Régionales : Valérie Pécresse peut-elle vraiment annuler "la dette covid des entreprises" ?

Valérie Pécresse, en quête d'un second mandat à la tête de la région Île-de-France

CAMPAGNE - Valérie Pécresse a promis dimanche de régler la "dette covid" des entreprises en Île-de-France si elle était réélue. Un engagement qu'elle peut respecter... mais qui ne correspond qu'à une infirme partie du total de l'addition.

C'est une promesse qu'elle ne cesse de répéter. Valérie Pécresse veut effacer l'ardoise des entreprises de sa région, touchées par le coronavirus. Invitée ce dimanche 13 juin sur BFMTV, la candidate à sa réélection en Île-de-France a ainsi promis qu'elle "fera le maximum" pour les entreprises en "annulant la dette covid" si elle est réélue. Alors, vrai engagement ou paroles en l'air ?

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Un engagement politique aux airs de tombola

Sa promesse a été reprise par son compte de campagne, qui lui a donné une nouvelle visibilité. Mais en réalité, les choses sont bien plus complexes. Dans les faits, l'élue n'a aucun impact sur la quasi-totalité des prêts réalisés dans sa région. Elle contrôle uniquement le fonds mis en place à l'échelle locale. Baptisé Résilience, il a accordé 150 millions d'euros de prêts à 7000 entreprises de moins de 20 salariés. 

Un grain de sable face au quelque 143.890 entreprises qui ont profité des PGE, des prêts garantis par l'État. Mis en place au niveau national, ils représentent un total de 51 milliards d'euros d'aide dans la région Île-de-France d'après les données du ministère de l'Économie. C'est donc un abus de langage d'écrire que Valérie Pécresse a le pouvoir d'effacer "la dette covid" de ses administrés. 

D'autant que, même au niveau régional, les choses ne sont pas si simples. Le fonds Résilience regroupe en effet d'autres acteurs que la seule Région. Comme la Banque des Territoires, 70 collectivités locales, la Ville de Paris et la Métropole du Grand Paris. Valérie Pécresse ne peut donc pas promettre à ses administrés qu'elle remboursera les prêts après d'une banque. Par contre, elle peut décider d'annuler la part régionale de cette "dette covid", qu'elle a elle-même financée. Une part qui ne correspond qu'à un quart de ces prêts. 

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Dans un entretien accordé à La Tribune le 16 mai dernier, l'élue précisait que ce sont les seuls "37,5 millions d'euros d'aides de la région" qui pourraient ne pas être réclamés. Cela ne touchera donc ni la totalité des entreprises. Ni la totalité de l'addition. Les PME et TPE elles-mêmes ne connaissent d'ailleurs pas nécessairement la part régionale des aides qu'ils ont reçues. Cette promesse, si elle est tenue, sera donc une aubaine pour les seules entreprises ayant profité directement d'aides de la Région. Une goutte d'eau sur la totalité du "quoi qu'il en coûte" national.

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