Emmanuel Macron plaide pour un "endettement" européen en réponse à la crise sanitaire

Emmanuel Macron plaide pour un "endettement" européen en réponse à la crise sanitaire
Politique

EUROPE - Le président de la République Emmanuel Macron a effectué un point-presse ce jeudi à l'issue du Conseil européen. Le chef de l'Etat a notamment abordé les différentes solutions évoquées pour apporter une réponse commune face à la crise qui touche l'Europe en raison de l'épidémie de Covid-19.

A l’issue du Conseil européen par visioconférence de ce jeudi, le président de la République Emmanuel Macron a pris la parole lors d’un point-presse pour évoquer les thèmes abordés dans ce Conseil, afin d’apporter une réponse commune face à l’épidémie du Covid-19. "Ce Conseil européen a permis de faire le point sur les sujets sanitaires, organisationnels et économiques", a déclaré dans un premier temps le chef de l’Etat.

Emmanuel Macron a également appelé à "aller plus loin, plus fort" vers la souveraineté européenne. "Un consensus est en train de se forger" pour "renforcer l'autonomie stratégique européenne" entre les 27 pays membres de l'Union européenne, a estimé le président français : "Sur la souveraineté, en particulier économique, industrielle, stratégique, militaire, technologique, environnementale, les choses sont en train d'avancer  fortement et, là-dessus, l'Europe est au rendez-vous de l'Histoire. Ce virus est un choc exceptionnel, il implique donc une réponse exceptionnelle."

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"Il nous faudra bâtir un plan de relance économique (...) Nous savons que ces plans seront à nouveau à financer, ils devront être massifs" a-t-il prévenu. "Le choc que nous sommes en train de subir se situe entre 5 à 10 points du PIB européen, c'est sans précédent. (…) Il y a un consensus sur la nécessité d’une réponse rapide et forte. C'est une avancée, personne ne conteste qu'on a un besoin de réponses entre 5 et 10 points de notre PIB", s'est-il réjoui, tout en reconnaissant qu'il restait "des désaccords qui demeurent sur les mécanismes". Le mot coronabonds, ce fameux mécanisme de mutualisation des dettes européennes qui hérisse le poil des pays les plus sourcilleux sur la rigueur budgétaire, n'a pas été prononcé.

Ces désaccords concernent notamment l’idée de transferts budgétaires vers les régions et les secteurs les plus touchés, qui pourraient être l’Espagne, l’Italie ou encore la France, qui pourraient faire partie d'un vaste plan de relance comprenant également des prêts. Les pays les moins touchés comme ceux du nord de l’Europe rejettent cette idée. "Le marché unique profite à certains États ou régions qui sont les plus  productifs parce qu'elles produisent des biens qu'elles peuvent vendre à  d'autres régions. Si on abandonne ces régions. Si on laisse tomber une partie de l'Europe, c'est toute l'Europe qui tombera", a insisté le président.

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"La France défend une position extrêmement claire : décider le plus tôt possible les réponses les plus fortes possibles (...) et il nous faudra une capacité commune d'endettement pour financer cette réponse" a martelé le président de la République. Emmanuel Macron a également évoqué l’hypothèse d’un fonds de relance économique. Une hypothèse défendue par le président du Conseil européen Charles Michel : "Je suggère que nous nous mettions d’accord pour travailler sur l’établissement d’un tel fonds aussi vite que possible."

Concernant la stratégie de déconfinement, qui devrait prendre effet le 11 mai prochain en France, le chef de l'Etat a indiqué qu'il l'avait présenté le 13 avril aux partenaires européens et qu'elle était "est en cohérence avec les lignes communes que nous a données la Commission européenne", ce qui est "une source de confiance et de  confort, car il est important que nous soyons en ligne avec nos partenaires".

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