Alexandre Benalla devant le Sénat : "J'ai le droit de ne pas m'auto-incriminer"

Politique
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AFFAIRE - Quatre mois après son premier passage devant la commission d'enquête parlementaire du Sénat, Alexandre Benalla est revenu répondre aux questions de la Haute Assemblée, lundi 21 janvier. Il s'est notamment expliqué sur les raisons qui l'ont amené à être encore en possession de passeports diplomatiques des mois après son licenciement.
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CE QU'IL FAUT RETENIR DE CES AUDITIONS 


Celle d'Alexandre Benalla : 


L'ancien chargé de mission n'a pas été très bavard, enchaînant les "Je ne pourrai pas répondre". Il s'est refusé à répondre à de nombreuses questions des sénateurs prétextant une "information judiciaire en cours" et "droit à la non auto-incrimination", a-t-il fait valoir. 


Il a convenu avoir commis "un certain nombre d'erreurs", puis affirmé qu'il n'avait "pas menti" lors de sa première audition devant cette même commission d'enquête, le 19 septembre, lorsqu'il avait affirmé que ses passeports diplomatiques étaient "à l'Élysée". 


Il a reconnu s'être servi de ces passeports, "23 fois". Il n'a donné aucun nom, ni précisé les fonctions des personnes avec qui il a été en contact. 


Celle de Vincent Crase : 


L'ex-employé de LaREM et ex-gendarme réserviste en fonction à la présidence de la République a affirmé avoir envie de tourner la page et indiqué ne plus avoir de contact avec qui que ce soit. Il a précisé qu'Alexandre Benalla n'était pas lié à sa société et qu'il avait été en charge de prestations privées pour le compte d'Iskander Makhmudov après son départ de l'Elysée. "J'ai signé ce contrat le 6 juin 2018, alors que j'ai quitté le palais de l'Elysée le 4 mai 2018. Ce contrat a duré 3 mois."

CE QU'IL FAUT RETENIR DE CES AUDITIONS 


Celle d'Alexandre Benalla : 


L'ancien chargé de mission n'a pas été très bavard, enchaînant les "Je ne pourrai pas répondre". Il s'est refusé à répondre à de nombreuses questions des sénateurs prétextant une "information judiciaire en cours" et "droit à la non auto-incrimination", a-t-il fait valoir. 


Il a convenu avoir commis "un certain nombre d'erreurs", puis affirmé qu'il n'avait "pas menti" lors de sa première audition devant cette même commission d'enquête, le 19 septembre, lorsqu'il avait affirmé que ses passeports diplomatiques étaient "à l'Élysée". 


Il a reconnu s'être servi de ces passeports, "23 fois". Il n'a donné aucun nom, ni précisé les fonctions des personnes avec qui il a été en contact. 


Celle de Vincent Crase : 


L'ex-employé de LaREM et ex-gendarme réserviste en fonction à la présidence de la République a affirmé avoir envie de tourner la page et indiqué ne plus avoir de contact avec qui que ce soit. Il a précisé qu'Alexandre Benalla n'était pas lié à sa société et qu'il avait été en charge de prestations privées pour le compte d'Iskander Makhmudov après son départ de l'Elysée. "J'ai signé ce contrat le 6 juin 2018, alors que j'ai quitté le palais de l'Elysée le 4 mai 2018. Ce contrat a duré 3 mois."

RÉACTIONS 


Le président de commission sénatoriale, Philippe Bas, sur l'affaire Benalla a estimé qu'il y avait "beaucoup d'invraisemblances" et de "contradictions" dans le dossier, estimant que la question d'une éventuelle "protection" de l'ex-collaborateur de l'Elysée n'était pas "totalement résolue". "Négligence ou protection, ce n'est pas totalement résolu aujourd'hui", a réagi Philippe Bas (LR) à l'issue de l'audition de l'ex-chargé de mission d'Emmanuel Macron.

RÉACTIONS 


La question de la "protection" de l'Elysée n'a "pas été totalement résolue", indique la commission d'enquête. 

RÉACTIONS 


Esther Benbassa, sénatrice du Val de Marne et membre de la commission : "Mr Benalla se cache derrière sa mise en examen pour ne pas dire des choses qu'il sait. Je me suis rendue compte du désordre à l'Elysée et dans les administrations (...) On n'a pas appris beaucoup de choses, il ne s'est pas très bien défendu mais c'est le même constat. Il n'en a fait qu'à sa tête".


Quant à l'audition de Vincent Crase : "Il se défend très bien, il doit savoir des choses". 

CRASE


Fin de l'audition de Vincent Crase par la Commission d'enquête parlementaire du Sénat. La séance est levée. 

