Élections régionales : historiquement faible, la participation peut-elle rebondir au second tour ?

Élections régionales : historiquement faible, la participation peut-elle rebondir au second tour ?

SURSAUT OU NON - Le premier tour des élections régionales s'est soldé par une abstention record, autour de 66%. Les appels à la mobilisation se multiplient pour limiter la casse au second tour. À l'aune des élections passées, peut-on réellement imaginer un rebond ?

Près de deux électeurs sur trois ne se sont pas rendus aux urnes dimanche, à l'occasion du premier tour des élections régionales. Un taux d'abstention de l'ordre de 66% qui pulvérise les précédents scrutins, et qui pousse une partie de la classe politique à lancer des appels solennels aux électeurs pour aller voter à l'occasion du second tour, dimanche 27 juin. 

"Faire gagner l'abstention, c'est faire perdre la démocratie", a notamment estimé, lundi, le Premier ministre Jean Castex. "Nous devons tous, collectivement, la combattre. Ce n'est pas une formule, mais une exigence républicaine."

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Au-delà des raisons profondes à l'origine de ce phénomène qui ne cesse de s'amplifier depuis trois décennies, peut-on imaginer un sursaut de participation entre le premier et le second tour ? 

Des rebonds possibles aux régionales

L'idée que les électeurs puissent brutalement prendre conscience du danger de l'abstention et se remobiliser massivement le 27 juin semble hypothétique, à en juger par les élections passées. Toutefois, le mode de scrutin proportionnel propre aux élections régionales semble permettre des rebonds de participation entre le premier et le second tour.  

Le précédent scrutin, en 2015, s'était tenu juste après les attentats de Paris, et ces derniers avaient eu un impact assez important sur la participation. Après un premier tour à 49,9% de participation, un rebond avait bel et bien eu lieu : au second tour, la participation s'était élevée à 58,4%, soit près de 8 points de plus. 

Lors des élections régionales de 2010, la participation avait gagné près de 5 points entre le premier tour (46,33%) et le second tour (51,22%). Idem en 2004, entre les 60,84% du premier tour et les 65,66% du second. 

Le rebond est loin d'être la règle

Au-delà des élections régionales, l'idée qu'il puisse y avoir une hausse soudaine de la participation entre deux tours semble sujette à caution. Si l'on se penche sur le cas des élections départementales, l'évolution se fait le plus souvent... à la baisse.  

Si le scrutin de 2004 s'était accompagné d'une légère hausse de la participation, les scrutins suivants (2008, 2011, 2015) se sont en effet traduits par une érosion entre le premier et le second tour. Le même phénomène s'est observé à l'occasion des élections municipales de 2014 et de 2020. Lors de ces dernières, organisées entre mars et juin 2020 en raison de la crise sanitaire, l'abstention avait augmenté de près de 3 points entre les deux tours. 

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Cette hausse de l'abstention entre les deux tours se lit également à l'occasion des élections législatives. La participation avait ainsi reculé de 6 points en 2017 et de 2 points en 2012. Elle avait stagné en 2007, et reculé de 4 points en 2002. Enfin, le seul rebond constaté au cours des quatre dernières élections présidentielles est celui de 2002 (+ 8 points), marqué par l'accession de Jean-Marie Le Pen au second tour, un événement qui avait conduit de nombreux électeurs à se remobiliser. Inversement, le duel Macron-Le Pen en 2017 s'était accompagné d'une baisse de plus de 3 points par rapport au premier tour.

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