Elections municipales : dans quelles villes EELV a-t-elle ses chances les 15 et 22 mars ?

Elections municipales : dans quelles villes EELV a-t-elle ses chances les 15 et 22 mars ?

ÉLECTIONS - "Tout le monde a peur du vote écologiste", assurait, début février, sur LCI, l'eurodéputé Yannick Jadot à l'adresse des formations concurrentes. Dans la dynamique des élections européennes, le vote écolo a le vent en poupe à quelques semaines des municipales. Mais jusqu'où ira-t-il ?

Les écologistes constituent-ils la nouvelle force structurante à gauche ? C'est ce que semble croire l'eurodéputé Yannick Jadot. "Il y a deux ans et demi, le paysage politique se recomposait autour d'Emmanuel Macron", avait-il analysé sur LCI, le 3 février. "Dans ces municipales, le paysage politique se recompose autour de l'écologie, et un peu autour de nous."

L'ancien chef de file EELV aux élections européennes a appelé les électeurs à se tourner vers son mouvement, qui, assure-t-il, "ne tremblera pas" lorsqu'il sera question de prendre des mesures allant à l'encontre "des lobbies". "Pourquoi tout le monde est écolo aujourd'hui ? Parce que tout le monde a peur du vote écologiste", a-t-il souligné. 

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S'il est difficile de mesurer, sur l'ensemble du territoire français, le poids réel du vote écologiste, plusieurs sondages réalisés dans des villes grandes ou moyennes ces dernières semaines laissent entrevoir une réelle dynamique en leur faveur, sur fond d'affaissement de La France insoumise et du PS. Et pourquoi pas, la conquête de certaines communes, alors qu'une vingtaine de villes, dont Grenoble, sont déjà administrées par des maires écologistes depuis les précédentes élections. 

Bordeaux, Lyon, Strasbourg : ces grandes villes où tout semble possible

Et si les écologistes parvenaient, en 2020, à conquérir deux des cinq plus grandes villes de France ? Rien n'est acquis, loin de là, mais les intentions de vote issues des sondages réalisés courant janvier à Bordeaux et à Lyon augurent une forte dynamique du vote vert dans ces communes. 

A Bordeaux, ville dirigée par la droite depuis l'après-guerre, un second tour pourrait bien avoir lieu pour la première fois depuis 75 ans. Un sondage Ipsos pour Sud-Ouest réalisé en décembre 2019 plaçait le maire LR sortant Nicolas Florian, successeur d'Alain Juppé, en tête du premier tour avec 40% des intentions de vote, devançant confortablement Pierre Hurmic, qui conduit une coalition EELV-PS-PCF (30%). Le tout sur fond d'éparpillement des voix, le candidat LaREM Thomas Cazenave étant crédité de 11% des suffrages, devancé par Philippe Poutou.

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A Lyon, fief de l'ancien ministre Gérard Collomb - candidat pour sa part à la métropole -, la dernière enquête (BVA, 24 février) faisait état d'un duel serré au premier tour (22%) entre le candidat écologiste Grégory Doucet, qui veut désormais croire en une "vague verte" dans la capitale des Gaules et le LR Etienne Blanc (21%). Loin derrière eux, les deux candidatures LaRem, officielle et dissidente, payent leur division, avec 15 et 11% des intentions de vote.

A Strasbourg aussi, le vert a le vent en poupe : selon une enquête BVA du 27 février, les listes écologiste et marcheuse domineraient le premier tour, à la faveur de la dispersion des intentions de vote. La candidate EELV-PCF Jeanne Barseghian est créditée de pas moins de 25% des voix, devant le candidat LaREM-Modem-Agir Alain Fontanel (27%). Loin derrière : la liste PS (17%), LR (15%) et le RN (10%). Dans l'hypothèse où l'ancienne maire socialiste Catherine Trautmann ralliait les écologistes, une alliance LR-LaRem ne suffirait pas pour remporter la mairie.

Les écologistes également en tête à Rouen et Besançon

Dans deux villes en particulier, les sondages récents donnent là-encore le leadership à un candidat écologiste. A Rouen, agglomération fortement marquée par l'incendie de l'usine Lubrizol, les débats environnementaux qui ont suivi le sinistre se poursuivent dans le cadre de la campagne. La liste conduite par l'écologiste Jean-Michel Bérégovoy, neveu de l'ancien Premier ministre de François Mitterrand, serait créditée de 24% des intentions de vote, en tête devant le candidat socialiste (22%), selon un sondage Ifop qui remonte à septembre 2019.

Besançon fait également figure de ville susceptible de passer dans l'escarcelle d'EELV. La candidate Anne Vignot, qui conduit une alliance EELV-PS-PCF, est créditée par un sondage Ipsos du 16 janvier de pas moins de 34% des voix, loin devant le candidat LaREM Eric Alauzet (23%) et le candidat LR Ludovic Fagaut (15%). Besançon, où c'est pourtant le thème de la sécurité qui arriverait en tête des préoccupations des habitants. 

Autre cas de figure, celui de Montpellier, où la candidate écologiste Clothilde Ollier figurait en tête des intentions de vote au premier tour (19%) dans un sondage Harris Interactive du 17 janvier, devant le maire sortant Philippe Saurel (18%), les autres listes plafonnant à 10%. Une difficulté cependant : EELV a invalidé l'investiture de Clothilde Ollier, jugée trop proche des insoumis. Décision invalidée par la justice, qui n'a toutefois pas annulé l'investiture de l'autre candidate Coralie Mention.

Une position d'arbitre, voire davantage, dans d'autres villes

La dynamique écologiste ne se mesure pas uniquement à l'aune du leadership dans les sondages. Dans plusieurs villes, les intentions de vote affichées pourraient donner aux candidats EELV une fonction centrale dans la perspective du second tour. 

On peut bien entendu citer Paris, où le duo actuellement en tête (Anne Hidalgo à 23%, suivie de Rachida Dati à 22%) ne doit pas faire oublier le score prêté aux écologistes (entre 12 et 14%). Les listes déposées, ces derniers, certains rêvent d'une "coalition climat" avec Cédric Villani (ex-LaREM) autour d'un socle de propositions communes. Sur le plan arithmétique, une telle alliance pourrait les porter en tête du premier tour, et pourrait être décisive en cas de triangulaire ou de quadrangulaire au second tour dans la capitale. 

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A Montélimar, l'alliance EELV-PS-LFI (25% des intentions de vote) laisse ouverte la possibilité d'une alternance écolo à la majorité sortante, créditée de 31% des voix au premier tour. A Perpignan, la liste EELV-PS (14,5%) par à l'assaut du duel annoncé entre le RN Louis Alliot (25%) et le maire sortant LR Jean-Marc Pujol (18%), dans la perspective d'une possible quadrangulaire au second tour. Une ville où "les écologistes ne vont pas en campagne pour battre le RN mais pour apporter des réponses du quotidien", insistait lundi, sur LCI, Yannick Jadot. 

On pourrait enfin citer le cas de Marseille, où EELV n'arriverait certes qu'en quatrième position (14% selon un sondage Ipsos du 17 janvier), mais en situation de discuter, dans l'émiettement qui caractérise ce scrutin, avec la liste PS-PCF-LFI (16%) pour faire vaciller le duo de tête incertain formé par Martine Vassal (LR, 23%) et Stéphane Ravier (RN, 22%). 

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