Emmanuelle Cosse : "J’attends toujours la fermeture de Fessenheim !"

Emmanuelle Cosse : "J’attends toujours la fermeture de Fessenheim !"

Politique
DirectLCI
INTERVIEW – Fermeture de Fessenheim, écotaxe, rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon, retour au gouvernement, loi Macron, Emmanuelle Cosse, la secrétaire nationale d’EE-LV, a répondu aux questions des Indés Radios, metronews et LCI.

Regrettez-vous de ne pas être au gouvernement ?
Non. Il y a deux débats : il y a la question de savoir quelle est notre force quand nous ne sommes pas au gouvernement et que nous travaillons avec ce gouvernement, et la question de savoir si on estime que c’est nécessaire d’y être et d’avoir les conditions pour travailler. La réalité, c’est qu’au moins d’avril, quand nous avons fait le choix de ne pas aller dans le gouvernement [de Manuel Valls, ndlr], nous n’avions pas les conditions pour y travailler correctement.
La question est la suivante : François Hollande et son Premier ministre souhaitent-ils avoir une politique plus tournée vers l’écologie, où l’écologie est au coeur de leur politique et n’est pas juste un supplément d’âme et est-ce qu’ils se donnent des marges de manoeuvre.

EN SAVOIR + >> Duflot refuse de faire partie du gouvernement Valls

Y’a-t-il des conditions pour votre retour ? L’instauration d’une dose de proportionnelles, le départ de Manuel Valls ?

Chacun peut écrire ses conditions, mais ce n’est pas la question. La question c’est celle du gouvernement, c’est François Hollande ; c’est lui qui décide ce qu’il met sur la table, et après on discute.

Après un entretien avec François Hollande, en octobre dernier, vous affirmiez que Fessenheim fermerait avant fin 2017. Or, les signaux envoyés par l’exécutif sont contradictoires : mi-janvier, Ségolène Royal estimait qu’il serait nécessaire de créer de nouvelles centrales en France. Qu’attendez-vous concrètement du gouvernement sur ce point ?

J’attends toujours la fermeture de Fessenheim [qui est pour nous un point non négociable] et donc, dès 2015, des actes très clairs sur cette fermeture. J’attends aussi que l’on commence à débloquer les crédits pour l’accompagnement de cette fermeture, et notamment l’accompagnement envers les salariés d’EDF, mais aussi les salariés des sous-traitants qui travaillent à Fessenheim. Si le gouvernement veut fermer d’autres centrales parce qu’il y a des problèmes de sécurité, très bien, mais ça commence par Fessenheim.

EN SAVOIR + >> La centrale de Fessenheim fermera-t-elle bien d’ici fin 2016 ?

Ségolène Royal déclarait mi-janvier que “le nucléaire est un atout évident”, de quoi vous faire bondir ?
Absolument. Et je lui ai dit que je ne pensais pas que le rôle d’un ministre c’était d’aider à faire augmenter les actions d’EDF et la puissance d’Areva [...] Ce n’est pas du tout un atout. Ce qui le serait, ce serait d’investir demain la question du démantèlement, un marché énorme.

Le fait que Manuel Valls reste Premier ministre est-il un obstacle à un retour au gouvernement ?
Non. Je n’ai jamais formulé mes désaccords en lien avec une personne. C’était le cas en avril, c’était le cas en août, ça sera le cas demain. Le sujet c’est les marges de manoeuvre et ce que veut faire le gouvernement. Si l’idée c’est de faire 25 loi Macron, je peux vous dire qu’on ne discute pas. Aujourd’hui, nous discutons de la loi Macron, qui en est quand même à essayer de détricoter le droit de l’environnement ; nous avons toutefois réussi à obtenir un recentrage total de cette partie-là.

Voterez-vous la loi Macron ?
Vu l’état de la discussion sur la loi Macron, il y en a encore pour 10 jours. Pour l’instant, je n’ai aucune idée du vote des écologistes. Mais vu le peu d’avancement sur beaucoup de sujets, je n’en suis pas certaine.

EN SAVOIR + >>  Notre dossier sur le projet de loi Macron

Une partie des écolos est tentée d’aller vers Jean-Luc Mélenchon. Qu’en pensez-vous ?
Il a des convictions écolos, mais je ne me sens pas représentée par ce que propose son parti. Je ne remets pas en cause ses convictions personnelles et ce qu’il dit, ça a de l’écho chez moi, comme je ne remets pas en cause l’engagement écolo de certains socialistes. Mais la réalité c’est que ce ne sont pas des écolos.

LIRE AUSSI >> Cécile Duflot s’affiche aux côtés de Jean-Luc Mélenchon

Vous dites que l'abandon de l'écotaxe est une erreur magistrale. Qu'aurait dû faire le gouvernement ?

Il aurait dû tenir bon. On a tué le principe du pollueur-payeur. Quand l'écotaxe a été mise en oeuvre, on a donné des contreparties aux routiers, qui se mesurent dans les lois de finances. On a enlevé différentes taxes, on a accepté que des tonnages plus importants circulent sur nos routes et à la fin, il n'y a pas d'écotaxe. Aujourd'hui, il faudrait permettre aux régions qui le souhaitent de mettre en place leur écotaxe en utilisant les portiques pour leur permettre d'avoir un impôt qui arrive et qui permettrait l'entretien des routes. 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter