Epinglé par le fisc, Emmanuel Macron n'est "dupe de rien"

Politique
IMPÔTS - Le ministre de l'Economie va devoir payer de façon rétroactive l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Des vérifications menées par le fisc ont conduit à réévaluer le patrimoine de son couple. Interrogé, Emmanuel Macron a déclaré être "en règle avec l'administration fiscale", évoquant une tentative de "déstabilisation".

Emmanuel Macron va devoir mettre la main au portefeuille. C'est en tout cas ce qu'assurent mardi Mediapart et le Canard enchaîné, selon lesquels le ministre de l'Economie va devoir payer de façon rétroactive l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Des vérifications menées par le fisc auraient en effet conduit à réévaluer le patrimoine de son couple.

Selon Mediapart , "les vérifications entreprises" après son arrivée à Bercy, dans le cadre des mesures de transparence mises en place après l'affaire Cahuzac, ont conduit le fisc à réévaluer son patrimoine, lui faisant "franchir le seuil de l'ISF". Selon le Canard enchaîné, le litige avec le fisc, qui a donné lieu à plus d'un an et demi de discussions, a porté en particulier sur la valeur de la demeure de son épouse au Touquet (Pas-de-Calais). Cette dernière a été estimée par l'administration à 1,4 million d'euros, au lieu des 1,2 million avancés par le ministre, qui a contracté un emprunt pour y réaliser des travaux.

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Un rattrapage de moins de 10.000 euros

Le ministre "a finalement admis qu'il devait payer l'ISF et déposé une déclaration rectificative pour les années 2013 et 2014", poursuit le site d'information, qui précise néanmoins que le rattrapage devrait "rester inférieur à 10.000 euros, intérêts ou pénalités compris". Contactée par l'AFP, une porte-parole de Bercy n'a pas souhaité confirmer ces informations, évoquant le "secret fiscal". Selon sa déclaration de patrimoine disponible sur le site de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), le ministre a gagné près de 2,4 millions d'euros lors de son passage à la banque Rothschild, entre 2011 et mai 2012.

Interrogé en marge d'une visite d'usine à Saint-Amand (Nord), Emmanuel Macron a assuré n'avoir "fait l'objet d'aucun redressement fiscal", sans toutefois démentir être désormais assujetti à l'ISF. "Je suis en règle avec l'administration fiscale et avec la Haute autorité pour la transparence de la vie publique", a assuré le ministre. "Depuis le premier jour, je me suis conformé à ce que ces deux instances ont demandé", a-t-il ajouté.

Fuites au cabinet ?

Selon Emmanuel Macron, invité à réagir ce mardi durant un déplacement, le calendrier de cette nouvelle polémique – quatre jours après celle sur son "costard" – ne doit rien au hasard. "Je ne suis dupe de rien, sachez-le!", a estimé le ministre, évoquant "le fait que ces derniers jours et ces dernières semaines", "il y ait un emballement sur à peu près tous les sujets pour essayer de (le) déstabiliser". Un message relayé par le député PS Pascal Terrasse, proche du ministre, qui considère que ce dernier est "la cible d'attaques parce qu'il dérange". "Nous ne savons pas d'où viennent ses fuites. Peut-être des soldats mal intentionnés de Bercy, restés au pouvoir après l'alternance de 2012", a-t-il dénoncé.

Emmanuel Macron avait suscité la polémique mi-avril, en s'en prenant dans une interview à l'ISF. "Si on a une préférence pour le risque face à la rente, ce qui est mon cas, il faut préférer la taxation sur la succession aux impôts de type ISF", avait-il déclaré. Ces propos lui avaient valu un rappel à l'ordre de Manuel Valls. "Supprimer l'impôt sur la fortune, qu'on peut toujours améliorer, rendre plus efficace d'un point de vue économique, serait une faute", avait-il répliqué.

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