Municipales : Jacob demande au gouvernement "d'appliquer la loi qu'ils nous ont demandé de voter"

Municipales : Jacob demande au gouvernement "d'appliquer la loi qu'ils nous ont demandé de voter"
Politique

REACTION - Invité politique mercredi 20 mai, Christian Jacob, président Les Républicains, est revenu sur la perspective du second tour des municipales et se dit favorable à sa tenue "le plus rapidement possible".

La date du second tour des municipales demeure inconnue. Le rapport du Conseil scientifique sur l’organisation du second tour des élections rendu mardi 19 juin ayant refusé d'endosser la responsabilité d'un nouveau report, sans toutefois s'y opposer, c'est pour l'instant fin juin que les 4892 communes concernées pourraient espérer voir arriver leurs nouvelles équipes dirigeantes. "Il est difficile d’anticiper une situation incertaine pour les semaines à venir", écrivent les scientifiques qui rappellent "les risques sanitaires importants liés à la campagne électorale". En somme, l'organisation du second tour à cette date n'est pas sans danger, loin s'en faut.

A l'heure où la question de sa tenue divise, le président du parti Les Républicains a plaidé pour organiser le second tour de l’élection au mois de juin "si les conditions sanitaires le permettent" : "Quand les choses semblent compliquées, il faut revenir aux bases simples, soit la loi du 23 mars" explique-t-il sur LCI. "Cette loi dit que lorsque les communes ont besoin d'un deuxième tour, ce deuxième tour devra se tenir au plus tard au mois de juin et que la date doit être fixée au Conseil des ministres au plus tard le 27 mai, il faut rester sur cette base". Selon lui, la polémique actuelle "est née du fait que le Président et le Premier ministre ne veulent pas assumer la décision qui est dans la loi qu'eux-mêmes ont fait voter", suggérant "des tensions entre eux". Et rappelle qu'il faut se cantonner aux règles de la loi pour que les choses soient plus simples. "C'est sa décision [au Premier ministre], qu'il la prenne : ça ne relève pas d'une décision du Parlement. Je vais lui dire ce mercredi soir cette position".

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Un "intérêt économique évident"

L’état d’urgence sanitaire qui était prévu jusqu’au 24 mai 2020, a été prolongé par la loi jusqu’au 10 juillet inclus. Ainsi, compte tenu des conditions sanitaires, qu'aurait fait Christian Jacob, actuel président Les Républicains, s'il avait été au pouvoir ? "À partir du moment où les conditions sanitaires le permettent, il faut aller le plus rapidement possible, parce qu'il y a un enjeu économique énorme (...) C'est la raison pour laquelle je suis favorable à ce que les élections se tiennent le plus rapidement possible". Il demande au gouvernement "d'appliquer la loi qu'ils nous ont demandé de voter". D'autant que, oppose-t-il au gouvernement, "jamais l'avis n'a été demandé aux différents partis à l'occasion de la réunion du jeudi". 

On se souvient effectivement que l'opposition était montée au créneau le jeudi 12 mars 2020 contre toute idée de report des élections municipales de dimanche, dénonçant par avance un "coup de force anticonstitutionnel" : "Si c’était le cas, c’est un coup d’État, c’est un coup de force institutionnel, c’est l’utilisation de la crise sanitaire pour éviter une débâcle électorale", avait alors affirmé à l'AFP le président des Républicains, qui avait depuis fait valoir le fait qu'il n'était, comme ses collègues présidents de partis, pas au courant de la gravité de la situation sanitaire. Sur le terme "coup d'État" employé, Christian Jacob concède néanmoins ce mercredi que "le mot était peut-être fort".

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Chez les Républicains, cette question sur le second tour des municipales ne semble pas faire l'unanimité. Aurélien Pradié, le numéro 3 du parti, dimanche sur France 3, avait demandé de "refaire l'ensemble des élections, premier et deuxième tours, au mois de septembre" car "on ne joue plus avec la crise sanitaire, même pour des raisons électorales", avait-il expliqué. Quant à François Baroin, le patron de l'association des maires de France, il était lui aussi plutôt favorable à la "deuxième quinzaine" de septembre.

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