En raison du "niveau élevé des loyers parisiens", la dotation d'hébergement des députés revalorisée de 300 euros

Politique

FRAIS DE MANDAT - Le bureau de l'Assemblée a décidé, mardi 15 octobre, de revaloriser la dotation d'hébergement de 300 euros, la faisant passer de 900 à 1200 euros. Une décision liée au "niveau élevé des loyers parisiens".

Phénomène en expansion depuis des années, la hausse du prix du logement à Paris dans le parc locatif touche tout le monde, y compris les députés. Mais là où les Parisiens lambda font le choix de s'éloigner pour diminuer le poids du logement dans leur budget mensuel, les députés se sont vus octroyer une largesse supplémentaire de la part du bureau de l'Assemblée nationale, qui a acté que leur dotation d'hébergement passerait de 900 à 1200 euros au 1er novembre, soit une hausse de 33%, qui tient "compte du niveau élevé des loyers parisiens", ont indiqué les questeurs de l'Assemblée dans un rapport.

Une réévaluation qui fait passer cette dotation au même niveau que celui en cours au Sénat, et qui concernera 104 députés. En effet, 240 députés ont l'habitude de dormir dans leur bureau, quand 51 autres disposent d'une chambre dans une résidence. D'autres pouvaient encore utiliser leur allocation de frais de mandat (AFM) pour se payer une chambre ou un pied-à-terre. Sur les 104 députés utilisant cette dotation, versée sur présentation d'un justificatif et destinée à se louer un pied-à-terre, seuls 7 présentaient un loyer inférieur à la dotation de 900 euros, avançait la questure.

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Un effet d'aubaine contesté à l'Assemblée

Une réévaluation qui a un coût, "au minimum 304.000 euros", dit l'office en charge de la gestion de l'Assemblée. Et les questeurs d'anticiper que cette hausse, qui permettrait d'éviter de recourir à l'AFM, pourrait générer un effet d'aubaine et augmenter substantiellement son coût global, pour le faire passer à plus du double, rapporte l'AFP. Un comble, pour une enveloppe qui devait, comme l'écrivait Capital fin 2018, initialement limiter les coûts d'hébergement liés à l'entretien de la résidence hôtelière du Palais-Bourbon.

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Un "stage de pauvreté" pour les élus ?

Quel qu'en soit l'effet sur le budget de fonctionnement de l'Assemblée, la décision a en tout cas mis hors d'eux les représentants du personnel de l'Assemblée nationale. Le syndicat CFTC des collaborateurs parlementaires s'est ainsi faussement interrogé : "Tiens, pourtant, 'y'a pas d'argent', pour les collabs', paraît-il..." Moins sarcastique, Astrid Morne, de l'Unsa des collaborateurs parlementaires, a noté : "1200 euros ? C'est parfois le salaire que certains 'généreux' députés accordent à leurs collaborateurs... Honteux".

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