En nommant Bayrou Haut-commissaire au Plan, Macron récompense l'un de ses plus fidèles soutiens

Emmanuel Macron et François Bayrou à Pau en janvier 2020

GOUVERNEMENT - Soutien historique et conseiller de l’ombre d'Emmanuel Macron, le président du MoDem François Bayrou a été nommé ce jeudi à la tête d’un Haut-commissariat au Plan. Retour sur la relation de confiance qui unit les deux hommes.

Mercredi 22 février 2017, François Bayrou renonce à se présenter à l'élection présidentielle et propose à Emmanuel Macron une "alliance". Depuis, le président du MoDem a toujours été loyal envers le chef de l'Etat. Une fidélité récompensée ce jeudi 3 août par sa nomination au Haut-commissariat au Plan. 

Une revanche pour le maire de Pau, après son passage express de 34 jours (17 mai - 21 juin) au gouvernement en tant que garde des Sceaux. Il avait dû quitter la place Vendôme en raison de l’ouverture d’une enquête préliminaire dans l'affaire des emplois présumés fictifs de son parti. 

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Au Haut-commissariat au Plan, poste supprimé depuis 2006, François Bayrou fait son retour au premier plan de la vie politique. Mais même à distance du gouvernement, le maire de Pau n'a jamais cessé d'être une oreille attentive pour le chef de l'Etat, et de lui prodiguer de précieux conseils. "La vérité, c’est qu’il n’a jamais quitté le jeu politique, ni le premier cercle macroniste", avoue un soutien du chef de l’Etat ce mercredi 2 août dans Le Parisien, indiquant même qu'il tient le "rôle occulte de conseiller permanent à l’Elysée".

"Il a une utilité au Président. Il sent les choses"

"Il a une utilité au Président. Il sent les choses, il a les réflexes politiques, il fait partie de ceux qui nous ont évité de faire des bêtises : sur les réformes, le calendrier, la manière de présenter les choses", reconnaissait un conseiller de l'Elysée dans Le Parisien en septembre 2019, louant son flair. "Il y a parfois des choses que je vois et qu’il ne voit pas, et réciproquement", déclarait François Bayrou au Monde en septembre 2019 à propos du chef de l'Etat. "J’ai un peu plus de recul. 800 kilomètres de distance par rapport à Paris et un peu d’expérience, ça aide", ajoutait celui qui se vantait d'avoir alerté le Président sur la crise des Gilets jaunes avant qu'elle ne prenne de l'ampleur.

Ce que le chef de l'Etat apprécie également chez François Bayrou : que le contenu de leurs discussions ne se retrouve pas dans les médias. "Quand le président de la République dit quelque chose à François Bayrou, il sait que ça ne sortira pas", indique la ministre MoDem Jacqueline Gourault dans Le Parisien daté de ce mercredi. 

Alors dès qu'il le peut, Emmanuel Macron rend la pareille à son fidèle allié. Comme en janvier dernier, lorsqu'il prolonge d'un jour un déplacement à Pau pour le G5 Sahel, afin d'afficher son soutien à François Bayrou, candidat à la mairie de Pau, et mis en examen quelques jours plus tôt dans l’affaire des emplois présumés fictifs de son parti.

Des critiques publiques

Pour autant, François Bayrou n'a jamais refréné ses critiques, y compris publiquement. En avril, en plein confinement, il n'avait pas manqué de critiquer le gouvernement sur l'ouverture des parcs et jardins et sur la façon dont la prime aux soignants avait été distribuée. Il avait également estimé que "le masque devrait être obligatoire dans les transports en commun, notamment dans les grandes agglomérations" (il ne l’a été que le 11 mai, jour du déconfinement). "D'habitude il envoie un texto à Macron pour faire passer les messages et ça reste sous contrôle. Là, tout est sorti publiquement. C'est une façon d'envoyer des messages à la majorité", avait commenté un conseiller ministériel dans Le Parisien au mois de mai 2020.

Autre exemple moins récent : le 8 septembre 2019 à l'université d'été de La République en marche, alors qu'il doit faire son entrée sur scène avec Edouard Philippe et Stanislas Guerini, François Bayrou se fait attendre. Il souhaite montrer son mécontentement. Il n’apprécie pas que le parti présidentiel ait investi des candidats face aux centristes aux municipales, ni que le chef de l'Etat ait proposé Sylvie Goulard au poste de commissaire européenne alors qu’elle est empêtrée dans le dossier des assistants parlementaires européens du MoDem et qu'il le lui avait déconseillé. 

Mais ses sorties critiques et ses revendications, François Bayrou sait qu'il peut se les permettre. Avec ses 46 élus à l'Assemblée nationale, le MoDem est devenu un allié incontournable de La République en marche, qui y a perdu la majorité absolue. 

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