second tour des élections municipales, le maire est élu à la majorité des suffrages exprimés, les règles sont un peu différentes pour Paris, Lyon et Marseille. 

Ces trois villes ont pour point commun d'être découpées en secteurs, pour des raisons historiques liées notamment à leur extension progressive sur des localités limitrophes. Marseille compte ainsi 16 arrondissements regroupés en huit secteurs, Lyon 9 arrondissements, et Paris 20 arrondissements regroupés en 17 secteurs - la réforme de 2017-2018 a entraîné le regroupement 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements sous la dénomination "Paris Centre". 

Un scrutin par arrondissement

Ainsi, si des candidats incarnent des listes sur l'ensemble du territoire de ces villes, les électeurs seront appelés à se déterminer sur des listes et des candidats par arrondissement. Une singularité matérialisée par l'article L271 du Code électoral. De cette façon, les électeurs désignent simultanément des conseillers d'arrondissements et des conseillers municipaux ("conseillers de Paris" dans la capitale), dont le mandat concerne l'ensemble du territoire de la ville. Les premiers élus de chaque liste d'arrondissement iront siéger au conseil municipal (ou Conseil de Paris pour la capitale). 

À Paris, les secteurs sont découpés de cette façon : Paris Centre, 5e, 6e, 7e, 8e, 9e, 10e, 11e, 12e, 13e, 14e, 15e, 16e, 17e, 18e, 19e et 20e arrondissements.

À Marseille, les secteurs sont regroupés ainsi : Ier (arrondissements 1 et 7), IIe (arrondissements 2 et 3), IIIe (arrondissements 4 et 5), IVe (arrondissements 6 et 8), Ve (arrondissements 9 et 10), VIe (arrondissements 11 et 12), VIIe (arrondissements 13 et 14), VIIIe (arrondissements 15 et 16). 

À Lyon, les électeurs voteront dans chacun des 9 arrondissements. Spécificité lyonnaise : ils seront appelés à élire simultanément les conseillers métropolitains au suffrage universel, avec des listes spécifiques présentées dans 14 circonscriptions. 

Comment est élu le maire ?

Comme pour les autres villes, seules les listes ayant obtenu au moins 10% des suffrages au premier tour ont pu se maintenir au second. Dans chaque arrondissement, la liste ayant réuni une majorité absolue au premier tour, soit plus de la moitié des suffrages exprimés, ou qui arrive en tête au second tour, obtiendra d'office la moitié des sièges de conseillers d'arrondissements et de conseillers municipaux. Les sièges restants seront répartis à la proportionnelle entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5% des suffrages. Celles-ci peuvent également choisir de fusionner entre elles. 

Le facteur démographique joue un rôle important dans l'élection du maire. Tous les arrondissements ne pèsent pas de la même façon. À Paris, par exemple, le 15e arrondissement, le plus peuplé de la capitale, envoie 18 élus au Conseil de Paris, quand le 6e arrondissement n'en envoie que 3. 

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Dans chacune des trois villes, le ou la maire ne sera pas élu le 28 juin au soir. On parle souvent, à ce titre, d'un "troisième tour". Les 101 nouveaux conseillers municipaux de Marseille, les 163 nouveaux conseillers de Paris et les 73 conseillers municipaux lyonnais se réunissent dans la semaine qui suit l'élection pour désigner le maire de la ville. Pour ce faire, la majorité absolue (plus de la moitié des voix) doit être obtenue lors d'un premier tour, ou si nécessaire lors d'un second tour. Si ce n'est pas le cas, un troisième tour permettra de le désigner, cette fois à la majorité relative. On mesure ainsi l'importance des alliances qui peuvent se nouer entre les formations politiques si aucune majorité nette ne se dégage à chacune de ces étapes.

À noter que les maires d'arrondissements seront élus, quant à eux, une semaine après le maire de la ville. Autre point à savoir : les conseillers métropolitains de la Métropole du Grand Paris seront également déterminés par ces élections municipales. 

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