"Scandale environnemental", santé, fiscalité : les annonces d'Emmanuel Macron en Martinique

Politique
OUTRE-MER - Ce jeudi, Emmanuel Macron a entamé une visite de quatre jours dans les Antilles françaises. Un déplacement perturbé par la tempête tropicale Kirk, mais le président de la République a tout de même pu faire quelques annonces.

Il s'agit de son quatrième déplacement outre-mer et il est venu avec des annonces dans ses valises. Emmanuel Macron est actuellement dans les Antilles françaises, où de la Martinique, il partira pour la Guadeloupe, puis Saint Martin et Saint Barthélemy. Accompagné de cinq ministres : Agnès Buzyn pour la Santé, Annick Girardin pour les Outre-Mer, François de Rugy et Sébastien Lecornu pour  la Transition Ecologique et Solidaire et Jacques Mézard pour la Cohésion des Territoires. 


Dans ses valises, le chef de l'Etat est arrivé avec des annonces sur la santé, l'abattement fiscal, ainsi que sur le chlordécone, cet insecticide ayant contaminé "90% de la population adulte", selon l'agence Santé Publique France. Et plus spécifiquement, sur la santé. 

Le plafond de l'abattement fiscal va diminuer

"L'abattement fiscal en vigueur continuera d'exister dans les territoires d'Outre-mer", mais le gouvernement va "un peu diminuer le plafond". Dans les faits, cette réforme devrait toucher les "4% des plus riches" et "70 millions d'euros vont être intégralement et en toute transparence réinvestis dans les projets en Outre-mer", a annoncé le président. 


Cet abattement fiscal permettait aux contribuables ultra-marins de réduire leur impôt sur le revenu, selon les territoires, de 30% à 40% dans la limite de 5.100 euros à 6.700 euros. Il n'est pas supprimé mais son plafond sera modifié et réduit à une limite entre 2.300 euros et 3.900 euros. Sur ce point, Annick Girardin, ministre des Outre-Mer, a précisé que "96% des foyers" ne seraient pas impactés par cette réforme. 

Le chlordécone, un "scandale environnemental"

Temps fort de cette visite, la question de la pollution au chlordécone a été abordée. Le produit a été interdit dès 1977 aux Etats-Unis, mais utilisé jusqu'en 1993 aux Antilles par les producteurs de bananes pour lutter contre le charançon du bananier. Depuis, il est toujours présent dans les sols où il peut persister environ 600 ans et se retrouver dans certaines denrées végétale ou animale et certains captages d'eau. 


Selon l'agence Santé publique France, "plus de 90% de la population adulte" en Guadeloupe et Martinique est contaminée par le chlordécone. Le produit est soupçonné d'être  de l'explosion des cancers de la prostate aux Antilles. Selon André Cicoletta, président du Réseau Environnement Santé, "les Antilles sont champions du monde des cancers de la prostate", avec 227 cas pour 100.000 en Martinique et 184 en Guadeloupe, des taux deux fois plus élevés qu'en métropole. 


Sensibilisé au sujet, Emmanuel Macron vient d'annoncer que l'exposition à ce pesticide ultra-toxique dans les Antilles, serait reconnue comme maladie professionnelle. "La pollution au chlordécone est un scandale environnemental (...) L’Etat doit prendre sa part de responsabilité", a estimé le président de la République. "La procédure d'ouverture du registre des maladies professionnelles sera engagée par le gouvernement des le 2 octobre pour le régime général (de la Sécurité sociale) et le 9 octobre pour le régime agricole", a-t-il dit. 

Le secteur de la santé

Autre point important de cette visite, le secteur de la santé. Le président a annoncé des investissements conséquents, sur l'hôpital. Accompagné de la ministre des Solidarités et de la santé Agnès Buzyn, le chef de l'Etat a expliqué les mesures qu'il comptait mettre en place concernant l'hôpital public, "qui a connu de grandes difficultés". 

 

"Nous allons réinvestir massivement pour que l'hôpital retrouve ses capacités pour soigner les habitants dans des conditions normales", a insisté Emmanuel Macron. Il a annoncé un chiffre de 40 millions d'euros. "J'attends aussi que nous construisions une vraie stratégie d'excellence entre la Guadeloupe et la Martinique pour faire une vraie excellence sanitaire pour nos concitoyens", a exigé le président. 


Le président de la République a annoncé également le soutien de l'État aux filières du tourisme, de la silver économie, du numérique et dans l'agriculture. "Des filières sur lesquels nous souhaitons investir massivement". Il poursuivra son déplacement, ce vendredi en Guadeloupe, en abordant notamment l'alimentation difficile en eau potable et les algues sargasses.

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