Ils débattent ce soir sur France 2 : quels enjeux pour Jean-Luc Mélenchon et Edouard Philippe ?

Ils débattent ce soir sur France 2 : quels enjeux pour Jean-Luc Mélenchon et Edouard Philippe ?

Politique
CONFRONTATION - Le Premier ministre Edouard Philippe, invité de "L'Emission politique" sur France 2 ce jeudi soir, débattra avec Jean-Luc Mélenchon au cours de sa prestation. Le choix du leader de La France insoumise a été critiqué par le PS, qui y voit la volonté d'installer une seule opposition durant le quinquennat. Quels sont les enjeux pour les deux responsables politiques ? LCI fait le point.

C'est le grand débat télévisé de la rentrée. Pour son premier numéro de la saison, "L'Emission politique" (France 2) aura pour invité ce soir le Premier ministre Edouard Philippe, avec une longue prestation de deux heures au milieu de laquelle l'invité affrontera le patron de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. 


Un duel inédit et surtout insolite en vue entre le flegmatique chef du gouvernement et le député sanguin de la gauche radicale, quatrième homme de l'élection présidentielle, qui n'ont en commun que d'avoir partagé un bureau au Sénat il y a 24 ans lorsque le premier préparait l'ENA

En pleine contestation sociale contre les premières réformes du gouvernement - après les routiers, les retraités ont aussi mené une journée d'action ce jeudi -, l'enjeu est particulièrement important pour un Premier ministre souvent accusé d'être trop en retrait. Mais cette rencontre n'est pas non plus anodine pour Jean-Luc Mélenchon, sous le feu des critiques ces derniers jours, notamment pour des propos tenus lors de son rassemblement du 23 septembre. 

Riposter en plein mouvement social

Edouard Philippe, dont l'entourage explique à Europe 1 que le débat "peut être casse-gueule face à un démagogue quand on est aux responsabilités", a une mission claire : expliquer aux Français les choix, pour certains impopulaires, de l'exécutif sur la réforme du Code du travail, le projet de budget pour 2018, accusé de favoriser les plus riches, ou encore le financement de la Sécurité sociale qui prévoit notamment la hausse du coût d'un séjour hospitalier. 


Un exercice périlleux que le Premier ministre a préparé bien en amont, connaissant les qualités de débatteur de Jean-Luc Mélenchon. 

Se faire connaître des Français

"L'Emission politique", et tout particulièrement le débat, qui sera organisé à 22 heures, sera également l'occasion, pour Edouard Philippe, de se faire connaître des téléspectateurs. Eclipsé par la présence médiatique d'Emmanuel Macron, le chef du gouvernement cumule en effet un déficit de notoriété et une baisse de popularité dans les sondages


"Beaucoup de gens vont découvrir non pas qui est Jean-Luc Mélenchon, mais qui est Edouard Philippe", s'amuse Alexis Corbière, le lieutenant du leader de La France insoumise, sollicité par LCI. Pour Emmanuel Macron, ce gain de notoriété d'Edouard Philippe doit également permettre "de mettre un terme au débat sur l'hyperprésidence", a confié une source à l'Elysée au Parisien

Pour Mélenchon, s'adjuger le rôle de "premier opposant"

Si le test de jeudi soir est avant tout celui d'Edouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon, qui a lui aussi préparé activement son intervention, a un intérêt particulier à participer au débat. Le député LFI, qui a pris la tête de la contestation politique de la réforme du Code du travail, a essuyé ces derniers jours des critiques virulentes de tous les bords politiques après ses propos polémiques lors du rassemblement du 23 septembre. 

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Il aura notamment à coeur de proposer, face à Edouard Philippe, un moment de "cohérence contre cohérence", estime Alexis Corbière, qui ne souhaitait pas dévoiler à LCI le contenu des interpellations qu'adressera le leader des Insoumis. "Jean-Luc Mélenchon est un amoureux du débat", poursuit Alexis Corbière. "Il est en désaccord total avec Edouard Philippe, mais il n'a pas de compte à régler avec lui." Pour son lieutenant, l'ex-candidat à la présidentielle apparaîtra comme "le premier de cordée de l'opposition populaire" au gouvernement. 


Un statut de chef de l'opposition autoproclamé qui irrite d'ailleurs au plus haut point ses adversaires socialistes. Dans un communiqué, le PS a ainsi dénoncé le choix de France 2 "qui participe à installer l'idée qu'il n'y aurait qu'une seule opposition dans le pays", y voyant "le petit jeu d'une majorité qui choisit son opposition et d'une opposition qui se rêve unique et solitaire". "C'est assez piquant", répond Alexis Corbière, "d'imaginer, pour débattre face à Edouard Philippe, quelqu'un qui n'a pas voté contre la confiance au gouvernement". 

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Jean-Luc Mélenchon, l'"insoumis"

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