Régionales : comment Muselier et LaREM ont scellé leur alliance en PACA

Régionales : comment Muselier et LaREM ont scellé leur alliance en PACA

COULISSES – Le Premier ministre Jean Castex a annoncé ce dimanche que LaRem allait soutenir Renaud Muselier pour les élections régionales en juin prochain. Une déflagration à droite dont voici les coulisses.

"La porte était ouverte". Annoncé par Jean Castex en personne, le retrait de la liste LaREM au profit du président sortant Renaud Muselier a rebattu ce dimanche les cartes pour les régionales en Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Mais aussi semé la zizanie à droite, où de nombreux élus s'inquiètent du message envoyé par un telle alliance, à un an de la présidentielle.

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Tout a débuté jeudi, quand Renaud Muselier a tendu la main à la majorité présidentielle, estimant que "le bon sens voudrait" que celle-ci "lui apporte son soutien". Dans cet appel, le ténor LR avait par avance refusé tout "accord d'appareil". Seulement trois jours plus tard, le Premier ministre a profité d'un entretien au JDD pour répondre "très favorablement à l'initiative" de l'élu, parlant d'une "union" qui irait "bien au-delà d'accords d'appareils". "C'est un exemple de la recomposition politique", insiste Jean Castex.

"Le fruit d'un dialogue continu"

Si la réponse du berger à la bergère n'a pas traîné, les négociations en coulisses, elles, sont nettement plus anciennes : selon nos informations, l'entourage de Renaud Muselier savait depuis "plusieurs jours" que l’annonce serait faite ce week-end. L'entourage de la secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées Sophie Cluzel, chef de file désignée par LaREM dans la région et qui s'est donc désistée, précise qu'il s'agit du fruit d'un "dialogue continu". La secrétaire d'Etat s'était d'ailleurs montrée favorable à un tel rapprochement dès le mois de février, dans les colonnes de la Provence. "On attendait que la porte s’ouvre du côté de Renaud Muselier", précise-t-on ce dimanche dans l'entourage de la secrétaire d'Etat. Dont acte.

Quid de l'accueil des électeurs de ce ticket LaRem / LR ? "Nous ne sommes pas sur de la tromperie. Il y a une forme d’évidence qui s’est peu à peu opérée", fait-on savoir. Et de préciser : "Le front républicain de 2015 ne s’opérera plus de la même façon. La gauche a été la première à dire qu’elle ne voudrait plus être hors de l’hémicycle".

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"Muselier n’est pas macroniste. Est-ce qu’on lui a demandé de quitter les LR ? Non !"

Concrètement, Sophie Cluzel "et des représentants de la majorité parlementaire vont intégrer le dispositif conduit" par Renaud Muselier, affirme le Premier ministre. Sophie Cluzel a précisé au JDD qu'elle serait candidate dans le Var. Renaud Muselier, lui, a "pris acte" et "se félicite" de l'annonce du Premier ministre avant de regretter "l'agressivité" de sa famille politique.  "Hier, j'étais le meilleur pour ma région, aujourd'hui parce que Castex annonce retirer sa liste, je suis accusé de trahison ! Comment comprendre cette agressivité alors que je combats le RN ?". Dans un second message, le président sortant se dit même fidèle à Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.

"Muselier n’est pas macroniste", renchérit un cadre de la majorité. "Il fait un rassemblement avec la majorité présidentielle. Est-ce qu’on lui a demandé de quitter les LR ? Non ! Ce sont les LR eux-mêmes qui poussent vers la sortie avec leur réaction hyper violente".

Pourquoi une annonce par Castex ? "C'est un choix concerté au sein de la majorité présidentielle"

Et pourquoi Jean Castex pour officialiser ce accord ? C'est un "choix concerté au sein de la majorité présidentielle", indique un cadre de la majorité à LCI. Selon l'entourage de Sophie Cluzel, "c’est un vrai signal fort" qu'elle soit annoncée directement par Jean Castex. "C’est lui le chef de la majorité. Le message, c’est qu’on peut dépasser les courants partisans pour le bien commun. Est-ce que ça va être un exemple au niveau national ? on le verra…"

Pas sûr que l'état-major des Républicains apprécie d'éventuelles suites à l'échelle nationale. Car chez de nombreux députés LR, c'est l'amertume qui prend le pas ce dimanche. "Mon sentiment c’est qu’on ne peut pas faire comme ça des alliances de circonstance et entretenir la confusion avec la République En marche", estime auprès de LCI un élu républicain. "Je pense que cela crée une confusion et montre des signes de fébrilité alors qu’on est en tête dans cette région."  Le patron du parti, Christian Jacob,  a d'ores et déjà fait savoir que l'investiture de Renaud Muselier serait retirée. 

"On se tire une balle dans le pied"

Pourquoi ce rapprochement ? "Je pense que Muselier a peur de perdre", croit savoir un député, selon lequel le candidat subit également la pression d'Hubert Falco et Christian Estrosi , les maires de Toulon et Nice. "On se bat matin, midi et soir pour essayer de retrouver une incarnation présidentielle et on ne peut pas accepter de prendre des coups de couteau comme ça derrière", s'énerve un autre député.  Et de prévenir : "Ma crainte, c’est qu’on risque de donner une région à Le Pen. (…) On se tire une balle dans le pied."

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