CRASE

Vincent Crase : "J'ai envie de tourner la page, de passer à autre chose. Maintenant je me consacre à l'écriture". 


Interrogé sur les réactions de ses anciens collègues de l'Elysée, Vincent Crase affirme qu'il a "l'impression de ne plus exister". "C'est le silence le plus complet, j'ai l'impression de ne plus exister. Ce n'est pas très grave. C'est comme ça, c'est la vie". 

CRASE

Vincent Crase, gendarme réserviste et proche d'Alexandre Benalla, est maintenant entendu par la mission d'information. Il revient sur le contrat de trois mois passé avec l'oligarque russe Iskandar Makhmudov.

"Je n'ai jamais rencontré M. Makhmudov. Il a beaucoup d'avocats, de gens qui travaillent pour lui"

"M. Benalla n'est jamais intervenu dans les négociations, dans l'application de ce contrat"

"Je n'ai eu aucune autre activité de sécurité privée, en dehors de ce contrat"

"J'en ai parlé à Alexandre Benalla, mais il n'est pas un acteur de ce contrat"

CRASE

Philippe Bas : "Nous avons estimé qu'il n'y avait pas de raison suffisante pour ne pas rendre publique cette audition. Celle de M. Vincent Crase sera publique, comme toutes les autres"

SENAT

L'audition d'Alexandre Benalla est terminée. Alors que celle de Vincent Crase est attendue dans la foulée, la mission d'information délibère sur une demande de huis clos émise par ce dernier

SENAT

Philippe Bas : "Nous avons le droit de vous demander qui est votre employeur" après son licenciement par l'Elysée. "Le fait que vous ne répondiez pas engendre le soupçon"

Benalla : "Je pense que cela rentre dans le périmètre de l'instruction. Ma vie d'aujourd'hui me concerne moi, et seulement moi"

ELYSEE

Alexandre Benalla s'est-il rendu à l'Elysée après son licenciement ? demande le sénateur Jean-Pierre Sueur.

"Je ne répondrai pas à cette question", répond Benalla. Qui précise : "Je n'ai jamais eu de collaboration professionnelle avec l'Elysée après mon licenciement." 

SENAT

Philippe Bas : "Vous vous abritez derrière la justice quand ça vous arrange"

"Il y a dans la manière dont vous utilisez le travail de la justice, des contradictions"

Alexandre Benalla : "J'ai le droit à une défense. Personne ici n'est dans ma situation. J'ai le droit de ne pas m'auto-incriminer"

PASSEPORTS

Pourquoi Alexandre Benalla a-t-il voulu voyager avec des passeports diplomatiques après avoir quitté ses fonctions ? "Je l'ai dit, c'était une bêtise"

"Je suis rentré au Tchad avec ce passeport diplomatique, on m'a accepté sans demande de visa"

"Je n'avais aucune obligation d'informer la présidence de la République de mes déplacements. Je l'ai fait par courtoisie"

"Je n'avais pas été informé du déplacement du Président trois semaines après le mien au Tchad"

BENALLA

"Je ne détiens aucun secret. J'essaye juste de reprendre une vie normale"

"Je n'ai plus de contact avec qui que ce soit à la présidence de la République depuis le 24 décembre"

DEPLACEMENTS

Alexandre Benalla affirme qu'il n'y a "aucun rapport" entre ses déplacements récents à l'étranger et ses activités passées à l'Elysée

"C'était des déplacements à titre privé, en mon nom"

PASSEPORTS

En savoir plus sur l'affaire des passeports évoquée au Sénat :

Alexandre Benalla mis en examen pour l'usage abusif de ses passeports

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BENALLA

Alexandre Benalla : "Toutes les déclarations que je peux faire devant vous sous serment peuvent être retenues contre moi par la justice ultérieurement"

Philippe Bas : "Nous vous demandons de parler des actes accomplis par les services de l'administration. Les enquêtes, judiciaire et parlementaire, ne sont pas en concurrence"

Benalla : "Tout ce que je peux vous dire, c'est que ces passeports m'ont été délivrés normalement"

PASSEPORTS

Pourquoi Alexandre Benalla a-t-il demandé et obtenu le renouvellement d'un passeport diplomatique en juin dernier, après avoir quitté ses fonctions ? demande Jean-Pierre Sueur.

"Les conditions d'attribution, d'obtention de ce passeport concernent l'information judiciaire en cours, je ne répondrai pas à votre question", répond Benalla.

"Vous devez répondre à cette question", réplique Philippe Bas. "Nous voulons savoir comment cette attribution a eu lieu."

