Européennes : la campagne officielle commence ce lundi, qu'est-ce que ça change ?

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DERNIÈRE LIGNE DROITE - La campagne officielle pour les élections européennes commence ce lundi en France. Clip de campagne, temps de parole millimétré... voici ce qui change.

La campagne officielle pour les européennes commence ce lundi 13 mai et s'achèvera le 25 mai, veille du scrutin. Les affiches des candidats ont commencé à être collées sur les panneaux officiels à proximité des bureaux de vote. Mais puisque les listes sont déposées depuis plusieurs jours et que les candidats ont déjà commencé à tenir des meetings dans différentes villes de France, en quoi ces deux prochaines semaines seront différentes ? 

Médias : pas le même temps d'antenne pour tout le monde

La campagne médiatique audiovisuelle est lancée depuis le lundi 15 avril. Depuis bientôt un mois, les temps d'antenne sur les chaînes de télévision et de radio publiques sont comptabilisés pour chaque liste, comme nous vous l'expliquions dans cet article détaillé. Appliquée pour la première fois pour une élection européenne, la loi du 25 juin 2018 sera appliquée. Elle a modifié les règles du CSA concernant la campagne audiovisuelle officielle pour mieux équilibrer l’attribution des temps d’antenne entre les listes soutenues par des partis ayant des groupes parlementaires, et les autres listes sans soutien au gouvernement ni au parlement.


A partir de ce lundi, les 34 listes enregistrées par le Ministère de l’intérieur bénéficieront d’un temps d’antenne sur les chaînes de télévision et de radio publiques. Ce temps d'antenne "obligatoire" sera découpé en trois catégories : 

- une durée d’émission de 3 minutes pour chaque liste ;

- une durée d’émission de 2 heures répartie entre les listes en fonction du nombre de députés, de sénateurs et d’eurodéputés français ayant déclaré les soutenir. Les listes les plus soutenues ont donc plus de temps que les autres.

- une durée d’émission supplémentaire d’1h30, répartie par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour toutes les listes en fonction des durées d’émission qui leur ont déjà été attribuées, de leur représentativité notamment au regard des résultats obtenus aux précédentes élections et de leur contribution au débat politique.


En fonction de ces critères, les listes se retrouvent avec une durée d'antenne très différente : de plus de 55 minutes pour La République en Marche à 3'33 pour les petits mouvements et formations.

Clips et débats : un calendrier calibré

Le CSA a imposé trois calendriers pour diffuser les clips de campagnes et les prises de paroles des listes pour les Européennes chaque jour. L'ordre de diffusion des listes a été déterminé par tirage au sort. Les diffusions démarreront mardi 14 mai. Chaque liste aura droit à trois jours, où sera diffusée une des trois catégories d'émission citées plus haut. Le CSA a ressemblé en trois tableaux les différentes diffusions prévues chaque jour jusqu'à la fin de la campagne médiatique.


Le 15 mai, les têtes de listes débattront pour la première fois tous ensemble. A 21 heures, le Parlement organisera un débat entre candidats à Bruxelles. Il se tiendra au sein de l'hémicycle et sera organisé et diffusé dans toute l'Europe par l'Eurovision. De nombreux débats télévisés mettront ensuite en scène un certain nombre de candidats, sans qu'il soit possible de faire venir les 34 têtes de liste sur un plateau. Chacun de ces débats sera comptabilisé comme du temps d'antenne pour les candidats présents.


Si le panorama médiatique va donc être plus axé sur les Européennes, la grande différence se joue sur le terrain. A partir de ce lundi, les meetings seront donc désormais à prendre en compte dans les dépenses électorales officielles, à la différence des précédents, organisés à la charge de chaque liste. L’affichage électoral sur des panneaux urbains et l’envoi de tracts aux électeurs par la commission de propagande sont également autorisés. Là, pas de limite de quantité, cela dépend du budget de chaque liste. Puis le 24 mai à minuit, la campagne audiovisuelle s'achèvera, un jour avant la fin de la campagne officielle, le 25. Il sera alors interdit de distribuer et de diffuser des documents électoraux.

Déplacements, meetings : tout au frais de l'Etat à partir de 3%

Chaque liste doit financer le coût de sa campagne. Après les résultats, seules certaines listes se feront rembourser leurs dépenses électorales par l'Etat, sous la condition de rassembler plus de 3% des suffrages exprimés. Le plafond de remboursement des dépenses électorales est porté à 9,2 millions d’euros par liste de candidats. Il peut être augmenté dans la limite de 2%, soit 184 000 euros, sous justification des frais de transport pour mener sa campagne dans les départements et collectivités d’outre-mer.


Par ailleurs, les comptes de campagne publiés par chaque liste seront complétés cette année par une annexe détaillée des dépenses de chaque parti ou groupement politique qui soutient une liste de candidats. Elle comprendra les avantages, prestations de services et dons en nature fournis par ces partis et groupements aux listes de candidats.


A la charge des listes en attendant les résultats : imprimer les bulletins de vote, les affiches et les professions de foi, qui seront envoyés à chaque électeur. Les listes dépensent ainsi entre 800 000 et 1,5 million d’euros pour les activités dites "de propagande". Un coût trop important pour certaines petites listes qui sont déjà quasiment assurée de ne pas dépasser les 2%. A l'image du Parti Pirate, qui a décidé de proposer directement à ses électeurs de télécharger et d'imprimer leur bulletin de vote, plutôt que d'en déposer dans tous les bureaux du pays.


Pour contrebalancer cette différence de moyens financiers et ainsi respecter la démocratie, le ministère de l’Intérieur va proposer sur un site les professions de foi de chaque liste enregistrée. L’état prend aussi à sa charge un spot de campagne, qui sera diffusé sur les chaînes et radio publiques en fonction des calendriers du CSA.

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