Sécurité, circulation, espaces verts... ce qu'ont dit les candidats lors de "La Grande confrontation Paris"

Municipales 2020 : l'intégrale de "La Grande confrontation Paris"

RÉSUMÉ - Que retenir des propositions des sept principaux candidats à la mairie de Paris sur la sécurité, la circulation et la végétalisation lors de l'unique débat avant le premier tour, prévu le 15 mars prochain ? LCI vous récapitule ce qu'il faut retenir de la "Grande confrontation Paris".

Les débats ont été plutôt cordiaux. Mais cela n'a pas empêché les sept principaux candidats à la mairie de Paris de s'opposer sur certains des sujets les plus scrutés par les Parisiens et les Parisiennes, à dix jours du premier tour des élections municipales. 

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Vidéosurveillance et police municipale

"Il faut se rendre à l’évidence : l’insécurité a augmenté de façon extrêmement importante à Paris. Où sont les policiers ? On n’en voit plus sur le terrain. Lorsque je me suis rendue à cette évidence et ce constat, oui je me suis résolue à mettre en place une police municipale", a affirmé Anne Hidalgo, qui ne souhaite pas que ces 5000 agents soient armés. "C’est important d’avoir de la vidéosurveillance pour accompagner le travail qui permettra de rendre cette ville encore plus sûre", a ajouté l'édile.

Agnès Buzyn s'est elle prononcée pour une police municipale armée, et pour la multiplication par quatre du nombre de caméras dans les rues de Paris.

Cédric Villani estime lui qu'il faut armer les agents selon la nature de leurs missions. Une partie des effectifs serait armée, l'autre non. "C’est un peu comme ce qui se passe à Londres. Les bobbies, pour leur majorité, ne sont pas armés", a expliqué le candidat, ajoutant toutefois que "leurs grandes matraques (...) inspirent le respect". A propos des caméras , il ne veut pas s'engager dans des chiffres. "Ce qu'on veut c'est l'efficacité.", dit-il.

Rachida Dati, maire LR du 7e arrondissement, est pour sa part en faveur d'une police municipale armée. Elle préconise de l'accompagner d'"une antenne municipale dans chaque arrondissement, avec une ligne directe pour tous les habitants 24/24h 7/7j, et un centre de supervision qui coordonnera les caméras."

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Danielle Simonnet (LFI) estime que la réponse à l'insécurité est à trouver dans les politiques sociales, notamment pour que la police "puisse se concentrer sur les enquêtes". Elle estime que la vidéo-surveillance est une mauvaise réponse : "il y a une course aux enchères (...) il faut des hommes et des femmes derrières les caméras pour traiter les données, et ça, ça n’est jamais prévu".

David Belliard (EELV) ne souhaite pas avoir recours aux armes létales mais il estime qu'il faut redéployer plus d'agents sur le terrain. "Il faut changer. Lorsqu’une politique ne fonctionne pas, on la change. On ne va pas dans une surenchère de caméras alors qu’on sait qu’elles ne sont pas efficaces", plaide le candidat écologiste.

Serge Federbusch (RN) souhaite quant à lui que les agents de police municipaux soient armés car "la première chose qu’un truand fait quand il voit un policier, c’est de regarder son armure." Il propose également de créer des rondes de citoyens pour surveiller les quartiers.

Circulation, bouchons, voies sur berge

Lorsque le sujet de la circulation, et de manière plus générale de la mobilité, a été abordé par David Pujadas, les candidats ont chacun leur tour et dans leur majorité attaqué la maire sortante, notamment sur sa méthode et la "brutalité" avec laquelle elle a fermé les voies sur berge. Agnès Buzyn a débuté sur le sujet de la réduction de la voiture à Paris, en déclarant : "Je ne remets pas en cause un objectif de réduire la place de la voiture dans notre espace public. Aujourd’hui ce que je conteste c’est une méthode qui créée des problèmes avant de créer des alternatives". Plus précisément sur les voies sur berge, elle a estimé qu'il n'était "pas bon pour la santé" de courir ou faire du vélo au bord de la Seine actuellement, à cause de la pollution.

Cédric Villani propose de voir plus large que Paris intra-muros. "Un plan de mobilité dans Paris c’est forcément un plan métropolitain", estime le dissident LaREM, qui propose notamment  l'"automatisation des métro" pour augmenter le trafic, par exemple sur les lignes 7, 8 et 13. 

Danielle Simonnet veut instaurer des "hiérarchies" dans les modes de déplacement, en mettant les piétons en première position. "Il faut rattraper le retard sur les pistes cyclables", ajoute-t-elle, rappelant qu'elle souhaite offrir un vélo à tous les jeunes dès 16 ans. 

Rachida Dati est celle qui s'est le plus faite remarquer - en tout cas sur les réseaux sociaux - à ce sujet. "Je ne ferai pas ce que je conteste à madame Hidalgo : avoir imposé un schéma de mobilité dogmatique qui n’est pas efficace", explique-t-elle. "Il y a certains endroits, je cours sur les voies sur berge, je passe en apnée. Je pense que je suis apte à la plongée tellement je cours en apnée. Sur certains tronçons ce sont des latrines à ciel ouvert. Ce n’est pas verdi, ce n’est pas végétalisé", a-t-elle lancé à la maire sortante.

Attaquée par tous ses adversaires (sauf David Belliard), Anne Hidalgo s'est défendue. "Où est la punition ? La punition c’est de nous obliger à respirer un air pollué, qui tue, rend malade les enfants, les aînés. Il faut continuer à diminuer la place de la voiture à Paris". Selon elle, "la question des embouteillages à Paris est à peu près aussi vieille que l’histoire de Paris", et tout cela est une "question de santé publique que nous ne pouvons pas considérer comme secondaire".

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Espaces verts

La végétalisation de la capitale est l'un des thèmes phare de cette campagne pour Paris 2020. "Tout le monde veut des arbres et des parcs mais on est dans la surenchère", a fustigé Serge Federbusch (RN). Danielle Simonnet a elle demandé des comptes sur le nombre d'arbres qui ont été arrachés pendant la mandature d'Anne Hidalgo. Pour s'opposer à certains projets de la maire sortante, comme la Tour Triangle (tour de 180 mètres dans le 15e arrondissement, ndlr), elle souhaite mettre en place un Référendum d'initiative citoyenne (RIC), et laisser la parole aux Parisiens et Parisiennes. 

David Belliard a regretté "qu'aujourd'hui cette ville est très bétonnée". En accord avec Anne Hidalgo sur beaucoup de sujets portant sur l'écologie, le candidat EELV se démarque sur la bétonnisation. Il s'oppose lui aussi à la Tour triangle, et au projet de Bercy Charenton qu'il veut transformer en bois.

Enfin, signe que ce sujet est un thème central de cette campagne municipale, Agnès Buzyn a demandé à prendre la parole sur cette thématique. "Je suis très troublée, on a fait de la politique politicienne alors que c’est un enjeu vital pour notre ville", a-t-elle déclaré. Elle s'inquiète du manque d'îlots de fraîcheur alors que les températures ne vont cesser d'augmenter. "Je propose une règle verte : toute décision qui sera prise sera évaluée par un conseil scientifique et citoyen pour vérifier qu’il répond à l’enjeu écologique et aux accords de Paris", a expliqué la candidate LaREM, elle aussi contre les tours de Bercy Charenton. 

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