REVIVEZ - Nicolas Hulot à "L'Emission politique" : l'ex-ministre "ne regrette pas" son départ du gouvernement

REVIVEZ - Nicolas Hulot à "L'Emission politique" : l'ex-ministre "ne regrette pas" son départ du gouvernement
Politique
POLITIQUE - Trois mois après sa démission du gouvernement, l'ancien ministre de la Transition écologique était l'invité de "L'Emission politique" sur France 2, ce jeudi. Nicolas Hulot a évoqué son passage parfois douloureux au gouvernement, a assuré ne pas avoir "regretté" sa démission, et a bien sûr réaffirmé l'urgence à agir pour la planète.
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AVENIR


"Cette notoriété, je vais la mettre au service des idées, des innovations, de ceux qui se battent pour faire le monde de demain mais qu'on n'écoute pas. (...) Au moment où il faudrait que l'on soit le plus ouverts au changement, c'est là que nous sommes les plus conservateurs."

"Le temps de l'utopie est décrété" conclut Nicolas Hulot.

EUROPÉENNES


Nicolas Hulot assure qu'il ne souhaite pas s'investir dans les élections européennes qui auront lieu en mai prochain. Il ne souhaite apporter son soutien à aucune liste, à commencer par celle de La République en marche. Il souhaite seulement s'engager avec et dans la société civile.

UN ENJEU GLOBAL


"Le paradoxe c'est que jamais l'humanité n'a été aussi puissante et aussi vulnérable. Si on arrivait à additionner nos intelligences, on arriverait tous à faire un saut" répond Nicolas Hulot aux sceptiques qui l'ont interpellé tout au long de l'émission, notamment en lui demandant s'il était nécessaire de demander "autant de sacrifices à la population" pour retarder l'échéance d'une cinquantaine d'années.

UN CONSEIL DE L'ENVIRONNEMENT ?


"Il y a un conseil de défense tous les mercredis avant le Conseil des ministres. Pourquoi on ne fait pas la même chose sur ce sujet-là" se demande Nicolas Hulot en parlant de l'environnement.

JULIETTE BINOCHE


Signataire d'une tribune pour interpeller sur l'urgence d'agir pour l'environnement, Juliette Binoche est venue porter son message sur le plateau de L'Emission politique. "Sa démission c'est un détonateur. (...) Le fait qu'il ait baissé les bras parce qu'il ne pouvait pas avancer nous a fait baisser les bras aussi" estime l'actrice. "Je pense que dans ce gouvernement il était tout seul, mais qu'aujourd'hui il n'est pas tout seul. Il faut agir, il y a une urgence telle. On ne peut plus rester devant son canapé à regarder la télévision, il faut sortir, chanter, agir."

URGENCE


A Geoffroy Roux de Bézieux qui lui demande d'emmener tout le monde avec lui, Nicolas Hulot répond : "Je ne sais pas comment faire. Si nous avions du temps je serai hyper optimiste. Mais nous n'avons plus le temps." S'adressant à l'agricultrice, qui s'inquiète de devoir sortir trop rapidement du glyphosate, il déclare : "J'aimerais vous donner du  temps, mais on n'a plus le temps".

DÉCROISSANCE


"La décroissance sera la conséquence d'un échec total. Entre les deux, il y a la décroissance sélective. Par exemple l'agriculture bio il faut y aller à fond. Mais il va falloir décliner d'autres choses, notamment ce qui procède de l'énergie fossile."

ÉCONOMIE VS ÉCOLOGIE


"Je n'oppose pas l'écologie et l'économie" assure Nicolas Hulot. "Le modèle économique s'est constitué au fil du temps sur les ressources écologiques et énergétiques. Il faut comprendre que les ressources vont s'épuiser" continue l'ancien ministre face au président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, qui se demande comment les entreprises françaises peuvent rester compétitives pour éviter les importations de marchandises du bout du monde, impactant l'écologie.

"Posez-nous des problèmes", demande Roux de Bézieux à Hulot, certain que les entrepreneurs français ont beaucoup à apporter dans l'écologie, l'agriculture....

GLYPHOSATE


Nicolas Hulot débat avec une agricultrice qui l'interroge sur le peu de temps dont disposent les agriculteurs pour abandonner le glyphosate. "Je dis au gouvernement 'Mettez les moyens en oeuvre pour que ces personnes ne se retrouvent pas dans une impasse'" dit Nicolas Hulot, faisant preuve d'un raisonnement similaire à celui qu'il a adopté sur la taxe carbone.

EMMANUEL MACRON


Pour évoquer le désamour des Français envers le président de la République, Nicolas Hulot répond : "Je pense que nous sommes dans une démocratie qui est très fatiguée, et qu'il faut rapprocher les citoyens des décisions politiques". Il a notamment évoqué une "troisième chambre".

QUEL ENGAGEMENT ?


Que va faire Nicolas Hulot désormais ? "Je vais me mettre du côté de la société citoyenne, discrète, invisible, ces millions de bénévoles qui essayent de construire la société de demain."

AVENIR


Nicolas Hulot pourrait-il être candidat à la présidentielle en 2022 ? "C'est un fantasme de journaliste" a expliqué l'écologiste, assurant ne pas y penser "une seconde". "En 2022 il s'en sera passé des choses..." ajoute-t-il.

LE MINISTRE HULOT


Nicolas Hulot a-t-il été heureux en tant que ministre ? "Heureux, c'est pas le terme qui va le mieux. Je ne sais pas pourquoi on serait heureux d'être ministre. On a à l'esprit la volonté de faire, bien faire, à hauteur des menaces qui pèsent sur nous. On ne peut pas être décontractés, ou alors on a viré dans une forme de résignation et d'indifférence."

"Ces 15 mois passés au ministère n'ont pas été totalement inutiles."

L'ancien ministre a également expliqué le sens de ses larmes le jour de la passation de pouvoir. "Le sens était double : il y avait la pression qui retombait car depuis 15 mois j'étais sous pression, avec le sentiment de ne pas avoir réussi à faire prendre cette greffe. Et puis j'avais tout le personnel du ministère (...) Pendant ces 15 mois il y a eu une extraordinaire complicité. Et je les voyais tous en larme, donc c'est communicatif."

RISQUES NUCLÉAIRES


La France pourrait-elle connaître un accident nucléaire ? "On a une autorité de sûreté en laquelle j'ai pleine confiance. Mais c'est clair, plus un parc vieilli plus les risques" sont importants. "Avec les changements climatiques on va avoir des problèmes d'eau, les fleuves risquent de se tarir : comment va-t-on refroidir les réacteurs nucléaires ?"

PPE


"On avait pris trop retard, sauf à se mettre dans des problèmes de sécurité et d'approvisionnement ce n'était pas tenable" se justifie Nicolas Hulot sur sa décision d'atteindre les 50% d'énergie nucléaire en 2035 et non pas 2025, comme prévu initialement.

"Il faut mettre le paquet sur l'efficacité énergétique, réduire notre consommation."

COP24


Nicolas Hulot souhaite que l'Europe montre l'exemple, amène avec elle les autres pays dans le combat écologique. "On est en train de perdre la guerre alors que c'est un plan de guerre qu'il faut faire. Il faut montrer que c'est avantageux économiquement, pour l'économie, pour la santé... A un moment, on va le payer plein pot, nos démocraties vont s'effondrer."

TOUS CLIMATO-SCEPTIQUES ?


Ne sommes-nous pas tous fatalistes et climato-sceptiques dans nos comportements au quotidien ? "Le fatalisme des uns nourrira le fanatisme des autres" répond Nicolas Hulot.

