Revivez l'interview d'Emmanuel Macron face à Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel

Politique
INTERVIEW - Trois jours après son intervention dans le JT de 13 heures de TF1, Emmanuel Macron remet ça. Cette fois-ci, le président de la République répond aux questions du Jean-Jacques Bourdin (RMC, BFMTV) et Edwy Plenel (Mediapart) depuis le Théâtre national de Chaillot à Paris. Suivez avec nous l'entretien.
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AU REVOIR


Merci d'avoir suivi cette interview avec nous. Vous pouvez lire et relire nos papiers sur le sujet pour aller plus loin (liens ci-dessous). A très bientôt !

FIN DE L'ENTRETIEN


L'interview a finalement duré 2h30. Emmanuel Macron a pris l'engagement auprès d'Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin de revenir l'année prochaine, pour dresser le bilan de ses deux ans de mandat.

FOOTBALL


Le président de la République, supporter de l'OM, a félicité le Paris Saint-Germain pour son titre de champion de France. Mais il a souhaité que l'Olympique de Marseille aille loin dans son parcours en Ligue Europa.

ME TOO


"J'ai constamment, dans mon projet politique, porté l'égalité entre les hommes et les femmes. Je n'ai pas attendu Me too. Je suis profondément attaché à ce mouvement, qui pour moi est au cœur de l'égalité républicaine."

EUROPE


"Je vois en Europe des démocraties qui s'habituent à la faiblesse, l'immoralité" et voient monter les populismes dit le Président. "C'est pour ça que je veux, en France, que nous ayons une démocratie forte et vivante. Donc que celui qui a un mandat il assume, il décide." Pour que les populistes et les nationalistes ne disent pas que les démocrates sont faibles, ajoute Emmanuel Macron.


"Je crois dans une Europe souveraine. Je crois dans la souveraineté de notre pays pour les problèmes qui le concernent. Mais je crois aussi à une souveraineté européenne. Il y a en Europe une montée de l'illibéralisme, une remise en cause des Etats de droit.

LOI ASILE ET IMMIGRATION


"Je ne veux pas que les demandeurs d'asile soient pris dans une procédure trop longue. Les gens qui ne demandent pas l'asile, il faut instruire leur dossier plus vite et les renvoyer car on ne peut accueillir toute la misère du monde. Les enfants seuls ne seront pas mis dans des centres de rétention. Les mineurs avec leur famille peuvent être mis dans des centres de rétention quelques heures avant d'être expulsés."


"La priorité de la France c'est d'avoir une politique de soutien avec les pays d'origine. Nous nous battons pour lutter contre ces filières de passeurs odieuses."

JIHADISTE CONDAMNÉE À MORT


Jean-Jacques Bourdin demande à Emmanuel Macron si la France interviendrait si une jihadiste française était condamnée à mort en Irak ou en Syrie. "Nous demanderons que cette peine soit commuée dans une peine conforme à la France, une peine de prison" répond le Président.

FICHÉS S


Le fichés S les plus dangereux pourraient-ils être placés en détention provisoire, comme le demande notamment Laurent Wauquiez ? "Non. Ils devront être condamnés par des actions judiciaires."

EXPULSIONS


"Quand les gens n'ont plus le droit de rester là, il faut les reconduire. On ne peut pas accepter l'absence de règles. Pour les étrangers en situation régulière, nous lançons des procédures d'expulsion dès qu'il y a un fait identifié qui justifie" leur expulsion.

VOILE


"Le voile n'est pas conforme à la civilité qu'il y a dans notre pays, à l'égalité qu'il y a entre l'homme et la femme. Nous ne comprenons pas qu'il y ait cette distance, cette séparation. On doit l'expliquer, on doit convaincre. Je ne veux pas faire une loi qui l'interdise dans la rue car ce serait contre-productif. Ce que je ne veux pas, c'est qu'une femme soit obligée de le porter."

FRANCOIS HOLLANDE


Dans son livre, François Hollande parle de la "duplicité" d'Emmanuel Macron. "J'ai du respect pour François Hollande. Mais vous me connaissez maintenant. Quand je suis devenu conseiller de François Hollande il y avait des mesures avec lesquelles je n'étais pas d'accord, 75%. Il y en avait dont je savais qu'elles ne marcheraient pas. Et elles n'ont pas marché.Quand j'ai été en désaccord je suis parti. En ne demandant rien. J'ai été rappelé comme ministre. Moi les ministres je ne les prends pas pour mes obligés. Je les prends pour des hommes et des femmes courageux, libres. Ils sont dans un collectif. Mais ce ne sont pas des obligés. Quand j'ai eu des désaccords j'ai quitté le gouvernement. En prenant tous les risques parce que je croyais en ce projet. Ces cinq années j'ai toujours dit ce que je pensais. Si c'est ce qu'on appelle le duplicité très bien."

