Elysée : Claude Guéant et le "scandale" des archives disparues

Elysée : Claude Guéant et le "scandale" des archives disparues

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MYSTERE - Jean-Vincent Placé dénonce dimanche un "scandale d'Etat" et demande une commission d'enquête parlementaire : introuvables aux Archives nationales comme dans les caves de l'Elysée, les documents de Claude Guéant, que voudrait consulter un juge, semblent s'être volatilisés.

Il est d'usage lorsqu'un collaborateur du président de la République quitte ses fonctions qu'il reverse l'ensemble de ses documents de travail aux Archives nationales. Or, dans le cas de Claude Guéant, proche s'il en fut de Nicolas Sarkozy pendant quatre ans à l'Elysée, cela n'aurait pas été fait. Plus troublant, au "Château" aussi, ces notes qui intéressent un magistrat du Pôle financier restent introuvables, a révélé samedi le site du Monde . Une information qui fait bondir Jean-Vincent Placé. C'est "une première dans l'histoire de la République", "un scandale d'Etat", s'est exclamé dimanche lors du Forum Radio J le patron des sénateurs écologistes. "Il faudrait voir dans quelle mesure nous pourrions avoir une commission d'enquête parlementaire sur le sujet", a-t-il poursuivi.

Des consignes avaient été données

La découverte de cette disparition remonte au mois de mai. Sollicité par le juge Roger Le Loire, qui enquête sur la fusion des Caisses d'épargne et des Banques populaires en 2009, et voulait à ce titre consulter les archives de M. Guéant à l'époque secrétaire général de l'Elysée, l'actuel occupant du poste, Pierre-René Lemas, a répondu : "Le fonds d'archives papier de M. Claude Guéant n'a pas été reversé aux Archives nationales, et il n'en a pas été trouvé trace dans les locaux de la présidence de la République".

Pourtant, souligne Le Monde, en avril 2012, dans la perspective de la présidentielle, le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy avait donné une consigne aux cadres de l'Elysée à propos des données numériques : "tous les messages professionnels importants doivent être imprimés et versés dans des dossiers papier ou enregistrés dans un répertoire nommé 'Archives nationales'. Sans doute fallait-il le préciser des mails et autres échanges informatiques, mais pour les documents "papier", cela coulait de source...

L'ancien bras droit de Guéant dans le collimateur

Le fait est, a rappelé Claude Guéant, qu'il a été nommé ministre de l'Intérieur plus d'un an avant le changement de présidence. "Comme vous le savez, j'ai quitté l'Elysée à la fin de février 2011. Je ne me suis donc pas trouvé en situation de gérer le suivi des archives de la présidence après l'élection" a-t-il simplement déclaré au Monde. Et d'ajouter : "je crois me souvenir qu'il y a de toute façon un archiviste à l'Elysée".

Si la disparition de ses archives ne manque pas d'intriguer, M. Guéant n'est, dans cette affaire, a priori pas particulièrement dans la tourmente. C'est son ancien bras droit, François Pérol, qui est visé et a d'ailleurs été mis en examen le 6 février pour "prise illégale d'intérêts". Le juge Le Loire soupçonne l'ex-secrétaire général adjoint de l'Elysée d'avoir participé aux négociations menant à la fusion de deux réseaux bancaires au sein d'un groupe, dont Nicolas Sarkozy lui avait confié la direction dans la foulée.

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