Emmanuel Macron reconnaît les "violences policières" mais dénonce un terme "politisé"

Emmanuel Macron reconnaît les "violences policières" mais dénonce un terme "politisé"

EXPLICATION DE TEXTE - Interrogé par le média Brut, Emmanuel Macron a reconnu vendredi le terme de "violences policières" pour désigner les récentes affaires impliquant des policiers. Mais le chef de l'État réfute qu'il y ait une violence structurelle au sein des forces de l'ordre.

Les violences policières, oui, mais pas "le concept" des violences policières. Interrogé vendredi 4 décembre par le média en ligne Brut, Emmanuel Macron s'est expliqué sur cette notion souvent avancée, notamment par la gauche, pour désigner les affaires impliquant des policiers dans des actions jugées brutales. 

Alors que l'expression a souvent été écartée par l'exécutif - et notamment par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin -Emmanuel Macron l'a endossée, tout en multipliant les précautions et dénonçant un "slogan" de la part de "gens qui ont un projet politique." 

"Oui, il y a des violences policières", a reconnu le chef de l'État, après avoir dans un premier temps parlé de violences chez les policiers. "On ne va pas jouer à 'ni oui ni non'". Précisant immédiatement : "Je n'ai aucun problème [avec cette notion], mais je ne veux pas donner crédit à un concept. Il y a de la violence dans la société, du racisme dans la société, ce sont des faits. Nous avons une police à l'image de la société, dans laquelle il y a du racisme, mais l'ensemble de la police, non. Je fais le distinguo entre des individus et une institution." 

Une façon de répondre à la vision "politisée" de ceux qui estiment qu'il existe une violence structurelle, ou systémique, au sein des forces de l'ordre. "Je n'ai pas de problème à répéter le terme de violences policières mais je le déconstruis", a-t-il insisté, car "c'est devenu un slogan pour des gens qui ont un projet politique".

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"Il n'y a rien qui justifie les violences"

Emmanuel Macron s'est longuement expliqué sur les dernières affaires de violences ayant entraîné des saisines de l'IGPN, d'une part le lynchage du producteur parisien Michel Zecler, qui accuse aussi les policiers d'insultes racistes, d'autre part l'évacuation du campement migrant de la place de la République, à Paris. 

"Ce n'est jamais normal, des comportements qui ne sont pas à la hauteur des attentes. Il faut essayer de comprendre dans quels cas ils sont fait et comment on les corrige", a-t-il assuré. "Je ne voudrais pas accabler les policiers qui sont intervenus ce soir-là, et en général les policiers. Ils sont eux-mêmes placés dans des situations extrêmement dures, pour lesquelles ils n'ont pas toujours été formés. En quelque sorte, ils sont confrontés à toutes les formes de violences qui a dans la société."

"Il n'y a rien qui justifie les violences", a-t-il ajouté. "Quand la police intervient, elle doit toujours le faire dans un cadre déontologique exemplaire. Il faut à chaque fois des sanctions. Je ne peux laisser dire que quand la police intervient et qu'il y a des images comme ça, ou des fautes qui sont faites, elles sont laissées lettre morte. Il y a à chaque fois des enquêtes. Il faut aller au bout des enquêtes pour avoir la sanction."

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"J'ai été très choqué [par les violences à l'encontre de Michel Zecler], parce que c'est inacceptable", a également déclaré le chef de l'Etat. "J'ai vu des images aussi graves samedi, avec une femme commissaire de police rouée de coups par des manifestants. Elle a été attaquée par des fous, ensauvagés." "Il y a de la violence dans notre société, il y a des policiers violents. Là-dessus, il faut prévenir, former et surtout sanctionner."

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