Fin de vie : Macron ne mettra pas le débat sur la table "en fin de quinquennat"

Le président de la République Emmanuel Macron, le 14 octobre 2021.

EUTHANASIE - Attendu à Rome, vendredi 26 novembre, notamment pour rencontrer le pape François, Emmanuel Macron s'est confié sur plusieurs sujets sociétaux dans l'avion le conduisant en Italie, notamment le débat de la fin de vie.

Le sujet est aussi sensible que difficile. En visite à Rome, vendredi 26 novembre, Emmanuel Macron doit notamment ratifier le traité du Quirinal, qui mettra l'accent sur le renforcement de la coopération entre la France et l'Italie. Ce traité englobe d'autres sujets communs, comme la culture et l'éducation, l'engagement commun en Méditerranée et en Afrique ainsi que la coopération dans le domaine de l'espace. Avant la signature, le président de la République sera reçu, dans la matinée, au Vatican par le pape François, pour la deuxième fois de son quinquennat et un mois après son Premier ministre Jean Castex. 

Dans l'avion qui l'amenait de Zagreb à Rome, le chef de l'État s'est montré plutôt bavard. Il a expliqué à plusieurs journaux, dont Le Figaro et La Croix, qu'il ne se rendait "pas (au Saint-Siège) pour faire passer un message, mais pour écouter" le souverain pontife. Ensemble, ils devraient évoquer plusieurs sujets sociétaux, dont la crise migratoire, deux jours après le naufrage qui a coûté la vie à 27 personnes dans la Manche. En revanche, ils ne discuteront pas du droit de mourir, Emmanuel Macron considérant qu'il est "de mauvaise méthode de vouloir mettre le sujet de la fin de vie sur la table en fin de quinquennat".

Vers une convention citoyenne après 2022 ?

Comme le relate Le Figaro, le locataire du palais de l'Élysée a laissé entendre qu'il ne ferme pas définitivement la porte, alors qu'une majorité de Français (82%) se prononçait en faveur à un référendum sur la légalisation du suicide assisté et de l'euthanasie, selon un sondage Ifop, rendu public le 9 juillet dernier. Pour l'avenir, Emmanuel Macron a confié y "réfléchir" et ne s'est pas dit opposé à l'idée d'une convention citoyenne sur la fin de vie dans l'hypothèse d'un nouveau mandat. 

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Le débat sur la fin de vie en questions

Depuis 2017, le président Macron s'est bien gardé de révéler le fond de sa pensée sur l'euthanasie. Récemment, l'Élysée a revendiqué que le président de la République n'a "pas vocation à donner son avis personnel sur tous les sujets de société". Sollicité par La Provence, début septembre 2021, sur une transposition de l'expérience de la Convention citoyenne sur le climat, il avait insinué qu'il était favorable à ce type de concertation sur "un problème qui travaille la société." "Typiquement, pour la fin de vie, ça peut avoir beaucoup de sens de demander à des citoyens de nous éclairer", avait-il ajouté.

"Tout le monde s'accorde à souhaiter une fin de vie plus digne", avait rebondi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, quelques jours plus tard dans Le Monde. "L'idée (est) de donner la parole aux Français, car toute évolution sur ce sujet nécessite une validation de leur part dans le cadre de la présidentielle. Je souhaite donc que l'on puisse s'y engager dans ce cadre."

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En avril dernier, la proposition de loi sur "une fin de vie libre et choisie", portée par le député Olivier Falorni, du groupe Libertés et territoires, n'avait pu aboutir, freinée par le dépôt des milliers d'amendements par des députés Les Républicains. Devant les bancs de l'Assemblée nationale, le ministre de la Santé Olivier Véran avait expliqué ne "pas (être) convaincu qu'il faille ouvrir aujourd'hui ce débat d'envergure" sur l'euthanasie. "Le débat mérite d'avoir lieu, ça ne fait aucun doute", mais "il faut un débat serein", sur un sujet aussi "sensible", avait-il appuyé devant le Parlement. Cela "nécessite le temps d'un débat parlementaire et je crois d'un débat national aussi", "impliquant les soignants, les associations et les corps intermédiaires."

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