Renaud Muselier, itinéraire d'un "Macron compatible"

Renaud Muselier, itinéraire d'un "Macron compatible"

FIGURE - Le président LR sortant de la région Paca a créé des remous en passant un accord dès le premier tour des régionales avec la majorité présidentielle. Coup de projecteur sur cette figure de la droite, entrée au RPR en 1987.

Son choix est tout sauf anecdotique pour la droite. À 61 ans, Renaud Muselier, président de la région Paca depuis mai 2017 et patron, depuis le 12 avril dernier, de la puissante fédération LR des Bouches-du-Rhône, a créé un nouveau séisme à droite après l'annonce par Jean Castex d'une alliance dès le premier tour des élections régionales avec la majorité présidentielle. Un séisme qui s'inscrit dans la longue série des divorces prononcés chez LR depuis 2017, dont les départs de plusieurs personnalités influentes du parti comme Valérie Pécresse et Xavier Bertrand. 

Si l'annonce de cette alliance était envisagée depuis plusieurs semaines, Renaud Muselier - qui s'est vu retirer son investiture LR et pourrait être exclu du mouvement - vient de contribuer, à son échelle, à relancer la vaste recomposition de la droite amorcée par l'élection d'Emmanuel Macron. De LaREM à RN, elle est perçue avant tout comme une "clarification" du paysage politique, avec des Républicains plus que jamais tiraillés entre les aspirations au centre-droit, largement incarnées par le macronisme, et celles de l'aile dure dont certains éléments sont convoités par le mouvement de Marine Le Pen. 

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Figure historique de la droite

La nouvelle équation est d'autant plus complexe pour le parti dirigé par Christian Jacob - dont il est proche - que Renaud Muselier, au-delà de  son champ d'influence marseillais, est l'une des figures historiques de la droite depuis une trentaine d'années. Entré au RPR en 1987, cet ancien champion de karaté fort en gueule, médecin de profession et un temps vice-président de l'OM, n'a cessé de peser au sein du parti de droite, successivement secrétaire général du RPR puis vice-président du groupe parlementaire UMP sous le quinquennat Sarkozy.

Ancien secrétaire d'État aux Affaires étrangères de Jacques Chirac (2002-2005), dont il revendiquait la filiation à son décès, Renaud Muselier a surtout construit son parcours politique dans sa ville natale, Marseille, en devenant le premier-adjoint de l'ancien maire Jean-Claude Gaudin en 1992. Un ancrage local prioritaire pour celui qui avait refusé, en mars 2008, un portefeuille au sein du gouvernement de François Fillon, pour se consacrer à la vie politique marseillaise et aider Jean-Claude Gaudin à garder la mairie. Renaud Muselier avait aussi été, un temps, pressenti pour briguer la mairie de Marseille, avant que Gaudin ne décide de briguer un quatrième et dernier mandat, coupant court à ses ambitions dans la cité phocéenne. Il a aussi porté les couleurs de la droite lors des européennes de 2014 dans le Sud-Est, avant de conduire la liste d'union de la droite aux dernières élections régionales, en 2015. C'est là qu'il trouvera une consécration locale, en succédant en mai 2017 à Christian Estrosi à la présidence de Paca.

Une ligne commune avec Christian Estrosi

Christian Estrosi, dont il partage au moins deux choix. Celui, tout d'abord, d'avoir choisi la fidélité à Nicolas Sarkozy en soutenant ce dernier lors de la primaire LR en 2016. Celui, ensuite, d'avoir choisi une voix médiane entre ceux qui avaient décidé de quitter le parti, voire de s'allier à la majorité macroniste après l'élection de Laurent Wauquiez, et ceux qui avaient décidé d'y rester coûte que coûte, quitte à en durcir la ligne. 

Comme le maire de Nice, Renaud Muselier s'est inscrit depuis 2017 dans une forme d'opposition modérée à l'exécutif, durcissant le ton par moments à l'égard du gouvernement, comme lors des tensions avec les autorités politiques marseillaises autour de la gestion de la crise sanitaire. En janvier dernier, au début de la campagne de vaccination, le président de Paca avait ainsi ciblé le ministre de la Santé Olivier Véran, l'accusant de s'être "bunkerisé", tout en ménageant ostensiblement le Premier ministre, Jean Castex, auquel il accordait "toute sa confiance". 

"Personne ne peut douter de ma loyauté envers ma famille politique", a lancé Renaud Muselier, au côté, justement, de Christian Estrosi, lors d'une conférence de presse organisée ce 3 mai 2021. Sa "famille politique" ? Elle est manifestement plus large que le seul parti LR aux yeux de celui qui assure aujourd'hui vouloir "mener campagne avec l'esprit du rassemblement le plus large possible". "Le gaullisme, c'est le dépassement des clivages au nom de l'intérêt du pays. J'en  applique les principes à notre région", a-t-il plaidé. 

Si le choix de Renaud Muselier provoque un tel séisme à droite, c'est précisément parce qu'il pourrait préfigurer un rapprochement, ardemment souhaité par la majorité macroniste, à l'approche de l'élection présidentielle. Un rapprochement qui acterait une rupture entre les deux tendances "irréconciliables" - selon les propos de Bruno Le Maire entre les deux droites.

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