Muselier fait sécession en Paca : "Le mot 'explosion' de la droite n'est pas exagéré"

Muselier fait sécession en Paca : "Le mot 'explosion' de la droite n'est pas exagéré"

ANALYSE - Pour Emmanuel Rivière, directeur général de l'institut Kantar-Public, le séisme provoqué par le rapprochement en Paca de Renaud Muselier (LR) et Sophie Cluzel (LaREM) marque "un moment de recomposition".

"On est dans un moment de recomposition où chacun doit réinventer ses gammes." À quelques semaines des élections régionales, le rapprochement entre la liste de Renaud Muselier (LR) et celle de Sophie Cluzel (LaREM) a provoqué une onde de choc dans l'ensemble de la droite française. Le président sortant de la région PACA, en difficulté dans les sondages face à la liste de Thierry Mariani (RN), avait ouvert les bras au parti macroniste appelant de ses vœux une union que Jean Castex a publiquement adoubée ce dimanche dans le JDD. La droite, elle, est sonnée. Et condamne "une OPA", ou même "un coup de poignard", selon les mots d'Eric Ciotti. 

Conséquence immédiate : Renaud Muselier "ne pourra pas bénéficier de  l'investiture LR" , a annoncé le président du parti, Christian Jacob. "Pas de compromissions avec le macronisme qui affaiblit la France comme  jamais", a abondé le numéro 2 des Républicains, Guillaume Peltier. Une sanction saluée par le président de la commission d'investiture, Eric Ciotti, selon qui Renaud Muselier est "désormais à la tête de la liste de la  République en Marche".

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"Muselier fait une erreur. Avec En marche, il ne gagnera pas", a affirmé sur  BFMTV le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, candidat déclaré à la  présidentielle, en fustigeant un accord "irresponsable" qui "nous amènera au déshonneur et à la défaite".

Le RN et Dupont-Aignan en embuscade

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Aliance LaRem/Muselier en Paca : "Le mot 'explosion' (de la droite) n'est pas exagéré" analyse Emmanuel Rivière

Le RN s'est aussitôt engouffré dans la brèche, son numéro 2 Jordan Bardella lançant sur Twitter : "Chers militants, élus et sympathisants LR, allez-vous  laisser Emmanuel Macron présider votre commission d'investiture ?". Pour Sébastien Chenu, candidat RN dans les Hauts-de-France, "c'est  officiel, voter Xavier Bertrand et Les Républicains aux régionales, c'est voter En Marche". Sur LCI, Nicolas Dupont-Aignan y est allé, lui aussi, de son appel aux électeurs LR. 

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Les Républicains sont-ils menacés d'explosion ? Il y a un "but caché de simplement nous détruire", abonde ainsi le député LR de Moselle Fabien Di Filippo. 

Car pour Emmanuel Rivière, directeur de l'institut Kantar-Public, le mot explosion "n'est pas exagéré" (voir la vidéo ci-dessous). "Ça ne se passe plus comme pendant des décennies de vie politique. La question des alliances n’est plus du tout naturelle, ce qui est assez fascinant", explique le spécialiste de la vie politique française, qui rappelle que 3/4 des électeurs du RN sont favorables à des accords avec Les Républicains.  "C'est une reconfiguration du paysage (politique) à laquelle on assiste en direct".

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Mais une reconfiguration jusqu'où ? L'alliance en Paca fera-t-elle tache d'huile et peut-elle obérer les chances d'une candidature LR en 2022 ? "Je ne crois pas", a affirmé sur Radio J le patron des députés LR Damien Abad, en assurant que "Nicolas Forissier en région Centre, Nicolas Florian en Nouvelle Aquitaine, Jean Rottner dans le Grand Est partiront sous leurs propres couleurs".

Pourtant, Les Républicains avaient solennellement affirmé en septembre qu'il n'y  aurait aux régionales "aucune alliance avec les partis de la majorité présidentielle ni avec les extrêmes". Certains élus considérés comme "macron-compatibles" avaient cependant  contesté cette position, notamment le maire LR de Nice Christian Estrosi (à qui Renaud Muselier a succédé à la tête de la région), partisan du "dépassement",  ou celui de Toulon Hubert Falco, tenant du "rassemblement". "Il y a aussi dans cette affaire de l'accord souterrain pour la présidentielle", soupire un élu pour qui "il faut taper du poing sur la table".

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