Élections régionales : qui sont les ministres en lice pour porter les couleurs de LaREM ?

Laurent Pietraszewski, le nouveau secrétaire d'Etat chargé des retraites

SUFFRAGE - La majorité présidentielle peaufine la liste des chefs de file des élections régionales prévues en juin. À l'arrivée, peu de ministres ou de grandes figures macronistes pour monter au front.

Des chefs de file un peu partout, mais peu de grandes figures. La majorité présidentielle aborde les élections régionales, reportées en juin 2021 par un vote des députés mardi, avec une certaine sobriété. Si Emmanuel Macron a bien incité ses ministres à s'engager dans ce nouvel exercice démocratique, comme il l'avait fait pour les élections régionales, ils seront vraisemblablement peu nombreux à se présenter sur la ligne de départ. 

Attendu en Île-de-France, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer a ouvert le bal, en écartant officiellement, le 25 janvier sur LCI, l'hypothèse de conduire la bataille contre la présidente LR sortante Valérie Pécresse. "Un travail collectif a eu lieu dans la majorité pour les régionales, c'est probablement sans moi que ça a vocation à se passer. C'est très probable que je ne sois pas candidat", a-t-il expliqué, se disant "accaparé par la crise sanitaire" et les réformes à venir qui ne lui laissent "pas le temps pour les processus électoraux"

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Jean-Michel Blanquer, invité du grand entretien

C'est le député Laurent Saint-Martin, rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale, qui se chargera de porter la majorité présidentielle face à la présidente sortante Valérie Pécresse - sachant que les chefs de files désignés ne seront pas automatiquement les têtes de liste à l'arrivée. 

Le Drian et Castaner n'iront pas

Son nom circulait pour retourner dans son bastion de Bretagne : Jean-Yves Le Drian, a également écarté, une fois pour toutes, ce scénario imaginé par certains. "J'ai annoncé il y a deux ou trois ans que pour moi le temps des élections était révolu", a expliqué le ministre des Affaires étrangères, le 24 janvier sur France Inter. "Ça ne veut pas dire pour moi que c'est la fin de mon histoire avec la Bretagne. Mais il y a un temps pour tout. Il faut passer la main." La majorité s'est donc trouvée un autre chef de file en la personne de Thierry Burlot, vice-président du conseil régional breton. 

En région Paca, le nom de Christophe Castaner, déjà candidat en 2015 sous l'étiquette socialiste, avait été avancé, mais le patron de la majorité à l'Assemblée nationale a écarté cette hypothèse le 14 février. Plusieurs noms ont été avancés, dont celui de la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. Mais selon Christophe Castaner, la majorité LaREM pourrait finalement opter pour un soutien au président LR sortant Renaud Muselier. "Je tends la main à Renaud Muselier pour qu'ensemble, on se batte pour la région et contre le même adversaire. Il sait ce que je pense, je ne sais pas ce qu'il veut. Maintenant, il faut aller vite", a-t-il fait savoir au Parisien. L'actuel président de région a toutefois écarté tout accord d'appareil, du moins au premier tour. En l'état, c'est donc la secrétaire d'Etat Sophie Cluzel qui est cheffe de file LaREM en Paca. 

Une poignée de ministres

Outre Sophie Cluzel, d'autres membres du gouvernement figurent en première ligne. Parmi eux : le secrétaire d'État aux Retraites Laurent Pietraszewski, officialisé tête de liste pour les Hauts-de-France ce lundi 8 mars et, dans le Grand Est, le tandem formé par la secrétaire d'État Bérengère Abba et la ministre déléguée Brigitte Klinkert.

En outre, la ministre déléguée aux Anciens combattants Geneviève Darrieusecq (Modem) sera cheffe de file en Nouvelle-Aquitaine. Idem pour le ministre des Relations avec le Parlement, Marc Fesneau (Modem), chef de file pour les deux formations politiques dans le Centre-Val-de-Loire. 

Les autres animateurs de la bataille des régionales ne sont pas à trouver au sein de l'exécutif, mais bien dans la majorité ou ses alliés, qu'il s'agisse de François de Rugy, tête de liste dans les Pays de la Loire, de Bruno Bonnell en Auvergne-Rhône-Alpes, de l'ex-ministre Stéphane Travert en Normandie, de Denis Thuriot - maire de Nevers - en Bourgogne-Franche-Comté et de Jean-René Cazeneuve en Occitanie. 

Éviter l'écueil des municipales

Le mouvement présidentiel a bien en tête l'expérience douloureuse des municipales. Lors de ce scrutin interrompu par la crise sanitaire, plusieurs ministres avaient mis leur nom en jeu, en tête de liste ou non, avec plus ou moins de succès. Surtout, la majorité LaREM, envoyée au front par Emmanuel Macron, avait globalement essuyé un échec lors de ce scrutin. 

Le même scénario doit-il se reproduire en juin prochain ? "Malheureusement, on a un parti qui ne fait pas de politique", déplore auprès de LCI un parlementaire LaREM, qui fait déjà "le constat qu’on va subir le même échec qu’aux municipales". Il tempère toutefois : "On peut quand même espérer, avec du boulot, être en position favorable dans quatre régions, Bretagne, Centre-Val-de-Loire, Pays-de-Loire et Nouvelle-Aquitaine."

"Les régionales peuvent ne pas être si mauvaises que ça- Un conseiller au sein du gouvernement

"Les régionales peuvent ne pas être si mauvaises que ça", veut également croire un conseiller au sein du gouvernement, qui pense que ces élections seront une occasion de décliner le plan de relance gouvernemental. "C'est un scrutin qui nous est plutôt favorable. Les régions sont des collectivités d'investissement, de planification. C'est une collectivité qui peut agir sur la relance." Selon cette source, la majorité "n'a qu'un seul mot d'ordre, c'est de partir partout uni". "Nous allons nationaliser le scrutin. Les sortants, eux, vont essayer de 'présidentialiser' leurs élections. Ils jouent gros."

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Malgré tout, la majorité a bien conscience qu'elle pourrait ne remporter aucune région en juin prochain, coincée entre des présidents sortants bien implantés et un Rassemblement national qui pourrait, dans certaines régions, la contraindre à retirer ses candidats au second tour au nom du désistement républicain. Un risque qui n'aura pas échappé aux ministres. Pas plus qu'au sommet de l'exécutif, qui devrait ainsi gérer un nouvel échec électoral à seulement dix mois de la présidentielle. 

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