Élections régionales et départementales : quel rôle et quels enjeux pour la gauche ?

L'eurodéputé Karima Delli (EELV) en mai 2019.

ANALYSE - Discrète et pas vraiment favorite des sondages, la gauche pourrait pourtant l'emporter dans plusieurs régions le 27 juin prochain. Surtout, sa décision de jouer ou non le jeu du front républicain aura de grandes incidences sur les résultats finaux des scrutins.

Cinq régions sont actuellement dirigées par la gauche : Bretagne, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Nouvelle Aquitaine et Occitanie. Réussira-t-elle à les garder sous son giron le 27 juin prochain ? Pourra-t-elle en perdre certaines et en gagner d’autres ? Alors que les combats annoncés entre les Républicains et le Rassemblement national focalisent toute l’attention médiatique, quel sera le rôle de la gauche dans ces élections ?

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Les régions où la gauche peut l’emporter

Oui, les territoires où la gauche peut l'emporter existent bel et bien. En Occitanie par exemple, la présidente sortante Carole Delga (PS) ne semble pas vraiment menacée, même si elle aura à affronter une liste écologiste et une liste de la gauche radicale au premier tour. Au second, un sondage Ifop publié le 1er juin la donne gagnante avec 37% des voix devant le candidat RN (31%), LaREM (16%) et LR (16%). En Nouvelle-Aquitaine également, le président sortant Alain Rousset a, lui aussi, de grandes chances d’être réélu. Un sondage Ifop du 31 mai le donne gagnant à 37% au second tour, devant la liste RN (24%), LaREM (22%) et LR (17%). 

En Centre-Val-de-Loire, le socialiste François Bonneau conservera-t-il son poste ? Selon les sondages, aucun gagnant clair ne se dessine. La tête de liste RN Aleksandar Nikolic et le représentant de la majorité Marc Fesneau sont tous les deux en position de l’emporter au second tour (30% pour le premier, 25% pour le second, et 29% pour le socialiste selon une enquête Ipsos pour France Bleu datant de mi-mai). La partie s’annonce également serrée en Bretagne. Selon un sondage Odoxa pour Le Télégramme datant du 25 avril, le socialiste Loïg Chesnais-Girard, président sortant, est au coude-à-coude avec le candidat soutenu par la majorité présidentielle, la candidate LR et la liste écologiste. La gauche a également des chances en Bourgogne-Franche-Comté et dans les Pays de la Loire.

Quid des unions et des résultats des listes de gauche ?

La gauche a réussi à s'unir dès le premier tour dans une seule région : les Hauts-de-France, où les intentions de vote en sa faveur n'excèdent pas 20%, selon notre sondage Ifop pour LCI et Le Figaro du 21 mai. 

Dans les autres régions, jusqu'à trois ou quatre listes de gauche seront présentes au premier tour. À l'image des discussions qui patinent entre les dirigeants nationaux pour constituer une candidature commune en vue de 2022, rares sont les candidats à avoir réussi à s'entendre et à avoir voulu s'effacer pour multiplier les chances de réussite. Alors à un an de l'élection présidentielle, il est certain que les résultats de chacune des listes seront examinés et recueillis comme autant d'arguments précieux au moment de (peut-être) se mettre d'accord. Pour tous, l'objectif est de terminer comme la première force de gauche de ces élections.

Front républicain : que choisira la gauche ?

Les sondages indiquent une poussée du Rassemblement national dans plusieurs régions, plus précisément en Provence-Alpes-Côte-d’Azur où le parti de Marine Le Pen est clairement en position de l’emporter. Un sondage Ifop Fiducial pour LCI publié mardi 1er juin indique que seul un désistement de la gauche au second tour permettrait à Renaud Muselier (LR-LaREM, 51%) de l'emporter d'une courte tête devant Thierry Mariani (RN, 49%). Mais la tête de liste écologiste Jean-Laurent Félizia a laissé entendre qu’il pourrait ne pas se désister. Dans une interview à Libération, il a déclaré : "Je pourrai assumer cette volonté de rester dans l’échiquier politique avec un RN majoritaire". Pour rappel, c’est le front républicain qui avait privé le FN de victoire en 2015, notamment en PACA et dans les Hauts-de-France, où Marion Maréchal et Marine Le Pen étaient déjà en position de l’emporter il y a six ans.

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Toutefois, tous à gauche ne partagent pas cette analyse. La maire socialiste de Paris Anne Hidalgo a lancé un appel au front républicain pour barrer la route au RN comme en 2015. "Évidemment qu’il faudra se retirer au second tour, évidemment que la question du front républicain, appelons cela comme ça, est posée", a-t-elle indiqué mercredi 2 juin sur BFM et RMC. "C’est une règle absolue pour moi."

Selon un sondage Yougov pour le HuffPost, seul 14% des électeurs de gauche sont favorables à un désistement de leurs listes comme en 2015 pour empêcher une victoire du Rassemblement national. 

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