En se déclarant déjà candidat pour la présidentielle de 2022, Mélenchon veut s'imposer à la gauche

En se déclarant déjà candidat pour la présidentielle de 2022, Mélenchon veut s'imposer à la gauche

INSOUMIS - En annonçant sa candidature à la présidentielle de 2022, l'insoumis a porté un coup d’arrêt à l'hypothèse d'une candidature unique à gauche. Parti le premier, il espère profiter de sa notoriété et apparaître comme une alternative solide au duel anticipé entre Macron et Le Pen.

Jean-Luc Mélenchon a-t-il enterré l'union de la gauche ? En annonçant sa candidature à l'élection présidentielle de 2022 dimanche 8 novembre sur TF1, le leader de La France insoumise met en tout cas un coup d'arrêt à une quelconque discussion entre insoumis, écologistes et socialistes pour désigner un candidat commun. Voyant que cette union aurait de toute façon du mal à voir le jour - les partis concernés n'étant pas forcément à s'effacer au profit d'un autre -, le député a choisi de partir le premier.

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Mais le timing de son annonce, en pleine crise sanitaire, interroge ce lundi matin. "Est-ce que vous pensez que c’était le bon moment ? En pleine crise sanitaire, économique, sociale, avec le terrorisme qui est à son degré maximal d’alerte", s'est demandé le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure sur LCI. Qui a également regretté ce cavalier seul du bientôt triple candidat à la présidentielle : "La gauche, les écologistes, s’ils veulent gagner, ils ont besoin de se rassembler. Et celles et ceux qui par leurs candidatures personnelles, leurs ambitions égoïstes, menacent ce rassemblement possible, déroulent le tapis rouge sous les pieds d’Emmanuel Macron".  

Olivier Faure, un des rares à croire un peu en cette union des gauches (hypothèse contestée dans son propre parti), a poursuivi en expliquant quelle stratégie il avait choisi de suivre : "D’abord de construire un projet socialiste puis d’aller voir l’ensemble de celles et ceux qui peuvent participer à une coalition de la gauche et des écologistes pour les cinq prochaines années. Et puis, ensuite, viendra le moment où on choisira celui ou celle qui peut incarner ce mouvement."

Neutraliser les écologistes

En se positionnant clairement, Jean-Luc Mélenchon compte également profiter du flou qui règne du côté des écologistes, pourtant les mieux placés à gauche après leur succès aux élections municipales du printemps dernier. Europe Ecologie-Les Verts a décidé de passer par une primaire pour désigner son représentant. A ce jour, trois candidats se sont déclarés : l'eurodéputé Yannick Jadot, le maire de Grenoble Eric Piolle et l'ancienne vice-présidente de la région Hauts-de-France et figure féministe Sandrine Rousseau. Le scrutin devrait avoir lieu entre juin et septembre 2021.

Aussi, Jean-Luc Mélenchon espère rallier à lui les communistes, qui ont déjà prévenu qu'ils auraient un candidat en 2022. "Jean-Luc Mélenchon a fait son choix. Je le respecte. Les communistes feront le leur en temps voulu. Pour l’instant, la priorité est à faire face à la pandémie, à résister et à agir pour nos concitoyens", a réagi le secrétaire national du parti Fabien Roussel sur Twitter. 

Cette annonce précoce pourrait également neutraliser l'ancien ministre Arnaud Montebourg, qui effectue un retour ces derniers jours, et dont les idées sont proches de celles du leader de La France insoumise. Ce lundi sur franceinfo, le député LFI Adrien Quatennens a d'ailleurs jugé possible de "faire équipe" avec lui tout en relevant certains points de désaccord.

De la place "pour ceux qui voudraient nous donner le coup de main"

Pour se défendre, les insoumis justifient le timing de cette annonce par le besoin de bâtir une campagne de temps long et susciter une adhésion large au projet. Auprès de Libération, Alexis Corbière fait également valoir l'argument selon lequel les autres partis de gauche ne voudraient pas des insoumis : "Dans une période compliquée, on ne va perdre notre temps à faire mine de parler du rassemblement avec des personnes qui ne souhaitent pas se rassembler avec nous". 

Question de stature, enfin. Ils estiment aussi que leur candidat est le mieux placé pour l'emporter à gauche. "Quand je regarde autour, je ne vois pas de profil émerger" qui soit "capable de faire mieux", mais "il y aura de la place" pour "ceux qui voudraient nous donner le coup de main : ils ne seront pas méprisés", a indiqué Adrien Quatennens. Ils ont pour argument le résultat de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2017. Il était arrivé en quatrième position au premier tour, avec 19,6% des suffrages et plus de 7 millions de voix.

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