Macron en Allemagne : en quoi va consister le plan de relance de l’Union européenne ?

Macron en Allemagne : en quoi va consister le plan de relance de l’Union européenne ?
Politique

RENCONTRE FRANCO-ALLEMANDE – Le président de la République se rend ce lundi en Allemagne pour y rencontrer la chancelière Angela Merkel. Au menu de leurs discussions : le plan de relance de l’Union européenne.

C’est leur première rencontre depuis la crise sanitaire liée au coronavirus. Le chef de l’Etat Emmanuel Macron se rend ce lundi en Allemagne, près de Berlin, pour s’entretenir avec la chancelière Angela Merkel, deux jours avant le début de la présidence de l’Union européenne (UE) pour l’Allemagne. Les deux dirigeants échangeront notamment sur le plan de relance européen. En quoi consiste-t-il ?

En mai, Emmanuel Macron et Angela Merkel s’étaient entendus pour proposer un plan de relance de 500 milliards d’euros afin d’aider l’UE à surmonter la crise historique engendrée par la pandémie de coronavirus, via un mécanisme inédit de mutualisation de la dette européenne. Ce plan sera de nouveau au menu d’un sommet européen les 17 et 18 juillet à Bruxelles. La Commission européenne a de son côté proposé un plan de 750 milliards d’euros.

Mais plusieurs pays du Nord s’interrogent sur le montant proposé par Bruxelles jugé trop élevé : les "quatre frugaux", les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et l’Autriche, mais aussi l’Allemagne. Le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz a clairement dit que 500 milliards suffisaient.

Un emprunt inédit, un remboursement sur 30 ans

Un emprunt sur les marchés de 750 milliards d’euros serait inédit : jamais la Commission européenne n’a levé une telle somme au nom des 27. Grâce à sa bonne image auprès des investisseurs, mis en confiance par l’orthodoxie budgétaire de pays comme l’Allemagne ou les Pays-Bas, Bruxelles bénéficie de taux d’intérêt peu élevés.

Une aubaine pour les pays du Sud comme l’Italie dont la dette publique explose. Cette mini-révolution a été rendue possible grâce à la volte-face de Berlin qui, face à l’ampleur de la crise, a accepté, aux côtés de Paris, l’idée d’une mutualisation de dettes entre Etats membres. Dans la proposition de Bruxelles, le paiement des intérêts commencerait dès 2021, mais le remboursement des sommes empruntées n’aurait lieu qu’à partir de 2028 et s’étalerait jusqu’en 2058. De son côté, Berlin plaide pour qu’il commence dès 2027.

Comment procéder au remboursement ?

Pour rembourser ce grand emprunt, deux solutions : soit demander aux 27 de l’UE d’augmenter leur contribution au budget européen, soit trouver de nouvelles ressources. Bruxelles plaide pour la deuxième option en créant de nouvelles taxes. Un argument de poids pour tous les pays qui payent davantage qu’ils ne reçoivent des caisses européennes, et notamment pour les "quatre frugaux" qui refusent d’augmenter leur écot.

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Parmi les impôts proposés par la Commission, un "mécanisme d’ajustement carbone aux frontières" pour faire payer les biens importés dont le processus de fabrication est très polluant, un impôt sur les activités des grandes entreprises, voire une taxe sur les grandes sociétés du secteur du numérique. Or, difficulté notable, la création d’impôts européens exige l’unanimité des Etats membres.

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Plan de relance de la Commission européenne : 750 milliards d'euros pour quoi faire ?

Quels pays seraient les plus bénéficiaires ?

Dans le plan présenté par Bruxelles, l’Italie et l’Espagne pourraient se tailler la part du lion avec plus de 172 et 140 milliards d’euros respectivement (répartis entre subventions et prêts). Très endeuillés par la pandémie de coronavirus, ces pays ont des économies dépendant largement du tourisme, mises à mal par les mesures du confinement.

Les quatre pays d’Europe centrale, dits du groupe de Visegrad (Pologne, République Tchèque, Hongrie et Slovaquie) ont récemment appelé à une répartition "équitable" du plan. Si la Pologne est, selon le projet de la Commission, le troisième bénéficiaire avec 63,838 milliards d’euros, ses voisins sont bien moins lotis et craignent d’être sacrifiés au profit du Sud.

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Bruxelles propose que les pays bénéficiaires d’une aide présentent un plan d’investissement et de réformes, compatibles avec les priorités de l’UE, à savoir la transition écologique et numérique ainsi qu’une économie plus résistante. Les pays du Nord, comme les Pays-Bas, insistent sur l’importance de réformes qui permettraient d’assainir les finances publiques. Mais de leur côté, les pays du Sud, comme l’Italie, rejettent toute l’idée d’un contrôle trop sévère de leur politique qui reviendrait à une mise sous tutelle, comme l’avait vécu la Grèce au moment de la crise de la zone euro.

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