"Je n'avais jamais subi une telle violence" : le maire de Nice Christian Estrosi annonce qu'il quitte Les Républicains

Christian Estrosi, invité politique d'Elizabeth Martichoux du 5 octobre 2020.

CRISE POLITIQUE À DROITE - Dans une interview au Figaro, Christian Estrosi officialise ce jeudi son départ du parti Les Républicains, dont il dénonce "la violence" à son égard. Le maire de Nice plaide pour la création "d'une grande formation politique moderne pour rassembler les gens de droite et du centre".

C'est tout sauf un divorce à l'amiable. Dans une interview au Figaro publiée jeudi après-midi, Christian Estrosi annonce son départ des Républicains, dénonçant "la violence" du parti à son égard, dans le contexte de la crise suscitée en Paca par le rapprochement entre le président sortant, Renaud Muselier, et la majorité présidentielle. 

L'annonce, que l'on savait imminente depuis mercredi, est sans équivoque. "Je m'en vais de LR", indique le maire de Nice au Figaro. "Quitter mon parti est une décision pénible pour le gaulliste que je suis. Mais les fondamentaux portés par Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac sont ma référence."

Décrivant, au sein de LR, "la dérive d'une faction qui semble avoir pris en otage la direction du parti", il demande à cette dernière "une clarification" : "Les Républicains doivent, de mon point de vue, dire clairement, qu'en toutes circonstances et dans toutes les élections, ils feront barrage à l'extrême droite avant toute chose [...] Dans l'attente de cette clarification, j'ai donc décidé de me mettre en congés des Républicains afin d'assurer, comme d'autres, ma liberté de parole."

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"J'ai tout subi"

Christian Estrosi affirme avoir "tout subi", "mise en cause personnelle, insultes, mensonges". "Jamais je n'avais subi une telle violence dans mon parti", expliquant avoir été qualifié, avec Hubert Falco - le maire de Toulon qui a quitté LR mercredi - de "malfaisant". "Les limites de l'acceptable ont été franchies. Je suis désolé de faire ce constat, car il s'agit de ma famille politique."

Le maire de Nice apporte par la même occasion son soutien à Renaud Muselier, "aux côtés" duquel il se tient "pour mener cette campagne et assurer le succès de notre région". "Il ne s'agit pas d'une quelconque recomposition", affirme-t-il, en réponse à la formule qu'avait utilisé Jean Castex à propos du rapprochement en Paca. "Il s'agit de tout faire pour faire gagner notre région d'abord face au RN." "Si je ne peux accepter qu'on me dénigre le droit de défendre auprès du président de la République et du chef du gouvernement les intérêts de mon territoire, auxquels ils ont toujours répondu présents avec loyauté [...] je n'apporte aucune caution à une formation politique telle qu'En Marche", ajoute l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy. 

Il souhaite "une grande formation politique moderne"

Interrogé sur la forme que doit prendre la recomposition de la droite, Christian Estrosi plaide pour "reconstituer une grande formation politique moderne pour rassembler les gens de droite et du centre autour d'un vrai projet où l'on ne passe pas son temps à parler de soi en bureau politique, mais d'industrie, d'environnement, de sécurité, d'immigration contrôlée". 

"Je n'ai aucune ambition nationale contrairement à des sous-entendus", assure-t-il toutefois au Figaro. "Je n'ai rien négocié avec qui que ce soit, car je n'attends rien et Nice compte plus que tout à mes yeux." Et de conclure : "Le prix de ma liberté est trop précieux."

cette décision a le mérite de la cohérence- Christian Jacob, le président de LR

"Je regrette toujours les départs, mais cette décision a le mérite de la cohérence", a réagi, auprès de l'AFP, le président de LR Christian Jacob. "Conformément aux valeurs de notre famille politique, nous sommes et nous resterons les opposants déterminés à l'idéologie du Rassemblement national."

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