En France, un discours raciste trop "banalisé"

En France, un discours raciste trop "banalisé"

DirectLCI
VERBATIM – Le Conseil de l'Europe s'inquiète de la "banalisation" des discours racistes des responsables politiques français. Marine Le Pen, Jean-François Copé, Gilles Platret... Metronews revient sur ces déclarations aux comparaisons et amalgames malvenus.

Le Conseil de l'Europe a pointé du doigt lundi la "banalisation" des discours racistes dans en France, - notamment émanant des responsables politiques du pays - ainsi que "l'accroissement des violences racistes, antisémites et islamophobes". "Le discours de haine, de par sa banalisation dans la sphère publique, demeure un sujet de préoccupation", a commenté le secrétaire général de la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI), Thorbjorn Jagland.

Il a appelé les responsables politiques à s’abstenir "de tenir des propos qui stigmatisent des groupes déjà vulnérables et attisent les tensions dans la société française". L'ECRI a notamment cité et condamné les verbatims de quatre personnalités politiques.

"Hitler n'a peut-être pas tué assez" de gens du voyage
Député-maire de Cholet, Gilles Bourdouleix avait glissé, au cours d'une altercation le 21 juillet 2013 sur un terrain agricole de sa commune occupé illégalement par plus d'une centaine de caravanes de gens du voyage, à un journaliste "qu'Hitler n'en avait peut-être pas tué assez". Sa condamnation pour apologie du crime contre l'Humanité a par la suite été annulée par la Cour de cassation.

Des pains au chocolat volés "par des voyous pendant le ramadan"
Jean-François Copé avait suscité un tollé en évoquant des "voyous" musulmans qui auraient arraché un pain au chocolat à un jeune en octobre 2012. "Il est des quartiers où je peux comprendre l'exaspération de certains de nos compatriotes, pères ou mères de famille rentrant du travail le soir, apprenant que leur fils s'est fait arracher son pain au chocolat par des voyous qui lui expliquent qu'on ne mange pas pendant le ramadan", avait déclaré le secrétaire général de l'UMP. Le Conseil français du culte musulman avait déposé une plainte en diffamation, avant de la retirer après que Jean-François exprime ses regrets.

Les prières de rue et "l'Occupation" nazie
Les experts européens évoquent aussi une persistante "préoccupante" des discours islamophobes, alimentés par "certains responsables politiques", comme Marine Le Pen comparant les prières de rue à l’occupation allemande . "Je suis désolée mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'Occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c'est une occupation du territoire", avait affirmé la présidente du Front nationale en décembre 2010, avant d'être relaxée à Lyon à l'autonome dernier.

Les menus sans porc au nom du "principe de la laïcité"
L’ECRI déplore également des décisions prises "au nom d’une conception restrictive de la laïcité" et pouvant être "perçues comme sources de discrimination", citant celle du maire de Chalon-sur-Saône. Gilles Platret a mis fin aux menus sans porc des cantines scolaires de la commune en mars 2015 au nom du "principe de la laïcité". "L'offre de restauration ne peut pas prendre en compte des considérations religieuses. Proposer un menu de substitution dès lors que du porc est servi, c'est opérer une discrimination entre les enfants", avait-il alors estimé. La ligue de défense judiciaire des musulmans avait déposé un référé cet été, qui a été annulé par la justice.

À LIRE AUSSI
>>
Après les attentats, une vingtaine d'actes islamophobes recensés en France
>>
"Race blanche" : l'affaire Nadine Morano classée sans suite

Plus d'articles

Sur le même sujet