Régionales : face à Xavier Bertrand, la gauche parvient à s’unir dans les Hauts-de-France

L'eurodéputé Karima Delli (EELV) en mai 2019.

ACCORD - L’eurodéputée écologiste Karima Delli conduira une liste commune EELV-PS-LFI-PCF dans les Hauts-de-France, face au président sortant Xavier Bertrand et au RN Sébastien Chenu. Un cas inédit à ce jour. Certaines voix, à gauche, y voient un espoir d’union pour 2022.

Des gauches irréconciliables ? Pas toujours. La preuve en est faite dans les Hauts-de-France, où les quatre principales formations de gauche ont annoncé jeudi, dans un communiqué, un accord d’union pour les élections régionales des 13 et 20 juin. 

Face au président sortant de cette région, Xavier Bertrand, EELV, LFI, PCF et PS vont s’unir derrière une tête de liste, l’eurodéputée écologiste Karima Delli. Un accord "unique à cette heure en France", se sont félicitées les parties prenantes, qui doit encore être "approuvé par les instances et les militants" de chacune des formations. Karima Delli, originaire de Tourcoing (Nord), élue depuis 2009 au Parlement européen, avait notamment participé à la primaire écologiste de 2016, lors de laquelle elle avait terminé en 4e position, avant de rallier Yannick Jadot. 

Le texte commun a été signé par Karima Delli, le secrétaire national du PCF Fabien Roussel, le député LFI du Nord Ugo Bernalicis et le sénateur PS Patrick Kanner. "C’est fort de nos valeurs communes et conscients de nos différences que nous faisons union pour la justice sociale et climatique, union pour la défense du service public et de l’emploi, union pour la transition écologique et la réinvention de notre modèle industriel, union pour la refondation de nos modèles démocratiques", ont indiqué les signataires.

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Un espoir pour la gauche ?

L’objectif de cette alliance est aussi de "rompre l’emprise suffocante que l’extrême droite exerce sur les Hauts-de-France", expliquent les auteurs de l’accord. Marine Le Pen avait conduit une liste en 2015 dans la région, qui avait obtenu plus de 40% des voix au premier tour. La liste socialiste de l’époque avait été contrainte de se retirer au profit de Xavier Bertrand afin de faire "barrage" au parti de Marine Le Pen. Cette dernière, qui se consacre à la préparation de la présidentielle de 2022, n’est pas candidates aux régionales en juin. C’est le député du Nord Sébastien Chenu, porte-parole du RN, qui conduira la liste du mouvement. 

Pour beaucoup, à gauche, cette annonce constitue un motif d’espoir et de test grandeur nature en vue des prochaines échéances électorales, dans un moment où les formations de gauche sont particulièrement divisées et privée de leadership clair. La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, potentielle candidate en 2022, a ainsi apporté immédiatement son soutien à la liste commune. "Avec toi, ma chère Karima, pour porter nos valeurs, nos projets et notre union", a-t-elle salué sur son compte Twitter. Adjointe d’Anne Hidalgo et tête de liste en Ile-de-France, Audrey Pulvar a également félicité son homologue écologiste, assurant que les Hauts-de-France auraient, "dès le 20 juin, une excellente présidente de région"

"Voilà qui redonne l’espoir", s’est félicité de son côté l’eurodéputé Raphaël Glucksmann (Place Publique), proche de Karima Delli. "La région Hauts-de-France à l’avant-garde de la transformation écologique et humaniste de notre société avec toi à sa tête, ce serait énorme."

Côté LFI, Ugo Bernalicis s’est félicité jeudi d’avoir "pu permettre ce rassemblement pour mener le combat social, écologique et démocratique pour des Hauts-de-France populaires". Il faut dire que rien n’allait de soi au départ. Le député avait été investi en novembre par LFI pour conduire une liste autonome et l’hypothèse de s’allier avec le PS dans ce combat était alors écartée. L’accord finalement passé début mars entre LFI et EELV a permis de faire revenir les deux autres forces de gauche, PCF et PS, dans les discussions. 

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