Nouveau refus d'Alexandre Benalla. "Je répondrai aux questions des magistrats instructeurs"

"Vous avez une conception singulière du respect des institutions", lance Philippe Bas. "Je vois votre obstination à ne pas répondre, je n'en comprends pas la raison"

TELEPHONE

A propos du téléphone sécurisé Theorem dont il bénéficiait à l'Elysée : "La situation après le 1er août était un peu confuse. Ce téléphone ne m'avait pas été redemandé, je n'avais pas conscience de l'avoir avant le mois de décembre". Alexandre Benalla affirme l'avoir retrouvé dans les cartons de déménagement. "Il n'avait pas été utilisé depuis juillet 2018"

"Ce téléphone ne m'a jamais été réclamé le 4 octobre par l'Elysée", affirme l'ancien chargé de mission

ARME

Interrogé sur le fameux selfie le montrant, en 2017, avec une arme, Alexandre Benalla répond qu'il s'agissait d'une arme acquise par ses propres moyens, "légalement"

Affaire Benalla : l'enquête étendue au selfie révélé par Mediapart le montrant avec une arme

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BENALLA

"Je n'ai pas saisi cette commission de déontologie, c'était dans mon contrat de travail, c'est une erreur. Mais il faudrait se demander combien de personnes quittant l'Elysée saisissent la commission de déontologie"

"J'avais d'autres priorités, retrouver rapidement un travail"

"Mon avocate est en train de s'en occuper"

EXPLICATIONS

Que dit l'article 73 du code de procédure pénale, dont Alexandre Benalla se sert pour se défendre ?

Que dit l'article 73 du code de procédure pénale, qu'invoque Alexandre Benalla pour justifier les violences du 1er mai ?

Que dit l'article 73 du code de procédure pénale, qu'invoque Alexandre Benalla pour justifier les violences du 1er mai ?
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PROPOS LIMINAIRE

BENALLA

A propos de son emploi d'un mois dans une société : "J'ai exercé une activité professionnelle à l'issue de mes activités à l'Elysée. Je suis choqué que des entrepreneurs soit jetés en pâture, qui emploient des gens sur la base de leurs compétences"

"Depuis six mois, les médias me harcèlent, harcèlent mes proches"

"C'est un ami qui m'a employé dans une mission qui restera confidentielle", ajoute l'ancien chargé de mission, immédiatement repris par Philippe Bas qui lui rappelle les obligations qui lui incombait, à savoir de saisir la commission de déontologie avant de décrocher ce nouvel emploi

OLIGARQUE

Alexandre Benalla affirme n'avoir jamais rencontré l'homme d'affaires russe Iskandar Makhmudov, qui a signé un contrat de sécurité avec Vincent Crasse, proche de Benalla

BENALLA

"Je n'avais aucun lien d'ordre professionnel avec une société de sécurité ou de défense"

"Je me suis créé des liens d'amitié avec des personnes, pas seulement dans le domaine de la protection. Mais je n'ai eu aucun lien professionnel"

PASSEPORTS

Alexandre Benalla : "Je veux confirmer mes propos. Le 19 septembre, lorsque j'étais présent devant vous, je vous ai dit, mes passeports diplomatiques doivent être dans mon bureau"

"Je vous affirme solennellement que le 19 septembre, ces passeports étaient à l'Elysée. Je les ai restitués dans le courant du mois d'août 2018. Ils m'ont été rendus à nouveau début octobre 2018, avec un certain nombre d'éléments personnels. On m'a fait savoir que ces passeports n'étaient pas désactivés. Je reconnais là un manque de discernement de ma part"

"Je ne vous ai pas menti"

BENALLA

"Derrière la carapace, il y a un homme, sa femme, son fils. Une situation professionnelle et personnelle assez troublée, qui ont conduit à un certain nombre d'erreurs, de part des rencontres, des échanges que j'ai eu"

"Mes compétences n'ont jamais été remises en cause par qui que ce soit. Je n'ai pas débarqué à l'Elysée par effraction"

BENALLA

Alexandre Benalla revient sur les premières révélations du printemps dernier le concernant : "Cette affaire intervient au moment des événements du 1er mai. On constate avec le temps qui passe un certain nombre de contrevérités"

"On m'a présenté comme le tabasseur de gentils manifestants en tronquant la réalité d'une situation qui était pour le moins tendue"

"Il y a eu un déferlement médiatique, un lynchage en règle dont je continue à faire l'objet depuis six mois avec la construction d'un personnage sulfureux, diabolique, infréquentable. Je pense avoir contribué par des propos à la construction de ce personnage. J'ai pu donner une mauvaise image de moi"