ÉLECTION


Edwy Plenel a voulu rappeller à Emmanuel Macron qu'il n'avait pas été choisi par la majorité des Français, et qu'il n'avait même recueilli "que" 18% des suffrages au premier tour de l'élection présidentielle. "Les Françaises et les Français m'ont mis en tête du premier tour. Et ensuite, vous avez raison, le deuxième tour a été très particulier parce que face à Mme Le Pen. (...) Mais il y a eu quelques semaines plus tard des législatives. Et je ne crois pas qu'il y ait eu d'ambiguïté, ni au premier ni au second tour."


"Il faut toujours considérer l'ensemble de la société. Je peux être en désaccord mais je respecte les gens. J'ai la légitimité démocratique, comme les parlementaires de la majorité l'ont."

GLOSSAIRE


Avant de répondre à Edwy Plenel, Emmanuel Macron a employé une locution latine rare. On vous explique ce qu'elle signifie

"Captatio benevolentiae", "Carabistouille", "chicaya"... Connaissez-vous les expressions rétro employées par Emmanuel Macron ?

"Captatio benevolentiae", "Carabistouille", "chicaya"... Connaissez-vous les expressions rétro employées par Emmanuel Macron ?

NOTRE-DAME-DES-LANDES


"Des gendarmes ont été blessés, c'est inadmissible. Par des gens qui n'avaient plus aucune raison de manifester. (...) Pour le reste, l'ordre sera fait. Car notre République a besoin d'ordre et d'autorité."

UNIVERSITÉS


"Je constate dans toutes les universités où il y a des amphis paralysés que les étudiants sont bien souvent minoritaires" assure le président de la République, qui pense que "les occupations, dans la plupart des cas" ne sont pas le fait d'étudiants, mais de "groupes" extérieurs. 

DETTE DE LA SNCF


"L'Etat doit conduire une négociation. (...) Chaque année, la SNCF perd un milliard et demi car elle n'est pas efficace" dit le président de la République, qui met en cause dans ces résultats le statut des cheminots.


"A partir du 1er janvier 2020, l'Etat reprendra la dette progressivement." Le Président ajoute que ses titres seront incessibles, "pour donner toutes les garanties, parce que j'entends les craintes".

RETRAITES


Emmanuel Macron engagera une réforme des retraites en 2019. "Je veux consolider le système de retraite par répartition. Ce que nous allons réparer c'est l'injustice. (...) Une quarantaine de régimes cohabitent, que nous allons uniformiser."


"Nous devons avoir un système plus transparent, plus équitable." Le Président confirme qu'il n'y aura plus de régimes spéciaux, plus de différence entre le public et le privé. "Dans le cadre de cette négociation, tous les régimes spéciaux auront conviction à converger."

DÉPENDANCE


Emmanuel Macron est-il favorable au travail d'un deuxième jour férié gratuitement pour financer la dépendance, comme l'a évoqué la ministre de la Santé Agnès Buzyn cette semaine ? "Je ne suis pas contre, je pense que c'est une piste intéressante. Ce qui est sûr c'est qu'on doit construire cette solidarité."


"Il nous faudra construire soit des jours donnés à ce risque (la dépendance, ndlr). Soit construire des mécanismes de sécurité sociale qui permettront de faire des investissements de court terme et construire une organisation collective."


"Ma priorité ce sont les vulnérables de la nation, les fragiles."

Le Président a utilisé une nouvelle expression qui fait parler sur les réseaux sociaux :

RETRAITÉS


"Le retraité qui paye un taux réduit de CSG, soit 40% des retraités, ils n'ont pas eu d'augmentation de leur CSG. Les autres, oui. Mais je l'avais dit pendant ma campagne. On leur a demandé un effort pour pouvoir baisser les cotisations salariales de tous les travailleurs de France, pour que leur travail paye mieux. Ce sont eux qui payent les retraites."


"Je l'entends cette colère mais je fais ce que j'ai dis. Au 1er novembre ils auront une compensation avec la suppression d'une partie de leur taxe d'habitation."

ISF


"Quand on empêche les gens de réussir, ils vont réussir ailleurs. La France doit être un pays attractif où on garde les meilleurs."


"Ce ne sont pas des cadeaux, ce sont des mesures que j'assume totalement devant vous."

CARREFOUR


"Est-ce que mon rôle est de dire ici ce soir 'Je vais l'empêcher, le bloquer' ? Non" dit Emmanuel Macron à propos de la situation dans le groupe Carrefour, où 2400 salariés sont menacés de licenciement.


"Je ne vais pas vous dire 'Je vais interdire les plans sociaux'. (...) Ils ont parfois leur utilité. Face à ces injustices on doit poursuivre la possibilité que chaque salarié ait sa part quand l'entreprise va mieux."

FRAUDE FISCALE

Le ton est monté à plusieurs reprises entre le Président et ses intervieweurs.

NOTRE-DAME-DES-LANDES


"Je considère que cette colère n'est pas légitime. Elle n'a rien à voir avec celle des cheminots" dit Emmanuel Macron.

EXERCICE DU POUVOIR


"Est-ce une question ou un plaidoyer ? " demande Emmanuel Macron à Edwy Plenel, qu'il accuse de poser une "question orientée". Le fondateur de Mediapart lui demandait s'il n'aurait pas plutôt dû appeler son mouvement "En force", faisant référence à son style de présidence et aux nombreux mécontentements qu'il suscite.