BOLSONARO


"Au moment où on aurait besoin d'avoir des Mandela partout on a des Trump et des Bolsonaro. Au moment où les peuples premiers d'Amazonie subissent tous les sévices, on cherche toutes les bonnes nouvelles. Ca rend l'espoir comme un acte de bravoure."

BÉBÉS NÉS SANS BRAS


"Il faudrait que dans notre pays on mette en oeuvre ou utilise un minimum le principe de précaution. Je considère que le sujet santé/environnement est majeur."

"C'est un sujet qu'il faut prendre avec sérieux mais pour cela il faut changer les méthodes. Il faut que nos agences adaptent leurs méthodologies."

PRÉDICTION


Nicolas Hulot a expliqué avoir souhaité mettre en place des mesures pour mieux accompagner les Français dans la transition écologique. "Je n'ai pas été entendu. On m'a opposé des contraintes budgétaires. J'en ai tiré des leçons" a-t-il expliqué. "J'ai tenté, que je n'ai pas convaincu j'en prends acte. Mais j'aurais préféré ne pas avoir raison sur le risque d'emballement que l'on connaît."

DIALOGUE AVEC UN GILET JAUNE


Nicolas Hulot ne veut pas que les Gilets jaunes mettent "tout ça sur le dos de l'écologie". "Mettez ça sur le matraquage fiscal, l'inégalité fiscale" soumet l'ancien ministre au Gilet jaune de Saint-Brieuc, qui l'accuse de ne pas être au courant des réalités quotidiennes des Français.

PÉDAGOGIE


Comment la hausse des taxes sur le carburant peut faire quelque chose pour l'écologie demande un Gilet jaune de Saint-Brieuc à Nicolas Hulot ? "Je peux vous parler de la réalité du monde et de ce qui va tomber sur vos enfants, ce qui tombe déjà sur certains ailleurs" débute l'ancien ministre.

"A partir du moment où on considère que les énergies fossiles sont les ennemies de l'humanité, il faut accompagner les acteurs économiques à s'en affranchir. Mais si on augmente le prix (des carburants), il faut permettre aux gens de réduire leur consommation."

DIESEL


Nicolas Hulot préconise d'aider les "gens qu'on a mis dans des pièges et des impasses" en les incitant à "acheter des diesel". "Il faut les cibler et les aider" "le temps qu'on leur donne la possibilité de réduire leur consommation".

"La priorité c'est augmenter les soutiens : les chèques-énergie, la prime à la conversation". S'il se réjouit des annonces en ce sens du gouvernement, Nicolas Hulot ajoute qu'il aurait "préféré qu'on fasse l'économie de cette crise".

En conclusion : Nicolas Hulot ne souhaite pas revenir sur la taxe carbone, mais estime qu'il faut faire plus pour aider les plus modestes à entrer dans la transition énergétique.

GILETS JAUNES


"Dans la colère, il y a parfois du bons sens et de la rationalité. Ils savent que le kérosène des avions n'est pas taxé, que le fioul lourd des cargos n'est pas taxé."

"La fiscalité n'est pas équitable. Quand vous voyez l'impôt sur les bénéfices, les dividendes qui augmentent, que l'ensemble de la finance spéculative n'est pas soumise à la fiscalité... Je comprends que les classes modestes en aient ras-le-bol."

TAXE CARBONE


Ferveur défenseur de la taxe carbone, Nicolas Hulot "assume" En revanche, il ajoute que selon lui il faut la mettre en oeuvre avec "un accompagnement social."

REGRETS ?


"Non je n'ai pas regretté, d'autant plus que cette décision a été comprise. Et j'ai le sentiment qu'elle a provoqué une forme de sursaut. J'ai vu beaucoup d'initiatives, des gens dire 'Non, monsieur Hulot, vous n'êtes pas seul'."

"J'avais beaucoup d'espoir dans cette diversité gouvernementale. Je pensais que c'était gage de succès."

