Ex-"DSK boy", franc-tireur de la Macronie... 5 choses à savoir sur Benjamin Griveaux, le candidat LaRem pour les municipales à Paris

Politique
ELECTIONS - L'ex-secrétaire d'Etat et député Benjamin Griveaux a été désigné candidat par la commission d'investiture LaREM en vue des municipales à Paris. LCI revient sur le parcours de cet ancien strauss-kahnien très proche d'Emmanuel Macron.

Cette fois, il est lancé. Trois mois et demi après son départ du gouvernement, Benjamin Griveaux a été officiellement désigné mercredi soir par la commission nationale d'investiture LaRem, face à son dernier concurrent, Hugues Renson, après que Cédric Villani avait jeté l'éponge, un peu plus tôt dans la journée. A huit mois des élections municipales, cet homme-clé de la Macronie qui s'inquiétait de l'activisme de l'actuelle maire de Paris, Anne Hidalgo, va pouvoir lancer à son tour ses soutiens dans la campagne. 


Après le tour de chauffe des dernières semaines - des déplacements de terrains et une ébauche de propositions pour la capitale -, il lancera en septembre une plateforme participative ainsi que des consultations auprès des Parisiens pour recueillir leurs bonnes idées. Les habitants de la capitale auront, de leur côté, l'occasion de découvrir ce très proche d'Emmanuel Macron âgé de 41 ans dont le cheminement politique est déjà fourni. A cet effet, LCI revient sur les éléments marquants de son parcours. 

Un "DSK boy"

Le jeune quadra qui se présente à la mairie de Paris a un CV déjà particulièrement fourni sur le plan politique. Diplômé de Science Po Paris (1999) puis de HEC (2001), il n'a pas réussi l'ENA, à la différence d'Emmanuel Macron, mais il s'est impliqué très tôt dans la chose publique en adhérant au Parti socialiste au début des années 2000. Un PS version Dominique Strauss-Kahn, puisqu'il a été le collaborateur de l'ancien ministre - alors député - durant quatre ans (2003-2007), oeuvrant au sein des cercles associant les partisans de DSK aux jeunes rocardiens sous le nom du think tank "A gauche en Europe", tout en contribuant au sein de la fondation Jean-Jaurès.


C'est à cette époque qu'il a rencontré plusieurs personnalités qui ont formé par la suite le coeur de réacteur du macronisme. En 2006, il a ainsi soutenu la candidature de DSK à la primaire socialiste (finalement remportée par Ségolène Royal), en compagnie d'Ismaël Emelien (conseiller d'Emmanuel Macron jusqu'en mars 2019), de Cédric O (actuel secrétaire d'Etat au numérique), de Stanislas Guérini (député et patron de LaREM) et de Sibeth Ndiaye (porte-parole du gouvernement). 


En 2008, c'est encore à l'ombre d'un ex-strauss-kahnien, Christophe Sirugue, élu à Châlons-sur-Saône, qu'il obtient son premier mandat de conseiller municipal, avant de devenir le vice-président de l'agglomération, puis du conseil général de Saône-et-Loire, département où il est né, alors dirigé par Arnaud Montebourg. 

Un pied dans le public, un pied dans le privé

A l'image de plusieurs "DSK boys", Benjamin Griveaux a fait plusieurs allers-retours du public au privé. Dès 2006, il a cofondé une agence de conseil en recrutement de dirigeants, Médiane Conseil, dont il est ensuite devenu membre du conseil d'administration jusqu'en 2013. Il est revenu au public à la faveur de l'élection de François Hollande, en intégrant le cabinet de Marisol Touraine, alors ministre de la Santé, entre 2012 et 2014, sur le thème de l'économie sociale et solidaire.


Le va-et-vient s'est poursuivi en 2014, lorsqu'il a quitté le gouvernement pour rejoindre le géant de l'immobilier Unibail-Rodamco, dont il est devenu le directeur de la communication et des affaires publiques. Une activité lucrative, puisqu'il y percevait des salaires annuels de 116.588 euros en 2015, puis de 174.881 euros net en 2016, selon la déclaration faite en 2017 à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), contre 40.528 à 70.823 euros lorsqu'il était au cabinet de la ministre de la Santé. 

Dans l'ombre d'Emmanuel Macron

En 2015, il se rapproche d'Emmanuel Macron, alors ministre, par l'entremise d'Ismaël Emelien et de ses anciens camarades strauss-kahniens, pour contribuer à la préfiguration du mouvement En Marche, dont il deviendra le premier porte-parole. Une fonction qu'il occupera de façon exclusive jusqu'à l'élection présidentielle. 


Bombardé candidat aux législatives dans la 5e circonscription de Paris sous l'étiquette LaRem, il remporte largement l'élection mais ne siège que quelques jours à l'Assemblée nationale, avant de rejoindre le gouvernement, comme secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, puis fin 2017 comme porte-parole du gouvernement en remplacement de Christophe Castaner. Il officie à ce poste jusqu'en mars 2019 en se donnant pour mission de "porter la parole dans les territoires, et pas seulement à Paris", se donnant un rôle "d'éponge, de capteur" de l'opinion. 

Un franc-tireur parfois perçu comme arrogant

Cette forte visibilité médiatique l'exposera également à la critique, au même titre qu'Emmanuel Macron. A l'instar du chef de l'Etat, Benjamin Griveaux entretient un certain goût pour la formule sujette à polémique. En octobre 2018, il suscite de vives réactions en qualifiant les principaux responsables de l'opposition de "faussaires de la politique", qui "veulent revenir au monde d'avant". Quelques jours plus tard, il fustige les propos de Laurent Wauquiez sur les taxes en l'accusant d'être "le candidat de la France qui fume des clopes et roule au diesel". Des propos jugés "arrogants" et "méprisants" par les intéressés, mais aussi vivement critiqués par le patron du Modem et principal allié de Macron, François Bayrou. 


Engagé dans la campagne des municipales à Paris, Benjamin Griveaux se montre peut-être plus prudent à l'égard de ses adversaires, même s'il a également tenu des propos virulents à l'égard de la maire socialiste. "Le principal défaut d'Anne Hidalgo, c'est sa gestion clanique et très politique de la ville", a-t-il notamment déclaré. "Elle est la maire de la moitié des Parisiens, celle qui a voté pour elle."

Ce qu'il propose pour Paris

S'il attendait l'investiture pour lancer officiellement sa campagne, Benjamin Griveaux a d'ores et déjà avancé quelques ébauches de mesures pour la capitale. 


Il est notamment question de lutter contre la pollution (instauration d'un conseil parisien de défense écologique composé d'habitants tirés au sort, d'examens respiratoires réglementaires pour les écoliers, interdiction des cars diesel, couverture partielle du périphérique), d'alimentation (mettre fin à la différence de niveau entre les cantines scolaires, instaurer la saisonnalité des aliments servis) ou encore de logement (stopper les départs des classes moyennes vers la banlieue). 


Pour le reste, il compte lancer en septembre une plateforme numérique participative ainsi qu'un porte-à-porte afin de recueillir les propositions des Parisiens et les intégrer à son projet, une méthode calquée sur ce qui avait fait le succès d'En Marche lors de l'élection présidentielle. 

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