Elections régionales : Audrey Pulvar, du journalisme à la politique

Elections régionales : Audrey Pulvar, du journalisme à la politique

PORTRAIT - Audrey Pulvar sera tête de liste aux prochaines élections régionales en Ile-de-France. Sept mois après son élection à la mairie de Paris, l'ancienne journaliste se lance dans le grand bain de la politique. Après avoir longtemps exclu un tel destin.

Elle s’était jurée de ne pas faire de politique. Pourtant, ce mercredi 27 janvier, sept mois après avoir été élue à la mairie de Paris et nommée adjointe en charge de l’alimentation durable, de l’agriculture et des circuits courts, Audrey Pulvar a officialisé sa candidature aux élections régionales en Ile-de-France à la tête de la liste de gauche "Ile-de-France en commun". 

"Peut-être qu’on n'échappe jamais à son destin", avait constaté Audrey Pulvar auprès de Paris Match en octobre dernier, interrogée sur sa promesse de ne jamais se lancer en politique. "J’ai toujours été une citoyenne engagée, soucieuse de l’intérêt général. Aujourd’hui, j’ai décidé de plonger dans le grand bain", ajoutait celle qui avait été échaudée, enfant, par l’engagement de son père, trotskiste, syndicaliste, indépendantiste martiniquais.

"On ne parlait que de politique à la maison, c’est quelque chose de viscéral chez moi, mais j’ai beaucoup souffert de son absence, donc je me suis dit que je ne ferai jamais de politique à cause de ça, ou alors quand mes enfants seraient grands", indiquait-elle à Libération en septembre dernier, le quotidien précisant que sa fille était désormais âgée de 23 ans.

"On m’a virée de façon préventive"

Audrey Pulvar a également vécu durement la politique lorsqu’elle partageait la vie d’Arnaud Montebourg (2010-2012), à l’époque député et président PS du Conseil général de Saône-et-Loire. Les violences verbales et physiques étaient légion. En février 2012, ils ont même été victimes d’une agression alors qu’ils sortaient d’un restaurant du 16e arrondissement de Paris, pris à partie par un groupe de personnes scandant des slogans favorables au FN et des injures antisémites. Cette relation l’empêchera également d’exercer son métier. "On m’a virée de façon préventive, dans le cas où je serais contaminée par les idées de mon compagnon tout en reconnaissant que je ne l’étais pas", déclarait-elle à Libération.

La maire de Paris est pour beaucoup dans l’engagement d’Audrey Pulvar aujourd’hui. "La seule chose que je voulais faire, c’était être aux côtés d’Anne Hidalgo", assure à Libération l’ex-journaliste de 48 ans. En juillet, elle déclarait à Paris Match : "Je n’ai rien demandé à Anne Hidalgo et lui ai toujours dit que j’étais au service de sa candidature, à la place et dans les responsabilités qu’elle jugerait les plus utiles. Je suis très heureuse et profondément honorée de la responsabilité qu’Anne Hidalgo me confie désormais."

La relation entre les deux femmes a débuté en 2017. L’édile socialiste était critiquée à tout va pour la fermeture des voies sur berges ; Audrey Pulvar lui a apporté son soutien sur Twitter. "Elle l’a remarqué, parce qu’on n’était pas très nombreux à l’époque à la défendre, et elle m’a envoyé un message de remerciement." Leurs personnalités clivantes les ont aussi rapprochées. "On a assez rapidement créé une sorte de sororité, parce que, comme elle, je suis assez attaquée dès que je parle", disait-elle à Libération.

Mais tout au long de sa carrière journalistique, Audrey Pulvar n’a jamais cessé de prendre position pour les combats qui lui paraissaient importants. Ainsi, fin avril 2017, elle est privée d’antenne par iTélé pour avoir signé une pétition féministe contre Marine Le Pen et pour Emmanuel Macron. Selon le texte de cette pétition, "l’élection de Marine Le Pen à la présidentielle serait une défaite pour les femmes". Il était reproché à la candidate "l’avortement qualifié de confort, la stigmatisation des femmes étrangères" ou "l’instrumentalisation raciste du combat contre l’oppression religieuse". En retrouvant l’antenne quelques semaines plus tard, Audrey Pulvar avait indiqué ne pas regretter d’avoir pris position contre le FN, "un parti qui reste d’extrême droite, raciste et xénophobe" et "s’étonn[ait] d’avoir été assez seule dans la profession".

Féministe convaincue

Féministe convaincue, celle qui fut présidente de la Fondation pour la nature et l’homme (ex-Fondation Nicolas Hulot) entre 2017 et 2019 avait publié Libres comme Elles en 2014. Dans un entretien à l’AFP elle déclarait : "Plus les femmes sont libres, plus les hommes le sont. Le féminisme est un combat total". "Si j’avais des responsabilités ministérielles, je développerais l’enseignement des ABC de l’égalité dans le primaire et le secondaire, en traquant tous les clichés sexistes", ajoutait-elle.

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Féministe, écologiste, anti-raciste... À la région Ile-de-France, Audrey Pulvar veut également s'engager pour les jeunes, et a fait de la gratuité des transports en commun sa mesure phare. "Nous avons beaucoup de propositions pour sortir de la politique de Valérie Pécresse, qui est celle de l'ancien monde. Je suis prête !", assure-t-elle dans le Parisien

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