DÉPART


Nicolas Hulot savait-il qu'il allait annoncer sa démission, le 28 août dernier sur France Inter ? "Non. Je sais que ça peut paraître difficile à croire. La nuit qui a précédé, j'en ai envisagé l'hypothèse, ça m'a traversé l'esprit. Mais cette émission était destinée à parler des catastrophes qui avaient eu lieu pendant l'été. (...) En rentrant dans le studio je ne savais pas où ça allait me mener" expliqué l'ancien ministre.

A propos de son action, de ses désaccords avec le gouvernement il a déclaré : "A partir du moment où je restais, je cautionnais les choses. Ce n'était pas un mensonge conscient mais une mystification des choses. Je donnais l'impression qu'on était conscients des enjeux mais on ne l'était pas".

Nicolas Hulot a estimé qu'il y avait eu entre lui et le président de la République de "l'incompréhension". "On ne partageait pas la même gravité, on n'avait pas le même diagnostic, donc on n'avait pas les mêmes traitements." 

Selon Nicolas Hulot, dans le réchauffement climatique nous en sommes au stade du "cancer généralisé", or il estime que pour Emmanuel Macron nous en sommes au stade d'une "bronchite".

NOUVELLES


En début d'émission, Léa Salamé a demandé à Nicolas Hulot comment il allait. "A titre personnel, ayant passé beaucoup de temps avec ma famille, très bien" a-t-il déclaré. "Mais pour aller bien, il ne faut pas regarder la réalité en face. Parfois elle est gênante."

EXTRAIT


L'Emission politique a déjà diffusé quelques extraits de la rencontre entre Nicolas Hulot et Thomas Sotto dans le Massif du Mont-Blanc. Dans l'un d'eux, l'ancien ministre raconte les dîners qu'il organisait avec ses anciens collègues à son arrivée au gouvernement, et l'une de ses rencontres avec Donald Trump.

GILETS JAUNES


Ferveur défenseur d'une fiscalité écologique plus importante pour financer la transition énergétique et environnementale, Nicolas Hulot débattra face à un Gilet jaune.

Retour médiatique de Nicolas Hulot : au fait, que pensait-il des taxes sur le carburant ?

Retour médiatique de Nicolas Hulot : au fait, que pensait-il des taxes sur le carburant ?

BIENVENUE


Trois mois après sa démission du gouvernement, Nicolas Hulot s'exprimera ce soir dans L'Emission politique, sur France 2. Restez sur ce live pour suivre avec nous son intervention !

Le 28 août dernier, Nicolas Hulot annonçait son départ du gouvernement en direct sur France Inter. Trois mois plus tard, après s'être mis en retrait de la vie politique, il est ressorti du silence et a répondu aux questions de Léa Salamé dans L'Emission politique, sur France 2. 


"Je n'ai pas regretté, d'autant que je crois que cette décision a été  comprise et que j'ai le sentiment qu'elle a provoqué une forme de sursaut" a déclaré l'ancien ministre, qui a également de nouveau affirmé ne pas avoir très "heureux" pendant ses 15 mois passés au gouvernement.


Nicolas Hulot a également assuré qu'il était allé au bout de son action. Avec Emmanuel Macron "on ne partageait pas la même gravité, on n'avait pas le même diagnostic, donc on n'avait pas les mêmes traitements" a expliqué l'écologiste. Par exemple, quand lui estime que le réchauffement climatique en est au stade du "cancer généralisé", le président de la République pense que nous en sommes au stade de la "bronchite".

A propos des Gilets jaunes, Nicolas Hulot, fervent défenseur de la taxe carbone, a estimé que le gouvernement ne devait pas revenir sur cette fiscalité, mais qu'en contrepartie il devait mettre en place un "accompagnement social digne de ce nom". Il a notamment estimé qu'il avait prévenu le gouvernement de la crise à venir quelques semaines avant son départ.  "Je n'ai pas été entendu. On m'a opposé des raisons budgétaires, j'en ai tiré les leçons" a-t-il regretté.

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