Études de santé : le numerus clausus supprimé en 2020 pour "arrêter le gâchis humain"

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FAC - La ministre de la Santé Agnès Buzyn a confirmé lundi soir la suppression à la rentrée 2020 du numerus clausus, qui limite l'accès à la deuxième année des études de médecine, pharmacie, dentaires ou de sages-femmes. Désormais, il y aura des examens classiques en fin de première et de deuxième année.

Près de 50 ans après sa création, il va disparaître. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a confirmé lundi soir dans Le Parisien la suppression du numerus clausus à la rentrée 2020. Une annonce qui devrait également être évoquée mardi par Emmanuel Macron lors de la présentation du "plan santé". Désormais, a annoncé la ministre, "comme dans toutes les filières, des examens sanctionneront le passage en deuxième année puis en troisième". 


Le numerus clausus limite actuellement le nombre d'étudiants admis en deuxième année d'études de médecine, sages-femmes, dentaires ou de pharmacie. À l'issue d la première année commune aux études de santé (Paces), environ 60.000 étudiants doivent passer un concours qui limite à 13.500 le nombre de passage en deuxième année.

"Jamais eu autant de médecins dans notre pays"

Institué depuis 1971, le numerus clausus  a d'abord été mis en place uniquement pour les médecins. D'abord fixé à environ 8500, il a été abaissé jusqu'à 3500 en 1993, avant d'être remonté à partir de 1998, à cause du manque de médecins, pour atteindre 8205 en 2018. Depuis 1991, il a été complété par un numerus clausus pour l'odontologie (dentaire), puis en 2005 pour la maïeutique (sages-femmes) et et la pharmacie.


L'augmentation récente du numerus clausus n'a pas empêché l'existence de déserts médicaux, d'autant plus que les effets de son augmentation sont différés dans le temps, car il faut plus de 10 ans pour former un médecin. La France pourrait manquer de médecins jusqu'en 2025.

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"Cela ne réglera pas le problème de la démographie médicale", explique Agnès Buzyn dans Le Parisien. "Aujourd'hui, en nombre, il n'y a jamais eu autant de médecins dans notre pays, mais le temps disponible face aux patients s’est réduit. Comme dans toutes les professions, les médecins veulent davantage concilier vie professionnelle et vie personnelle. Il manquera encore de généralistes ou de spécialistes dans certains territoires. Contrairement aux idées reçues, le numerus clausus n’est pas responsable de la pénurie de médecins."

Une sélection actuelle inadaptée ?

Pour la ministre, la suppression du numerus clausus a pour but de "diversifier les profils" et d'"arrêter le gâchis humain". Agnès Buzyn évoque "des générations entières de jeunes qui obtiennent le bac parfois avec une mention bien ou très bien, mais qui se voient refuser l’entrée dans des études de médecine et vivent cela comme un échec fondamental". 

"Nous ne pouvons pas sélectionner les futurs médecins uniquement sur leurs compétences en maths ou en physique. Nous avons aussi besoin de profils numériques, humanistes, que l'actuelle sélection ne favorise pas", poursuit la ministre de la Santé. "Enfin (...) il s’agit d'en finir avec la souffrance des étudiants en première année. On voit une hausse des abandons, des dépressions, des suicides… C'est bien que quelque chose ne va pas dans notre système."

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