Emmanuel Macron, le mal-aimé des ouvriers

Emmanuel Macron, le mal-aimé des ouvriers

Après deux années passées au ministère de l'Economie, Emmanuel Macron a annoncé sa démission du gouvernement ce mardi. Et en deux ans, le ministre a réussi à se mettre à dos la classe ouvrière à la suite de dérapages... multiples et remarqués.

En deux ans de mandat, il est inévitable de se faire quelques ennemis. Pour Emmanuel Macron, désormais ancien ministre de l’Economie, les ouvriers ne seront peut-être pas les premiers à rejoindre son mouvement "En marche". Dès son arrivée à Bercy, le jeune homme natif d'Amiens, à l'allure de gendre idéal et au parcours sans accroc (Sciences-Po, ENA promotion Léopold Sédar Senghor, DEA de philosophie politique consacré à Hegel après un détour par Machiavel) dérape. 

Le 17 septembre 2014, il déclare au micro d’Europe 1 que "beaucoup" d'ouvrières réduites au chômage par la fermeture des abattoirs bretons Gad étaient "illettrées". Des propos qui provoquent la colère des employés de Gad et des ouvriers français. Dans une tribune publiée dans l’Obs, un délégué syndical de l'usine Gad s'est dit "blessé" par ses propos. "Ils (les employés, ndlr) sont tous choqués et peinés par ce qu’on a pu dire sur eux", écrivait-il.

Il s’excusera quelques jours plus tard pour ses propos, avant de se rendre en personne à l’usine pour faire son mea culpa devant une centaine d’anciens salariés. Mais certains salariés ne semblent pas enclins à passer l’éponge. L’un d’entre eux lui avait même offert un paquet de pâtes en forme d’alphabet, jugeant ses propos "inadmissibles". "C'est pas maintenant qu'il fallait venir, mais quand on était tous présents devant l'usine pour protester contre sa fermeture."

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La loi Macron attise les tensions

Pendant deux ans, Emmanuel Macron n'a qu'un seul credo : faire bouger les lignes dans la société française, pour "déverrouiller" l'économie et le marché du travail. Il traduit cette ambition dans sa loi "pour l'activité, la croissance et l'égalité des chances économiques", un texte fourre-tout qui va de l'extension du travail du dimanche à la libéralisation du transport en autocars. Un texte décrié par une majorité de la gauche et qui provoque une levée de boucliers de la part, entre autres, de la classe ouvrière.

Alors, Emmanuel Macron devient rapidement un habitué des sifflets et des huées. En visite à la Bourse du Travail de Lyon en octobre 2015, soit deux mois après la promulgation de la loi Macron, le ministre essuie les sifflets de plusieurs centaines de syndicalistes. Ces derniers avaient appelé à se rassembler contre la venue du ministre qu'ils qualifient d'"une provocation pure et simple". "L’histoire des Bourses du travail est un élément fondateur de la résistance ouvrière" estiment-ils. Pour n'en citer qu'un autre, le ministre avait été hué par des centaines de syndicalistes en août 2016 dans l’Aveyron et le Lot à l’occasion d’un déplacement consacré à l’emploi industriel en zone rurale. 

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Macron hué par les salariés EDF de la centrale nucléaire de Civaux

L’ultime provocation viendra lors d’un déplacement à Lunel en mai 2016. Alors que deux hommes l’interpellent sur la loi travail, l’ancien ministre se défend d’avoir des leçons à recevoir. "Vous n’allez pas me faire peur avec votre tee-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler", lance-t-il en réponse à deux militants CGT. Plusieurs leaders syndicaux, dont Philippe Martinez s’étaient indignés, dénonçant des "propos insultants". Une petite phrase qui n’est pas sans rappeler la polémique autour des "illettrées" de Gad. 

L'Elysée a confirmé mardi peu après 17h la démission du ministre, dont les attributions reviendront à Michel Sapin, jusqu'alors ministre des Finances.  "Je souhaite aujourd'hui entamer une nouvelle étape de mon combat, et construire un projet qui serve uniquement l'intérêt général", a déclaré Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse à Bercy .

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Emmanuel Macron annonce sa démission

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