Emmanuel Macron de retour en Corse : qu'a-t-il déjà promis aux élus de l'île de Beauté ?

Politique
DEPLACEMENT - Le chef de l'Etat est attendu en Corse, jeudi 4 avril. Les deux leaders politiques, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, ont annoncé qu'ils boycotteraient la visite. Il y a plus d'un an, Emmanuel Macron avait pourtant fait un pas dans leur direction : de quoi parle-t-on ?

Une opération "île morte" et des élus absents en guise de pot d'accueil. Plus d'un an après son premier déplacement officiel en Corse, Emmanuel Macron risque d'être reçu froidement, ce jeudi sur l'île de Beauté. Les deux principaux leaders, l'autonomiste Gilles Simeoni et l'indépendantiste Jean-Guy Talamoni, ont affirmé ce mardi qu'ils boycotteraient la visite présidentielle, accusant Emmanuel Macron de n'avoir pas entendu leurs revendications, s'agissant notamment de l'évolution institutionnelle de l'île. 


En février 2018, pourtant, le président de la République avait pris plusieurs engagements en faveur de la Corse, tout en rejetant une série de revendications portées par les élus corses. Il est revenu sur ces prises de position mardi matin dans une interview accordée à Corse Matin

Ce qu'il n'a pas promis aux élus corses

Lors de son premier déplacement, Emmanuel Macron avait fortement déçu les chefs de l'exécutif local en rejetant plusieurs de leurs revendications. Parmi les principales figurait le principe d'une "co-officialité" de la langue corse, vieille revendication nationaliste. Le président de la République avait réaffirmé qu'il n'y a "qu'une langue officielle dans la République", le français. En revanche, il s'est engagé à renforcer l'enseignement de la langue corse au lycée et à l'université, avec notamment la création d'une agrégation dédiée. 


Autre mesure symbolique : le statut de résident, que les élus nationalistes souhaitent mettre en place, et qui consisterait à réserver l'acquisition d'un bien immobilier à ceux qui habitent depuis au moins cinq ans sur l'île. Emmanuel Macron avait estimé une telle mesure inefficace, préférant s'engager à faciliter la construction de logements en assouplissement les règles d'urbanisme - une autre revendication des élus. 

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Ce qu'il a promis, mais qui est jugé insuffisant

La promesse la plus symbolique faite par Emmanuel Macron est celle d'inscrire la spécificité Corse dans la Constitution, là encore une vieille revendication nationaliste. "Elle est toujours d'actualité", a-t-il confirmé le 2 avril dans les colonnes de Corse Matin. Dans le cadre de la révision constitutionnelle, un projet d'article a été "débattu" par le gouvernement et les élus corses, et pourrait voir le jour, sous réserve que le Sénat lui apporte son soutien. 


L'avancée est toutefois jugée trop timide par les élus nationalistes, qui souhaitent que la Constitution donne à la Corse le pouvoir de légiférer et ainsi, selon les mots de Gilles Simeoni, de "co-construire" l'autonomie politique de l'île. A l'inverse, la proposition du chef de l'Etat a été accueillie plutôt froidement au sein de l'opposition de droite, inquiète qu'une telle dérogation constitutionnelle n'ouvre la boîte de Pandore. 


Le projet actuel, selon Emmanuel Macron, permettra de déboucher sur "une loi organique" qui permettra "d'adapter les réglementations dans les domaines de compétence de la Collectivité de Corse". Une réponse à un engagement pris à Furiani en avril 2017, durant sa campagne présidentielle. Mais qui ne répond pas au désir d'autonomie des élus corses. 

Une série d'engagements économiques

Depuis son premier déplacement en Corse, Emmanuel Macron a surtout pris une série d'engagements touchant au développement du territoire. La loi de finances pour 2019 a instauré une "zone de développement prioritaire" avec des incitations fiscales pour aider à la création d'entreprises. 


Le gouvernement a en outre apporté un soutien financier complémentaire en termes de formation, pour le déploiement du numérique sur l'ensemble du territoire ou encore pour plusieurs opérations de rénovation urbaine à Bastia, Ajaccio et Bonifacio. 

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