SENAT

Philippe Bas, président LR de la commission des lois au Sénat : "Nous ne refaisons pas l'audition de septembre"

"Nous ne poserons pas de questions sur d'éventuelles infractions pénales commises par M. Benalla. Nous veillons au bon fonctionnement de l'Etat"

BENALLA

Alexandre Benalla est arrivé au Sénat, pour répondre dans quelques instants aux questions de la mission d'information

INTERVIEW

MAHJOUBI

Pas forcément fan d'être interrogé sur le cas Benalla, le secrétaire d'Etat au Numérique s'est un peu agacé, sur le plateau de LCI, à la question de Christophe Jakubyszyn portant sur le fait de savoir s'il était d'accord avec l'idée que l'ex-chargé de mission "rende des comptes". "Ce monsieur a été un salarié de l'Elysée, avec tous les problèmes qu'on connait, et aujourd'hui avec ces histoires de passeport. Mais évidemment qu'il faut qu'il rende  des comptes et il faut que ce soit devant la justice et, éventuellement, condamné. Evidemment !"

SENAT

"L'affaire Benalla est vraiment singulière. J'ai fait beaucoup d'enquêtes parlementaires, je dois dire que je n'ai jamais vu une affaire comme celle-là. Tout se passe comme ci, dès lors qu'il a été question de M. Benalla, peut-être parce que les personnes étaient impressionnées par son rôle, tout se mettait à dysfonctionner. Tenez, vous, vous êtes à LCI. Quand vous quitterez LCI, le plus tard possible, vous rendez vos micros, votre badge. Là, Alexandre Benalla, il a fallu quelques mois avant qu'il ne rende son téléphone. Et c'est la même chose pour ses passeports diplomatiques, qu'il a obtenu le jour où il n'avait plus besoin de l'utiliser. Que fait le service du protocole de l'Elysée ? Rien. Comme s'il n'était pas au courant."

SENAT

La question des contradictions entre Alexandre Benalla, qui a assuré en septembre avoir remis ses passeports diplomatiques, et Patrick Strzoda, qui l'accuse d'usage de faux, pourra-t-elle être posée ? "Nous avons entendu Patrick Strzoda, nous entendrons ce que dira Alexandre Benalla et nous nous ferons notre intime conviction. Mais je ne peux pas vous dire que quelque personne a menti ou pas."

SENAT

Jean-Pierre Sueur, co-rapporteur de l'enquête au Sénat (PS), était l'invité de LCI, quelques heures avant l'audition d'Alexandre Benalla. Reste une question : comment ne pas empiéter sur l'enquête judiciaire ? "Pas du tout. La Constitution dit qu'il revient au parlement de contrôler le gouvernement et d'évaluer les politiques publiques. La sécurité du président en est assurément une. Nous n'allons condamner personne à aucune peine. Nous cherchons la vérité parce que c'est notre prérogative. Nous allons chercher les dysfonctionnements. Si nous faisons de nouvelles auditions, c'est que nous avons repéré des contradictions, des non-dits, etc."

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DES SUITES JUDICIAIRES ?


La commission des lois du Sénat annonce avoir demandé des explications à l'Elysée et au gouvernement le 28 décembre sur "les conditions dans lesquelles M. Alexandre Benalla a pu faire usage de passeports diplomatiques" après son licenciement en juillet, "alors même qu’il avait déclaré, lors de son audition sous serment du 19 septembre 2018, les avoir laissés dans le bureau qu’il occupait à l’Élysée", souligne-t-elle dans un communiqué.


"En fonction des informations qui nous seront transmises, nous apprécierons s’il y a lieu de procéder à de nouvelles auditions voire de saisir la justice", indique le président de la commission, Philippe Bas.

C'EST NON


Lundi, des députés socialistes ont réclamé une nouvelle commission d'enquête dans l'affaire Benalla. Mais la présidente de la Commission des Lois de l'Assemblée, la députée LREM Yaël Braun-Pivet, leur oppose ce mardi une fin de non-recevoir dans un communiqué : les derniers développements "ne relèvent pas" selon elle d'une telle commission.

Le "Président de la triche"


Selon François Kalfon, conseiller régional PS d'Ile-de-France, il y a eu un Macron "Président des riches". "Avec l'affaire Benalla, il y a maintenant l'acte II : le président de la triche", estime François Kalfon. 

MESSAGES


"Nous ne confirmons rien", a ensuite affirmé l'Elysée à l'AFP, en réponse à la question de savoir si des échanges avaient eu lieu.

