Eviction de Rokhaya Diallo : le seul membre du Conseil national du numérique à ne pas avoir démissionné explique pourquoi il est resté

Eviction de Rokhaya Diallo : le seul membre du Conseil national du numérique à ne pas avoir démissionné explique pourquoi il est resté

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DÉMISSION - Moins de dix jours après la constitution de l'équipe du Conseil national du numérique, la totalité des membres ont déjà démissionné, à l'exception d'un. Ce dernier membre, Jean-Philippe Delbonnel, nous explique pourquoi il a préféré rester.

Il est le dernier des Mohicans... ou le capitaine du Titanic. Jean-Philippe Delbonnel, 26 ans, est désormais le seul membre du Conseil national du numérique encore en poste. Nommé le 11 décembre dernier, il faisait partie de la trentaine d'experts bénévoles mandatés par le Premier ministre pour conseiller le gouvernement "dans le développement du numérique dans plusieurs secteurs de la société". Mais en une semaine, le bateau a pris l'eau et l'institution a fait plouf. 


En cause, la nomination de Rokhaya Diallo, militante "féministe intersectionnelle et décoloniale", qui n'a pas été digérée par de nombreux contradicteurs issus de la droite identitaire, notamment la députée LR Valérie Boyer ou le Printemps Républicain. Face à la pression des réseaux sociaux, l'essayiste, qui avait dénoncé "le racisme d'Etat" visant certaines franges de la population, a donc été remerciée. 


Elle a, suite à cette décision, regretté de ne pas avoir "le droit de collaborer avec les institutions de son propre pays" parce qu'elle avait osé "dire publiquement qu'elles sont imparfaites". La présidente du conseil, Marie Ekeland, et la quasi-totalité ont démissionné en cascade dans les jours qui ont suivi pour manifester leur solidarité, vidant ainsi l'institution de sa substance. 

"Inconcevable de démissionner"

Malgré cette vague de départs aux allures de fronde, Jean-Philippe Delbonnel, a choisi de rester et confie à LCI assumer sereinement sa décision. Il explique qu'il aurait été pour lui "inconcevable de démissionner", car il se fait "une haute idée des institutions républicaines". Heureux que la polémique soit terminée, le jeune conseiller municipal délégué au développement numérique de Fleury-les-Aubrais (Loiret), "ne cautionne pas les propos de Rokhaya Diallo" mais assure "respecter tout le monde", d'autant plus "qu'il ne la connaissait pas et qu'elle aurait pu être un élement en plus". 


Un sentiment de gâchis renforcé par le départ de Marie Ekeland "qui aurait pu être une excellente présidente" et dont il loue les qualités sans réserve. "On ne nous a pas laissé le temps d'être jugé par nos actes", regrette le conseiller LREM qui préfère passer sur la polémique et se mettre au travail.

On ne nous a pas laissé le temps d'être jugé par nos actesJean-Philippe Delbonnel

Ses ex-collègues pourraient éventuellement reprocher au jeune élu un manque de solidarité voire de courage mais sa décision a été respectée, assure-t-il, même s'ils n'ont pas eu le temps de réellement échanger. La loyauté du jeune conseiller reste du côté du secrétaire d'État chargé du Numérique, Mounir Mahjoubi, mis dans une position très inconfortable avec cette polémique.


Le prodige du gouvernement en matière de numérique a annoncé dans le Figaro qu'un nouveau CNNum serait nommé début 2018, pour éteindre définitivement l'incendie. D'ici-là, Jean-Philippe Delbonnel, qui va proposer une nouvelle feuille de route au secrétaire d'État, assure "être disponible pour travailler, enfin !"

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