Entre Sarkozy et Hollande, qui a le plus sacrifié la Culture ?

Entre Sarkozy et Hollande, qui a le plus sacrifié la Culture ?

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FACT CHECKING - Alors que Manuel Valls s'est engagé à une hausse des crédits culturels pour 2016 après plusieurs années de disette, la droite accuse François Hollande de détenir le record des coupes budgétaires dans ce secteur depuis 1958. Nous avons voulu vérifier.

La gauche, "amie" de la culture, a-t-elle fait plus de ravages dans ce secteur que la droite au pouvoir ? C'est ce qu'affirment ces derniers jours certains responsables des Républicains (LR), qui mettent au crédit de Nicolas Sarkozy d'avoir favorisé ce secteur sous son mandat (2007-2012).

Après les annonces de Manuel Valls dimanche à Avignon - ce dernier s'engage à une hausse du budget culturel en 2016 -, le maire de Cannes, David Lisnard (Les Républicains), assure que "le compte n'y est pas". Et de rappeler que la gauche, depuis 2012, a fait subir au secteur culturel "les coupes les plus sombres et les plus arbitraires de l'Etat (-6 % entre 2013 et 2015). Jamais, sous la Ve République, un gouvernement n'avait ainsi baissé le budget de la Culture". Sans oublier que, conséquence du gel des dotations aux collectivités locales, " plus de 200 festivals " ont été annulés en France en 2015. La gauche détient-elle le record des coupes sombres ? Eléments de réponse.

 Le budget de la Culture a baissé continuellement depuis 2012
François Hollande n'avait pas inscrit, parmi ses 60 engagements de campagne , le maintien du budget de la culture. En revanche, avant son élection, il s'était engagé noir sur blanc à "sanctuariser" ce budget "durant le prochain quinquennat" . Un vilain parjure : en mettant les ministères au régime sec, il a amputé la Culture de 4 % en 2013, puis de 2 % en 2014. Pour 2015, le budget du ministère est tout juste stabilisé à 7 milliards d'euros , contre 7,5 milliards en 2011. On y trouve 4,3 milliards pour les médias, l'industrie culturelle et l'audiovisuel public, et 2,7 milliards pour la culture et la recherche.

 Les restrictions budgétaires avaient commencé avant
Sous François Hollande, le budget du ministère de la Culture a donc en effet baissé comme jamais depuis le début de la Ve République. A contrario, Nicolas Sarkozy se vantait, à la fin de son mandat, d'avoir augmenté les crédits au secteur culturel "de 21 %" entre 2007 et 2011 . Encore faut-il préciser de quel budget l'on parle. En 2009, le ministère de la Culture a largement changé de périmètre d'action, héritant notamment des aides à la presse en nette hausse ( avec un bilan mitigé, selon la Cour des comptes ) et de la contribution à l'audiovisuel public. Les seuls crédits à la culture ont, au contraire, baissé entre 2008 et 2011  : - 30 % pour le patrimoine, - 8 % pour la création, - 30 % pour la recherche culturelle. L'austérité avait donc commencé avant François Hollande.

 La Culture stagne sous la barre des 1 % du budget de l'Etat depuis 20 ans
Rapportés aux dépenses (373 milliards), les crédits du ministère dédiés à la culture et à la recherche ne représentent que 0,72 % du budget cette année. A comparer aux 31,4 milliards de crédits du ministère de la Défense (8,4 %). Mais ce n'est pas une nouveauté : les crédits du ministère de la Culture n'ont jamais dépassé 1 % du budget de l'Etat. Ce seuil symbolique n'a été atteint que deux fois depuis 1958, en 1993 et en 1996, lorsque le rattachement de directions était venu gonfler le budget du ministère . On peut toutefois se rassurer en se disant que le budget de la Culture a augmenté de 775 %, en euros constants, en un demi-siècle. Et qu'André Malraux, l'un des hôtes les plus connus du ministère, a mené sa politique avec des crédits qui, dans les années 1960, atteignaient à peine 0,4 % du budget de l'Etat.

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