Emmanuel Macron giflé : comment est assurée la sécurité du président de la République ?

Une question évidente vient à l'esprit après cette agression sur le président de la République. Le dispositif de sécurité autour d'Emmanuel Macron est-il suffisant et adapté ? Nous avons demandé leur avis à des spécialistes de la protection rapprochée.

PROTECTION - Le chef de l'État est entouré du GSPR, le Groupe de sécurité de la présidence de la République, composé de 77 agents, policiers et gendarmes confondus.

La mésaventure advenue à Emmanuel Macron, giflé par un homme dans la Drôme, ce mardi 8 juin, lors d'un déplacement, pose la question de sa sécurité. Celle-ci, qui évolue constamment, est assurée par le GSPR, le Groupe de sécurité de la présidence de la République.

Composé de 77 policiers et gendarmes, le GSPR, créé en 1983 par le fondateur du GIGN Christian Prouteau, est compétent pour la sécurité du chef de l'État une fois franchie la porte de l'Élysée. Il a connu un important renforcement de ses moyens humains avec "15 emplois temps plein" supplémentaires en 2017, selon le dernier rapport de la Cour des comptes. 

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Emmanuel Macron giflé lors d'un déplacement dans la Drôme

Un service composé de policiers et de gendarmes

Le GSPR est rattaché administrativement au Service de la protection (SDLP) qui dépend de la Police nationale. Il est donc placé sous la tutelle du ministère de l'Intérieur. Ses agents sont issus du service de la protection (SDLP) et de la force "sécurité protection" du GIGN, qui s'occupe de la sécurisation des ambassadeurs en France ou à l'étranger. 

Son fonctionnement est historiquement marqué par des relations conflictuelles en son sein entre policiers et gendarmes. À son arrivée en 2007, Nicolas Sarkozy avait écarté les gendarmes du GSPR avant que François Hollande, en 2012, ne les réintègre à parité (environ 30 effectifs de la police, 30 de la gendarmerie).

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Emmanuel Macron giflé : comment est assurée la sécurité du Président ?

En 2017, après le début du mandat d'Emmanuel Macron, Le Figaro rapportait les propos d'un "connaisseur" de la sécurité présidentielle. Il évoquait le travail de reconnaissance des agents qui entourent le locataire de l'Élysée. "Cette étape préparatoire, souterraine et capitale, représente 80 % du travail du GSPR. Les 20 % restants sont effectués par les fameux 'bodyguards' que le public reconnaît aux oreillettes et costumes sombres dans le sillage du président."

Bruno Pomart, ancien instructeur du RAID, confirme à LCI, dans la vidéo ci-dessus, que lorsque "le président effectue des déplacements, ils sont habituellement trois à le 'serrer' lorsqu'il va au contact". Il évoque également "des éléments dits 'précurseurs', qui partent préparer le terrain avec les forces de sécurité locales - les gendarmes mobiles ou la sécurité publique, par exemple."

Dans le même temps, le commandement militaire assure la sécurité de l'Élysée et ses annexes, grâce aux effectifs d'une unité de la Garde Républicaine : la Compagnie de sécurité de la présidence de la République (CSPR). Les gardes "peuvent intervenir à tout moment pour protéger le président ou ses hôtes, même en grande tenue de service", précise la gendarmerie nationale. Le commandement militaire est dirigé le commissaire Georges Salinas.

Un chantier de refonte du dispositif de protection a été lancé au printemps 2018 afin de regrouper le GSPR et le commandement militaire au sein d'une Direction de la sécurité de la présidence de la République (DSPR). "Cette réflexion est menée et pilotée par le général commandant le commandement militaire de l'Élysée", a précisé le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron Patrick Strzoda. 

L'environnement a changé, ce qui nous force à nous réinventer- Un délégué du syndicat Alliance au service de la protection

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Début janvier 2020, Le Parisien citait un délégué du syndicat Alliance au service de la protection. Ce dernier assurait, concernant la sécurité du chef de l'État, que "l'environnement a changé, ce qui nous force à nous réinventer". Il évoquait notamment "l'existence de mouvements disruptifs – hier, les Bonnets rouges, aujourd'hui les Gilets jaunes – très alertes sur les réseaux sociaux, d'où ces points de fixation spontanés."

Et le journal francilien de citer également un "cadre du renseignement" : "En l'espace d'un an et demi de présidence", soit avant la crise des "gilets jaunes", "les menaces contre Emmanuel Macron avaient déjà dépassé celles enregistrées pendant tout le quinquennat de François Hollande", soulignait cette source.

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