Macron au chevet du Mont-Blanc, menacé par la surfréquentation et les incivilités

JT 20H - Les alpinistes amateurs n'ont jamais été aussi nombreux à se bousculer pour gravir le Mont-Blanc. En 2018, ils étaient 25 000. Dans le mépris total de l'environnement, certains jettent sur place leurs poubelles ou leurs emballages.
Politique

ÉCOSYSTÈME - Emmanuel Macron se rend ce mercredi dans le massif du Mont-Blanc, où il doit annoncer des mesures de protection du plus haut sommet d'Europe, menacé par la surfréquentation et les incivilités des visiteurs.

"Sanctionner sévèrement tous les hurluberlus" et "restaurer la paix au Mont-Blanc". Voici ce que demandait au président de la République le maire de Saint-Gervais Jean-Marc Peillex le 1er septembre dernier, dans une "lettre ouverte d'un gilet blanc au Président Macron". En lui rendant visite ce mercredi 12 février, Emmanuel Macron devrait l'aider à préserver le plus haut sommet d'Europe, menacé par la surfréquentation - 20.000 personnes tentent l'ascension chaque année - et les incivilités.

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"Monsieur le Président, s’occuper des forêts en Amazonie, c’est très bien. Ignorer ce qui se passe sur le Mont-Blanc et laisser perdurer l’irrespect, ce n’est pas tolérable", avait écrit l'édile au chef de l'Etat. "Cette situation n’a que trop duré ! Il vous appartient donc de choisir ce que vous voulez laisser aux générations futures et faire de ce sommet mythique français et européen, sachant que seules deux alternatives existent. La première, le consacrer comme parc d’attraction national où chacun pourra admirer des otaries jonglant avec des ballons ou y tirer de beaux feux d’artifices et dans ces cas il vous suffira de procéder au déclassement de ce site classé, la seconde faire écrire et voter sans délai la réglementation qui permette dès 2020 de sanctionner sévèrement tous les hurluberlus qui y contreviendraient et restaurer ainsi la paix au Mont-Blanc."

Un arrêté préfectoral pour renforcer les règles sur la fréquentation

Emmanuel Macron devrait lui donner raison et annoncer la protection du Mont-Blanc par l’entrée en vigueur d’un arrêté préfectoral qui renforcera les règles sur la fréquentation, notamment l’été. Le Parisien indique que des contraventions de quatrième classe (135 euros) pourraient être dressées dans certains cas : dépôt de matériaux, regroupements trop importants ou non-respect de certaines consignes. Une première mesure avait été prise en 2019, quand les autorités avaient décidé de rendre obligatoire la réservation en refuge, notamment pour lutter contre les bivouacs sauvages, interdits.

"Cette protection est compatible avec une fréquentation et avec une activité touristique mais elle doit être raisonnée", a d'ores et déjà annoncé le président de la République. "Si le Mont-Blanc n’est plus le Mont-Blanc, alors ce sera fini, plus personne ne viendra. Nous devons donc réguler, mettre des interdits et utiliser nos pouvoirs de police environnementale pour former et réprimer si nécessaire."

Parmi les comportements inappropriés régulièrement constatés, citons : l'atterrissage d’un avion de tourisme non loin du sommet pour que deux alpinistes Suisses n’aient plus qu’à gravir les derniers mètres, un Britannique qui avait monté un rameur mais n'a pas réussi à le redescendre, ou encore des Lettons qui avaient tenté de monter un mât de 10 mètres pour y faire flotter leur drapeau.

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