Exclue de LaREM pour ses propos sur la PMA, la députée Agnès Thill réclame plus de 10.000 euros au groupe parlementaire

Politique

L'HEURE DES COMPTES - Exclue du mouvement puis, jeudi, du groupe LaREM à l'Assemblée en raison de ses propos sur l'ouverture de la PMA à toutes les femmes, Agnès Thill réclame les cotisations qu'elle a versées à son groupe parlementaire, soit 10.800 euros.

"I want my money back." La députée Agnès Thill aurait pu faire siens les propos de Margaret Thatcher après son éviction du groupe LaREM à l'Assemblée nationale, décidée à l'unanimité ce jeudi, un jour après son exclusion du mouvement en raison de ses prises de paroles successives sur la PMA. 

Après avoir réglé ses comptes avec la formation politique présidentielle, "un parti sectaire", "un parti unique", "totalitaire" et se disant "fière d'être libre", la députée lui a... demandé des comptes. Sur Twitter, l'ex-LaREM n'a pas hésité à adresser la note à Gilles Le Gendre, le patron du groupe à l'Assemblée nationale. "Soyons mercantiles : au fait, on doit donner 400 euros par mois au groupe", a-t-elle écrit. "J'avais réglé jusqu'en septembre 2021 inclus donc, cher Gilles Le Gendre, j'attends 10.800 euros de remboursement la semaine prochaine. Merci."

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Alors que les adhérents LaREM ne payent pas de cotisation, les députés sont sollicités financièrement par le groupe parlementaire. Ils payaient jusqu'en juin 400 euros par mois, une somme qui a été ramenée à 350 euros, mais à laquelle ils devront rajouter 150 euros pour le mouvement En Marche. 

Propos "pernicieux"

La commission des conflits d'En Marche a officialisé mercredi l'exclusion d'Agnès Thill, invoquant des "propos polémiques sur les réseaux sociaux et par voie de presse" au sujet de la réforme à venir de la PMA, "préjudiciables à la cohésion du mouvement". "La fréquence et le caractère pernicieux des propos d'Agnès Thill génèrent et nourrissent une agressivité qui porte atteinte à la sérénité du débat" et ces propos "apparaissent comme blessant à l'encontre de certaines catégories de personnes, notamment les familles monoparentales et homoparentales", a argumenté le mouvement fondé par Emmanuel Macron. 

"Si tu diffères de moi frère, loin de me léser tu m'enrichis", a tweeté la députée, citant Saint-Exupéry pour défendre le pluralisme des opinions. Elle ne croyait peut-être pas si bien dire.

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