Anne Hidalgo sur LCI : "Paris ne peut pas être simplement la ville de ceux qui vont bien"

Politique

PARIS - La maire de Paris était l'invitée de David Pujadas ce mardi 24 septembre 2019 sur LCI. Logements sociaux, travaux à répétition dans les rues, propreté de la ville et problèmes d'immigration, Anne Hidalgo a fait le tour des sujets qui font débat à l'approche des municipales 2020. L'occasion de défendre son bilan.

"Paris attire les gagnants de la mondialisation et tant mieux ! Je veux qu'on attire ces catégories créatives, ces gens qui vont bien, qui sont très impliqués dans l'éco-système des start-ups, d'économie numérique. Mais Paris ne peut pas être seulement cette ville de ceux qui vont bien", a expliqué Anne Hidalgo sur le plateau de 24H Pujadas ce mardi 24 septembre. "Pour fonctionner, Paris a besoin des classes moyennes et des catégories populaires". 

La maire de Paris, à six mois des municipales, refuse que la capitale ne devienne "une ville de l'entre-soi". Axant son disocurs sur l'importance de la mixité des populations, elle est revenue sur plusieurs sujets qui préoccupent les Parisiens. Une façon, aussi, de défendre son bilan et sa gestion municipale. Logement, travaux, propreté ou encore immigration... LCI revient sur ses principales déclarations.

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Guerre confirmée contre Airbnb

"Ce que je peux faire, c'est agir sur le logement et le logement social." Alors que la maire de Paris affirme que "70% de la population parisienne est éligible au logement social", trop peu de Parisiens trouvent réellement de quoi se loger dans le parc immobilier. "550 000 Parisiens peuvent rester à Paris parce qu’ils sont dans le parc social, mais ce n’est pas suffisant", a cependant fait valoir Anne Hidalgo.

Pour réguler le marché de l'immobilier, l'édile oeuvre sur deux autres sujets : l'encadrement des loyers - qu'elle a réussi à rétablir dans la capitale - et la problématique Airbnb. "Cela retire des logements de la location, fait monter les prix et concurrence les hôteliers", a-t-elle souligné, affirmant que la plateforme "a absorbé 26.000 logements dans le centre de Paris". Quant à une éventuelle interdiction de la plateforme, la maire de Paris s'est dit prête à aller au bout de la démarche. Elle compte particulièrement sur un amendement, qui permettrait aux maires de moduler le nombre maximal de nuitées - actuellement 120 - afin de choisir ce qui est le plus adapté "entre 30 nuits et 120 nuits par an, voire aucune dans le centre de Paris".

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Les nombreux travaux "nécessaires" pour la Ville

"Bien sur que lorsqu'il y a des travaux, on a envie que ça se termine, moi aussi cela m’exaspère et je passe mon temps à les faire accélérer quand c'est possible", a d'abord concédé Anne Hidalgo, avant de détailler pourquoi ces travaux étaient néanmoins nécessaires. "Nous sommes une ville ancienne [...] Une ville qui ne fait pas de travaux se détériore", a-t-elle avancé, faisant une comparaison avec Rome, souvent décrite comme tombant en ruine. "Seuls 7% des travaux de voirie font partie des projets que j’ai voulu mener, comme les pistes cyclables" a-t-elle également assuré, ajoutant que ces travaux d'aménagements ou d'embellissements devraient s'achever à la fin de l'année.

"Tout le reste, ce sont des travaux d'entretiens sur les réseaux gaz, eau et électricité", qui demandent de grandes creusées, puisque tout est enfoui à Paris. "Vous imaginez qu’en tant que maire, je demande qu'on arrête les travaux de sécurité, pour je ne sais quel confort ?"

Anne Hidalgo a ensuite rappelé que Paris "est confrontée à des chocs terribles", principalement induits par le réchauffement climatique, et qu'il était nécessaire de "l’adapter pour quelle soit vivable demain". Pour cela, plusieurs objectifs, dont l'un des principaux de son mandat, qui lui vaut de nombreuses critiques : passer de la voiture à d’autres modes de déplacement moins polluants, comme le vélo. Autre solution : réaliser des réseaux de climatisation grâce à la fraîcheur de l'eau de la Seine, "plutôt que d'avoir des appareils sur les immeubles qui sont polluants et produisent des gaz à effets de serre".

"Des moyens extrêmement conséquents dans la propreté"

Confrontée à l'article du Guardian affirmant que Paris est de plus en plus sale, Anne Hidalgo a tenu à relativiser. "Ce que dit l'article, c'est que malgré les efforts de la Ville et les moyens mis en place, la ville est salie, car il y a une minorité de personnes qui ne respectent pas le travail qui est fait". Parmi ces personnes, des habitants, "mais aussi beaucoup de visiteurs", selon la maire. 

"J'ai mis des moyens extrêmement conséquents dans la propreté, j'ai mis 600 millions d'euros", a-t-elle rappelé. "Je ne vais pas dire que le Parisien est sale, mais il faut que tout le monde se prenne en charge". Le moyen d'aller plus loin, pour elle, est donc naturellement de "s'associer aux citoyens" à travers l'application "Dans ma rue" permettant de recenser les incivilités nuisant à la propreté des voiries.

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"Une situation inacceptable" concernant les migrants

"Il y a des résultats, ce que vous montrez là, ce sont des campements de migrants et réfugiés, qui malheureusement on aussi un impact sur ce qu’on voit sur l’espace public", a réagit l'élue en voyant les photographies de rues parisiennes encombrées de déchets qui défilent en arrière plan de l'émission. Dérivant sur le sujet, Anne Hidalgo a affirmé que les migrants à la rue "sont pour beaucoup statutaires" et qu'environ "15 à 20% de migrants dans les camps ont obtenu leurs papiers de réfugiés, mais ne trouvent pas de logement".

 "La situation est inacceptable, il y a 260.000 personnes à Porte de la Chapelle", a encore ajouté la maire, qui dit s'y rendre chaque semaine. Craignant l'arrivée de l'hiver, Anne Hidalgo a répété qu'il fallait "que l'Etat fasse ce qu'il est censé faire et que ces personnes soient hébergées".

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