Evacuations par centaines, réa sur la corde raide... L’Île-de-France au cœur des inquiétudes

Evacuations par centaines, réa sur la corde raide... L’Île-de-France au cœur des inquiétudes

COVID-19 - Le ministre de la Santé a confirmé ce jeudi que la situation sanitaire en Ile-de-France était préoccupante, notamment à cause du nombre de patients hospitalisés en réanimation. "Des dizaines, voire des centaines" pourraient être transférés vers d'autres régions dès cette fin de semaine.

"La situation épidémique et sanitaire en Ile-de-France nous préoccupe tout particulièrement." Olivier Véran a confirmé ce jeudi 11 mars lors du point presse hebdomadaire consacré à l'épidémie de Covid-19 que cette région était particulièrement surveillée. Alors que "l’incidence et la circulation du virus y est élevée" (350 cas pour 100.000 habitants, jusqu'à 400 pour 100.000 dans le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis), c'est le nombre de patients en réanimation qui inquiète le gouvernement. 

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"Notre inquiétude se porte particulièrement sur les réanimations, qui font face à une très forte augmentation du nombre de patients Covid", a indiqué le ministre de la Santé. "Toutes les douze minutes un Francilien, nuit et jour, est admis en lit de réanimation en Ile-de-France. Ce soir, 1.080 patients y sont pris en charge, presque le pic de la deuxième vague. Si le rythme continue à être le même, nous dépasserons les 1.500 patients Covid en réanimation en Ile-de-France à la fin du mois de mars, ce qui correspond à un seuil critique pour les hôpitaux de cette région", a-t-il prévenu. 

Invité de LCI, vendredi 12 mars, Jean-Michel Constantin chef du service réanimation à la Pitié-Salpêtrière, ne pouvait qu'abonder : "On est excessivement sous tension. Ça fait quinze jours qu'on arrive à tenir la tête hors de l'eau parce qu'on s'échange les patients d'un hôpital à un autre, mais depuis 48 heures, on a encore une accélération des admissions en réanimation. On arrive au bout du système." 

Pour faire face à la situation, l'ensemble des établissements de santé publics et privés ont été mobilisés, et ont été invités à déprogrammer des soins chirurgicaux pour libérer des lits. Aussi, "nous préparons des transferts importants de patients vers les autres régions, qui pourraient avoir lieu", a annoncé Olivier Véran, parlant de "dizaines, voire de centaines de patients qui pourraient être évacués de l’Île-de-France vers d'autres hôpitaux [...] du territoire national". Un recours qui devrait être activé dans les prochains jours. 

Une solution qui s'apparente à "vider le tonneau des Danaïdes à la louche", sourit Jean-Michel Constantin. Christophe Prudhomme, de l'association des médecins urgentistes de France, estime qu'il faudrait au contraire "faire venir du personnel", un moyen "beaucoup plus efficace" et moins consommateur de personnel que les transferts de patients.

Bientôt de nouvelles mesures restrictives ?

Si la situation est si inquiétante, pourquoi le gouvernement ne prend-il pas de mesures restrictives en Ile-de-France ? "Nous ne refusons a priori aucunes mesures susceptibles de protéger les populations", a prévenu le ministre de la Santé. "Ce que j’ai décrit de la situation épidémique en Ile-de-France n’est pas celle d’une courbe exponentielle mais qui a plutôt tendance à se stabiliser. (...) Ce à quoi on assiste c’est qu’il y a davantage d’entrées en réanimation qu’il n’y a de sorties, puisqu’il y a davantage aujourd’hui de cas graves qu’il y avait il y a deux semaines. Dans quelques jours, le nombre de sorties va être amené à augmenter, et si le nombre d’entrées n’augmente pas dans la même période, alors nous pourrions atteindre un point d’équilibre et éviter la saturation de nos hôpitaux", a-t-il expliqué. 

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Mais il a également indiqué que "si l'épidémie se poursuit à ce niveau et à ce rythme et si la pression sanitaire devient malgré tout trop forte, alors nous prendrions toutes les mesures qui s’imposent". Laissant ainsi planer le spectre d'un confinement...

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