MESSAGES 


Alors qu'Alexandre Benalla affirme avoir régulièrement échangé avec Emmanuel Macron depuis son licenciement, le directeur de la communication de l'Elysée apporte un semi-démenti auprès du journaliste de Mediapart Fabrice Arfi. Il nie qu'il y ait eu des '"échanges réguliers" entre les deux hommes, et "en aucun cas sur les sujets évoqués par Alexandre Benalla", mais indique que "rien n'interdit à Alexandre Benalla d'écrire au Président" et que "celui-ci a pu une fois ou deux accuser réception". 

DES PROPOS "FAUX" ET "FANTAISISTES"


Toujours dans son communiqué, le Quai d'Orsay revient sur les déclarations d'Alexandre Benalla à propos de ses passeports diplomatiques. Selon eux, un courrier recommandé pour les récupérer a été envoyé fin juillet, avant une lettre de relance en septembre. Selon Alexandre Benalla, les titres étaient restés dans le bureau qu'il occupait à l'Elysée, mais cela n'"a été à aucun moment confirmé", écrit le Quai d'Orsay.


Une procédure d'invalidation des passeports a donc été lancée, mais cette situation étant "sans précédent", cette "invalidation n'a pas pu être concrètement traduite immédiatement dans les systèmes d’information, pour des raisons purement techniques." Mais il est donc "faux d’affirmer, comme le prétend M. Benalla dans les propos rapportés par la presse, qu’ 'il n’y a eu aucune démarche faite pour récupérer [ces] passeports parce qu’il y a eu des instructions données en sens inverse'."

LE QUAI D'ORSAY REAGIT


Le Quai d'Orsay a lui aussi tenu à faire une mise au point. "Contrairement à ses allégations ou insinuations, M. Benalla, qui a fait des déclarations contradictoires ces derniers mois, n’a bénéficié d’aucune indulgence particulière de la part du Quai d’Orsay pour la détention et l’utilisation de ses passeports diplomatiques. Le ministère de l’Europe et des affaires étrangères, en liaison permanente avec la Présidence de la République, a effectué plusieurs démarches pour obtenir que M. Benalla restitue ses passeports", indique le ministère dans un communiqué publié sur son site.

L'ELYSEE REAGIT


Alors qu'elle n'avait âs répondu aux sollicitations de Mediapart, l'Elysée a réagit en milieu de journée, dans un communiqué envoyé aux rédactions. "Nous ne souhaitons pas poursuivre un dialogue par presse interposée avec Monsieur Benalla qui se venge de son licenciement pour faute grave en entretenant tout un faisceau de contre-vérités et d'approximations", indiquent les services de la présidence.


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MEDIAPART


Interviewé sur LCI ce lundi matin, le confondateur de Mediapart, Edwy Plenel, a commenté : "Nous avons de très bonnes raisons de croire qu’il dit vrai. L’interview  est le fruit d’une longue enquête, c’est une pièce de puzzle supplémentaire à ce feuilleton où tous les éléments sont cohérents". 

Affaire Benalla, saison 2, deuxième partie de saison. Après les violences commises par l'ex-chargé de mission le 1er mai et les révélations du Monde et de Mediapart autour des pérégrinations d'Alexandre Benalla au Tchad, ce personnage controversé de la Macronie est revenu devant la commission d'enquête sénatoriale pour s'expliquer. Attendu sur la question de ses passeports diplomatiques, dont Mediapart avait rapporté qu'ils étaient toujours en sa possession, Alexandre Benalla, qui avait d'abord dénoncé un "lynchage" contre sa personne après les accusations de violence formulées à son encontre, n'a pas nié l'évidence. Il a toutefois expliqué que les passeports qu'il avait bien laissé ses passeports dans son bureau à l'Elysée, comme il l'avait déjà dit le 19 septembre devant la même commission d'enquête. Comment s'est-il alors retrouvé en leur possession au Tchad ? "On me les a rendus en octobre", a-t-il annoncé, sans consentir à dire qui, au Palais, les lui avait donnés.


Un refus de répondre qui émaillera l'essentiel des deux heures et demi d'audition, Philippe Bas comme l'ensemble des sénateurs se voyant opposer son mutisme au nom du secret de l'enquête ou "du droit à ne pas s'auto-incriminer". Quant au téléphone Teorem, l'autre outil ultra-sécurisé qu'il avait conservé jusqu'à le rendre à la fin de l'année à l'Elysée, Alexandre Benalla a affirmé que ce téléphone ne lui avait, d'une part, "jamais été réclamé", et d'autre part, qu'il n'avait "pas conscience de l'avoir avant le mois de décembre".

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