Eric Piolle, le maire écolo de Grenoble, en route pour 2022 ?

Eric Piolle, maire EELV de Grenoble
Politique

AMBITIONS - Eric Piolle, le maire écologiste de Grenoble confortablement réélu dimanche dernier, regarde maintenant comment prendre plus de place sur la scène politique nationale. Avec la présidentielle de 2022 en ligne de mire ?

Eric Piolle est sorti de son territoire et s'est révélé à de nombreux Français à l'occasion de ces élections municipales. Lui, le premier maire écologiste d'une grande ville, avait endossé son costume de VRP pour aller soutenir les candidats Verts un peu partout en France, et rassurer les électeurs quant à leur capacité à diriger une mairie. Dimanche, il a été réélu à Grenoble avec 53,13% des voix pour un deuxième et, assure-t-il, dernier mandat. Il veut maintenant s'employer à étendre le succès de son "arc humaniste" à l'échelle nationale.

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Cette alliance inédite entre EELV, RFI (PG à l'époque) et militants non encartés, élargie depuis au PCF, à Génération.s et à d'autres, "prend de l'ampleur", se réjouit l'édile. "Donc notre voix porte et ma voix porte, oui. Elle portera pour construire au niveau national un 'arc humaniste' qui donne un débouché politique à une majorité culturelle", affirme-t-il.

Du premier mandat de l'ancien cadre dirigeant de Hewlett Packard, le secrétaire national d'EELV Julien Bayou retient sa façon "d'assumer la gagne, le leadership". "Eric a été un rayon de soleil dans les municipales moroses de 2014. Il a joué le rôle d’un laboratoire sur l’accession au pouvoir et la conduite du changement. Et de labo, il est devenu une vitrine", a-t-il déclaré au Monde. "Une mue", dit-il à l'AFP, que le mouvement écologiste est "aussi en train de faire". "Travailler à articuler différents cercles, EELV s'y emploie aussi. Ça se fait en bonne intelligence", ajoute-t-il, louant le côté "très collectif" de cet homme "sympa".

"Il est sympa mais il aime être chef"

"Il est sympa mais il aime être le chef", nuance Elisa Martin, première adjointe LFI de Piolle, reprenant à son compte une formule de Cécile Duflot, ancienne patronne d'EELV. Toujours auprès de l'AFP, elle décrit "une grosse capacité de travail", un esprit vif, enclin à changer d'avis face à des arguments fondés.

Matthieu Chamussy (DVD, ex-LR), leader du groupe d'opposition de droite qui ne s'est pas représenté, évoque un homme "beaucoup plus politique qu'on ne croit de prime abord". Pour lui, "Eric Piolle a deux visages : l'homme sympathique dans la relation personnelle et la lame politique capable de dérouler des décisions avec la froideur et la dureté d'un tableau Excel"

Pour sa conquête nationale, Eric Piolle pourra compter sur Cécile Duflot, dont il est proche, ainsi que Daniel Cohn-Bendit et Nicolas Hulot. Ce partisan des rassemblements à grande échelle n'a pas non plus de problème à s'afficher avec Anne Hidalgo, qu'il a soutenue à Paris, et est apprécié d'une partie des insoumis. 

Jadot, son principal adversaire ?

S'il confirme ses ambitions pour 2022, il devra s'opposer à Yannick Jadot, artisan du succès aux dernières élections européennes, considéré comme plus à droite. Et à lire certaines déclarations dans le Monde, la bataille de leadership entre les deux hommes a bel et bien débutée. "Yannick Jadot ? C’est un député européen, on en a treize", observe-t-il. "C’était pas malin ni réaliste de dire qu’on veut faire la peau d’Anne Hidalgo et Johanna Rolland", la maire de Nantes. Mais pour Julien Bayou, "ils disent la même chose. On n’est pas dans la situation de la droite avec Alain Juppé et François Fillon ou de la gauche avec Arnaud Montebourg et Manuel Valls". S'entendront-ils là-dessus d'ici 2022 ? 

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