Dans une interview très offensive, Emmanuel Macron épingle l’Otan, l’UE et la règle des 3%

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PUNCHLINES – Dans un entretien publié ce jeudi, le président français Emmanuel Macron dénonce "la mort cérébrale de l'Otan". Entre autres.

Deux magazines, deux ambiances. Après l’immigration dans Valeurs actuelles, Emmanuel Macron a accordé un entretien à The Economist, à paraître vendredi mais dont de larges extraits sont diffusés ce jeudi, dans lequel il s’exprime sur plusieurs points chauds de l’actualité internationale, portant un regard particulièrement critique sur l’Otan et l’Union européenne.

"Ce qu'on est en train de vivre, c'est la mort cérébrale de l'Otan", a en effet déclaré le chef de l’État français. Développant ensuite ainsi son point de vue : "Vous n'avez aucune coordination de la décision stratégique des États-Unis avec les partenaires de l’Otan et nous assistons à une agression menée par un autre partenaire de l'Otan, la Turquie, dans une zone où nos intérêts sont en jeu, sans coordination."

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Immigration, intégration, voile : ce qu'il faut retenir de l'interview d'Emmanuel Macron à Valeurs Actuelles

Le Président s'interroge en particulier sur l'avenir de l'Article 5 du traité atlantique, qui prévoit une solidarité militaire entre membres de l'Alliance si l'un d'entre eux est attaqué. "C’est quoi l’Article 5 demain ? Si le régime de Bachar al-Assad décide de répliquer à la Turquie, est-ce que nous allons nous engager ? C’est une vraie question", pointe-t-il.

"Nous nous sommes engagés pour lutter contre Daech. Le paradoxe, c'est que la décision américaine (de retrait du nord de la Syrie, ndlr) et l'offensive turque dans les deux cas ont un même résultat : le sacrifice de nos partenaires sur le terrain qui se sont battus contre Daech, les Forces démocratiques syriennes (FDS). L’Otan en tant que système ne régule pas ses membres. Et à partir du moment où un membre sent qu’il a le droit de suivre son chemin, qui est donné par les Etats-Unis d’Amérique, il le fait. Et c’est ce qui s’est passé", regrette encore Emmanuel Macron.

L'Europe a oublié qu'elle était une communauté, en se pensant progressivement comme un marché.- Emmanuel Macron

Réitérant son souhait de voir l’Europe se doter d’une autonomie sur le plan militaire, il prône, au passage, la nécessité de "rouvrir un dialogue stratégique, sans naïveté aucune et qui prendra du temps, avec la Russie". Le chef de l'Etat en profite pour pointer trois grands risques pour l’Union européenne : qu'elle ait "oublié qu'elle était une communauté", le "désalignement" de la politique américaine du projet européen, et l'émergence de la puissance chinoise "qui marginalise l'Europe."

Ces derniers points lui ont fait dire : "Il y a aujourd’hui une série de phénomènes qui nous mettent dans une situation de bord du précipice." Puis : "L'Europe a oublié qu'elle était une communauté, en se pensant progressivement comme un marché." Désormais, Emmanuel Macron considère même qu’il faudrait revenir sur la contrainte du maintien du déficit public des pays de la zone sous la barre des 3% du PIB. Qu’il qualifie carrément de "débat d'un autre siècle".

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