POUVOIR PRÉSIDENTIEL


Edwy Plenel interroge le Président sur la toute-puissante dont il jouit quand il s'agit de décider de mener des frappes à l'étranger (il n'est pas obligé de demander son avis ou son autorisation au Parlement). Emmanuel Macron répond que cela est le fait de la Constitution. "De part l'élection présidentielle, dans le mandat qui est donné démocratiquement par le peuple, il y a ce mandat de chef des armées. (...) On peut décider qu'on change les règles de la Constitution, mais cela doit s'inscrire dans un débat démocratique."

SYRIE


"Pour construire une solution durable pour la Syrie, il nous faut parler avec l'Iran, la Turquie et la Russie" dit Emmanuel Macron, qui ajoute : "J'avais prévu de me rendre en Turquie, de rencontrer les présidents Erdogan, Poutine et Rohani."

SYRIE


"Nous étions arrivés à un moment où ces frappes étaient indispensables" pour redonner un sens à la parole de la communauté internationale dit Emmanuel Macron.


"Depuis le début de mon quinquennat je parle de manière constante avec Vladimir Poutine" dit Emmanuel Macron, qui ajoute que lors de sa visite en France au mois de mai dernier, le président russe avait dit que la communauté internationale devrait frapper en cas de manquement du régime de Bachar al-Assad. Emmanuel Macron l'accuse donc de ne pas respecter sa parole, en plus de ne pas respecter les cessez-le-feu en Syrie et de continuer à aider le régime syrien à combattre son peuple.


"Ma priorité en Syrie c'est de pouvoir apporter la paix."

SYRIE


L'interview débute par des questions sur les frappes menées par la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni en Syrie.


"Nous avons réussi l'opération sur le plan militaire puisque l'intégralité des missiles qui ont été tirés ont atteint leur objetif et les capacités de production d'armes chimiques ont été détruites."


"Cette décision, la France l'a prise sur le principe dès dimanche dernier, 48 heures après les premières traces d'utilisation d'armes chimiques dans la Ghouta. Elle est conforme aux engagement que nous avions pris. Nous avons obtenu par nos services et ceux de nos alliés des preuves que des armes chimiques avaient été utilisées Nous avons obtenu la preuve que l'utilisation de chlore pouvait être attribuée au régime syrien."


A la question de savoir s'il n'était pas problématique d'être intervenu en dehors de l'ONU, Emmanuel Macron a répondu : "Non, c'est intervenir de manière légitime dans le cadre multilatéral. En Syrie nous menons une guerre contre Daech, dans le cadre d'une coalition internationale. Nous avons une action diplomatique pour veiller à ce que le droit international humanitaire soit respecté. J'ai constamment dit que nous ne pourrions pas laisser tout et n'importe quoi se faire."


Comment être convaincu qu'on obtient la paix par un acte de guerre, demande-t-on au président de la République ? "La France n'a pas déclaré la guerre au régime de Bachar al-Assad" dit Emmanuel Macron, qui assure respecter la souveraineté nationale de chaque peuple. "Nous avons simplement œuvré pour que le droit international ne soit plus lettre morte."

PRÉAMBULE


Jean-Jacques Bourdin explique en préambule qu'"aucune question ne sera éludée" et qu'aucune n'est connue du président de la République.

C'EST PARTI


Emmanuel Macron a pris place face à Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel autour de la grande table noire et blanche disposée dans le grand foyer du Théâtre national de Chaillot. L'interview peut commencer ! 

VIDÉO - Si vous n'étiez pas devant votre écran jeudi, voici ce qu'il fallait retenir de l'interview du président de la République sur TF1 et LCI.

Le président de la République s'exprimera pour la deuxième fois cette semaine, après son intervention au JT de 13 heures de Jean-Pierre Pernaut jeudi.

Bonsoir, merci de nous avoir rejoint. 

H-1 avant l'interview d'Emmanuel Macron sur BFMTV et Mediapart.

Emmanuel Macron s'est déjà exprimé jeudi dans le journal de 13 heures de TF1. Mais ce dimanche à 20h35, en acceptant de répondre aux questions de Jean-Jacques Bourdin (RMC et BFMTV) et Edwy Plenel (Mediapart), le président de la République espère séduire un public différent. Cette interview de deux heures s'inscrit en tout cas dans la volonté d'Emmanuel Macron de faire de la pédagogie sur ses actions passées et à venir, près d'un an après son arrivée à l'Elysée.

Alors que la France a mené avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis des raids contre des sites liés au programme d'armement chimique syrien, Emmanuel Macron devra s'expliquer sur ces récentes frappes en Syrie, et répondre à l'opposition qui les a jugées inutiles (Laurent Wauquiez) et irresponsables (Jean-Luc Mélenchon).


Parmi les sujets qui devraient également être abordés ce soir : le projet de loi asile et immigration, qui ne fait pas l'unanimité chez les députés La République en marche ; la situation à Notre-Dame-des-Landes ; le rapport à la laïcité du président ; les relations de la France avec la Russie ; et très certainement la grève à la SNCF

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