Et Christine Boutin appela à détruire les crèches de Noël

Et Christine Boutin appela à détruire les crèches de Noël

DirectLCI
POLEMIQUE - La fondatrice du parti chrétien-démocrate ne décolère pas contre le retrait de la crèche de Noël du conseil général de Vendée. Sur Twitter vendredi, Christine Boutin a poussé, littéralement, le raisonnement jusqu’à l'absurde...

Non, le débat sur les crèches de Noël n'est pas en train de tourner à l'outrance... Comme chaque année, il a été relancé cette semaine suite au retrait de celle du conseil général de Vendée, sur décision du tribunal administratif, au nom du respect de la laïcité dans les bâtiments de l'Etat. Provoquant l'ire d'une partie de la droite et de l'extrême droite.

Ne décolérant pas depuis trois jours, la fondatrice du parti chrétien-démocrate, Christine Boutin, a lancé vendredi sur Twitter cet appel inattendu : "Sans doute excessif mais cohérent pour montrer la bêtise des ayatollahs laïcistes : Détruisons les crèches de Noël !"

Un raisonnement par l'absurde

En lien de ce message, Christine Boutin renvoie à un édito de Pierre Beylau , journaliste au Point. Intitulé "Détruisons les crèches de Noël !", celui-ci se fait fort de tirer les conséquences de la décision du tribunal administratif de Nantes, proposant d'"extirper tout signe religieux de l'espace public" :

- "Au nom de la laïcité, dynamitons les calvaires, arasons les clochers, épurons notre espace public et notre histoire de tout signe religieux".
- "Les musées - ce sont des espaces publics - devront être nettoyés de leurs fatras cléricaux genre vierge à l'enfant ou scène de l'apocalypse".
- "Gare au boulanger qui s'aviserait de mettre entre deux miches le petit Jésus encadré de Marie et Joseph flanqués d'un bœuf et d'un âne".
- "Proclamons la loi martiale pour interdire les pardons en Bretagne, les processions à Lourdes".
- "Enfin, notre vocabulaire devra être expurgé".

EN SAVOIR +
>> Retrait d'une crèche de Noël : laïcité respectée ou culture bafouée ?


Un pot-pourri de propositions qui, au prétexte d'un raisonnement par l'absurde, contribuent à entretenir des contre-vérités mensongères sur la laïcité en France. Voici pourquoi :

- La loi de 1905 , sur laquelle se fonde la décision du tribunal administratif de Nantes, précise explicitement qu'elle s'applique "à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires". Les clochers peuvent donc continuer de faire la nique aux beffrois.
- Au nombre des exceptions prévues par la loi figurent également les "musées ou expositions". Le Louvre peut donc garder La mort de la Vierge (Le Caravage).
- La même loi ne s'applique qu'aux espaces et monuments publics : le boulanger peut donc bien faire ce qu'il veut avec ses miches.
- Aucune loi, en France, n'interdit les processions religieuses, pas plus que les messes ou les "pardons". Celle de 1905 dit simplement que ce n'est pas à l'Etat de les organiser. Lourdes peut donc continuer à se laisser inonder de pèlerins.
- La liberté d'expression est garantie depuis la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Nul besoin, donc, d’expurger le vocabulaire français de toute connotation religieuse.

En somme, l'unique vérité de cet éditorial reste peut-être sa conclusion : "La sottise, elle, a encore de beaux jours devant elle..."

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter