Macron facilite l'accès aux archives classifiées, dont celles sur la guerre d'Algérie

Macron facilite l'accès aux archives classifiées, dont celles sur la guerre d'Algérie

RECHERCHE - Emmanuel Macron a décidé de rendre accessibles les archives classifiées de plus de 50 ans, dont celles sur la guerre d'Algérie.

Il s'agissait d'une préconisation de l'historien Benjamin Stora. L'Élysée a indiqué ce mardi 9 mars que le chef de l'État a "pris la décision de permettre aux services d’archives de procéder dès demain aux déclassifications des documents couverts par le secret de la Défense nationale (...) jusqu’aux dossiers de l’année 1970 incluse". "Cette décision sera de nature à écourter sensiblement les délais d’attente liés à la procédure de déclassification, s’agissant notamment des documents relatifs à la guerre d’Algérie", indique le communiqué.

Ces gestes d'apaisement sont recommandés dans le rapport remis au Président le 20 janvier par Benjamin Stora dans le but de "réconcilier les mémoires" et de "regarder l'Histoire en face". La décision sur les archives "démontre que nous allons très vite", souligne l'Élysée. Mais sa portée dépasse le cadre de l'Histoire de l'Algérie et Emmanuel Macron "a entendu les demandes de la communauté universitaire" qui se plaint des difficultés d'accès aux archives classifiées de plus de 50 ans en raison de l'application scrupuleuse d'une circulaire sur la protection du secret de la défense nationale.

Ne pas "compromettre la sécurité et la défense nationales"

"Le gouvernement a engagé un travail législatif d'ajustement du point de cohérence entre le code du patrimoine et le code pénal" afin de "renforcer la communicabilité des pièces, sans compromettre la sécurité et la défense nationales", précise l'Elysée. Avec, comme objectif, de parvenir à un nouveau dispositif "avant l’été 2021".

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Tout en saluant les récentes décisions prises par le président de la République, les autorités algériennes réclament depuis des années l'ouverture des archives coloniales ainsi que le règlement de la question des "disparus" de la guerre d'indépendance, plus de 2200 personnes selon Alger, et celle des essais nucléaires français dans le Sahara algérien. Cette annonce intervient une semaine après la reconnaissance par le Président, "au nom de la France", que l'avocat et dirigeant nationaliste Ali Boumendjel avait été "torturé et assassiné" par l'armée française pendant la guerre d'Algérie en 1957.

L'Élysée a fait savoir que tous les citoyens pouvaient demander la consultation de ces archives.

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