VIDÉO - "Inénervable" : face aux députés, Edouard Philippe se définit comme François Fillon

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POLITIQUE - Lors de son discours de politique générale, Edouard Philippe a prévenu : "Je suis inénervable". Un mot adressé aux députés de l'opposition que le Premier ministre trouvait indisciplinés pendant sa prise de parole. Mais Edouard Philippe savait-il qu'il utilisait une expression inventée par son prédécesseur François Fillon ?

Alors que des députés de l'opposition commençaient à bruisser, Edouard Philippe a fait un petit aparté au milieu de son discours de politique générale. "Je suis inénervable", a-t-il affirmé. "Il arrive parfois que l'on arrive à faire perdre son calme au Premier ministre, c'est peine perdue", précise-t-il. 

"Inénervable", un mot prononcé pour la première fois en 2009 dans le Palais Bourbon. C'est ce même qualificatif qu'avait employé François Fillon pour se définir lorsqu'il était lui-aussi à la tête de Matignon. 

La pique de François Fillon contre Rama Yade

C'est lors d'une réunion de la majorité UMP que François Fillon a utilisé pour la première fois le terme d'"inénervable". Une réunion de groupe à huit-clos mais dont avaient fuité les propos du Premier ministre de Nicolas Sarkozy. D'après les personnes présentes ce 3 novembre 2009, le néologisme de François Fillon était en réalité une pique à l'adresse de Rama Yade, alors secrétaire d'Etat chargée des Sports.  

La raison ? Une obscure histoire de suppression du droit à l'image collective pour les sportifs de haut-niveau et d'exonération de charges sociales pour le sport professionnel. Rama Yade s'était exprimée contre la position du gouvernement et de Roselyne Bachelot, pourtant sa ministre de tutelle. "J'ai naturellement fait savoir à la secrétaire d'Etat ce que je pensais de la méthode qui consiste à se désolidariser de son ministre. Il faudra en tirer les conséquences le moment venu", avait lancé François Fillon d'après des propos rapportés par Le Monde.  

Lancement de sa campagne

En septembre 2012, François Fillon réutilisa son expression mais, cette fois, devant les journalistes. Entouré des principaux cadres de l'UMP, dont Valérie Pécresse, Eric Ciotti, Gérard Larcher, Laurent Wauquiez ou encore Christian Estrosi, le Premier ministre s'exprimait à l'occasion de sa campagne pour la présidence du parti. "Je suis inénervable", lâcha-t-il de nouveau. Commençait alors le terrible duel face à Jean-François Copé qui s'était conclu, en novembre 2012, par une division de l'UMP avec la contestation des résultats. 

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Devant les députés, Edouard Philippe a prolongé son "Je suis inénervable" par une mise au point adressée aux députés de l'opposition. "La passion ne devrait jamais nous conduire à l’arrogance, à l’agressivité et à la caricature. Regardons avec lucidité notre scène politique et nos débats médiatiques, ils ne sont pas toujours à la hauteur des enjeux." 

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