Quels sont les chantiers de François de Rugy, nouveau ministre de la Transition écologique ?

Politique
AU BOULOT - Le président de l'Assemblée nationale François de Rugy a été choisi pour remplacer Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique. Focus sur les chantiers du nouveau ministre.

"Nous ne changerons pas de cap". Le Premier ministre, Édouard Philippe, l’avait assuré quelques heures à peine après l’annonce de la démission de Nicolas Hulot, la feuille de route environnementale du gouvernement ne sera pas modifiée. François de Rugy, qui a été choisi ce mardi comme nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire, sait donc globalement ce à quoi il va devoir s'atteler.


Le principal chantier qui attend celui qui occupait jusqu'alors la présidence de l'Assemblée nationale sera celui de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), censée mettre en oeuvre les objectifs de transition énergétique sur les périodes 2018-2023 et 2024-2028. Si l’objectif reste de faire diminuer la part du nucléaire dans le mix énergétique, l’incertitude plane sur le maintien de la part de l'électricité produite par les centrales nucléaires. 

Déjà, l’ex-ministre de la Transition écologique avait dû renoncer l’an dernier, à contre cœur évidemment, à l’objectif fixé lors du précédent quinquennat de réduire la part du nucléaire de 75% à 50% à l’horizon de 2025. Néanmoins, depuis des mois, il se démenait pour obtenir la fermeture d’un maximum de réacteurs, tout en évitant la création d’un second EPR.

Fessenheim et puis...

Dans le cadre de la PPE, une échéance précise prévoyant le nombre et les noms des réacteurs à fermer devait voir le jour. Mais mardi, en expliquant sur France Inter les raisons de son départ, Nicolas Hulot avait laissé entendre qu’il éprouvait des difficultés à imposer ses vues. A ce jour, seule la fermeture des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim est actée. Son successeur va donc devoir batailler ferme s’il veut engager une baisse substantielle de la part du nucléaire dans l’électricité fabriquée en France.


Autre sujet qui attend François de Rugy, celui de la mise en place du plan d’action contre la pollution, en collaboration avec la ministre des Transports, Elisabeth Borne. En juillet, Nicolas Hulot avait détaillé un certain nombre d’engagements en faveur d’une mobilité propre et d’une amélioration de la qualité de l’air. Un plan vélo devait à cette occasion être présenté en septembre. L’ex-ministre envisageait également d’expérimenter dès l’année prochaine la mise en place de voies réservées aux véhicules en covoiturage, comme cela est le cas dans un certain nombre de villes aux États-Unis.

La "Montagne d'or" verra-t-elle le jour en Guyane ?

Quid également de l’introduction de deux ourses slovènes dans les vallées des Pyrénées-Atlantiques. Celle-ci devait avoir lieu dans les prochaines semaines. Mais cette démission fait craindre aux partisans de cette réintroduction qu’elle n’est finalement pas lieu. A l’inverse, les éleveurs ne cachent pas leur soulagement, en espérant que ce projet tombe désormais à l’eau. 


Sans être une priorité, le projet d’établir un gigantesque site minier en Guyane, prévoyant l’extraction de 7 tonnes d'or par an, est toujours d’actualité. Alors ministre de l’Economie, Emmanuel Macron s’est déclaré favorable en 2015 à sa création. Depuis, aucune décision définitive n’a été prise. Mais Nicolas Hulot n’a jamais caché son hostilité à la "Montagne d’or". En juin à l’Assemblée nationale, il avait déclaré vouloir regarder de plus près les "impacts environnementaux" d’un tel projet tout en s’interrogeant sur ses réels "bénéfices économiques". Selon le JDD, la décision finale était théoriquement attendue pour cet automne.

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