Affaire Benalla : les sénateurs pointent des "dysfonctionnements majeurs" au sommet de l'Etat, l'Elysée dénonce des "contrevérités"

Politique
CONCLUSIONS - Selon le rapport de la commission d'enquête du Sénat rendu ce mercredi, des "dysfonctionnements majeurs" ont été observés au "sommet de l'Etat", ayant pu mettre en péril la sécurité du président de la République. Les sénateurs demandent aussi la saisine de la justice des déclarations des principaux collaborateurs d'Emmanuel Macron : Patrick Strzoda, Alexis Kohler et Lionel Lavergne. Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a dénoncé des contrevérités.

"La sécurité du président de la République a été affectée." C'est ce qu'a affirmé le président de la commission d'enquête du Sénat Philippe Bas en présentant le rapport de la commission sur l'affaire Benalla à la presse ce mercredi. Après six mois de travaux et 40 personnes entendues, les sénateurs ont rendu leurs conclusions, et ont été particulièrement virulent à l'encontre de l'Elysée. Trois collaborateurs du chef de l'Etat sont particulièrement visés : le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler, le chef de cabinet Patrick Strzoda, et le chef du groupe de sécurité de la présidence, le général Lionel Lavergne.

Les commissaires demandent au bureau du Sénat de saisir la justice pour vérifier "un certain nombre d'omissions, d'incohérences et de contradictions" relevées lors des auditions des plus hauts collaborateurs du président de la République, et demandent la saisine de la justice sur les déclarations des trois proches d'Emmanuel Macron.

L'Elysée réplique

D'une manière générale, la commission a pointé une série de "dysfonctionnements majeurs au sein des services de l'Etat" qui ont pu "affecter" la sécurité du président et les "intérêts" du pays, évoquant des "pouvoirs excessifs laissés à un collaborateur inexpérimenté" et un "sérieux manque de précaution dans la prévention des conflits d'intérêts de certains collaborateurs", en référence au contrat russe. Elle plaide pour la fin des "collaborateurs officieux" au sein de la présidence de la République. La décision finale de saisir ou non la justice reviendra au Bureau du Sénat.


A l'issue du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a vivement réagi aux conclusions de la commission sénatoriale. "L'Elysée aura l'occasion d'apporter des réponses factuelles. Nous répondrons rapidement, car des contrevérités ont été dites", a-t-il indiqué, ajoutant : "Vous serez informés de ces contrevérités aujourd'hui ou demain". 

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Affaire Benalla : Benjamin Griveaux dénonce "les contre-vérités" de la commission d'enquête du Sénat

Le ministre s'est par ailleurs dit "curieux que les assemblées aient à se prononcer sur l'organisation du pouvoir exécutif", se disant attaché au principe de séparation des pouvoirs. Or, l'organisation des services de l'Etat était le coeur même de l'enquête de la commission sénatoriale. 

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Benalla, l'affaire sans fin

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